100 premiers jours
Décisions de méthode, audits, transparence des données, nominations, instructions administratives, préparation des textes et lancement des réorganisations dont le cadre juridique existe déjà.
Positionnement éditorial. Ce dossier n’est ni un programme électoral, ni une consigne de vote, ni un classement de candidats. Il organise les thèmes à documenter avant 2027 et renvoie vers les dossiers techniques correspondants de Delta-Sierra et vers des sources publiques à actualiser au moment de la comparaison.
Une élection confronte des visions politiques qui n’ont pas les mêmes priorités. Une comparaison utile ne cherche donc pas à effacer ces différences. Elle vérifie plutôt que chaque proposition expose clairement le problème qu’elle veut résoudre, l’instrument retenu, les ressources nécessaires et le résultat attendu. Cette méthode permet de discuter d’un choix politique sans confondre préférence, promesse et faisabilité.
La première discipline consiste à séparer trois registres. Un fait doit avoir une période, une unité et une source. Une analyse explique un mécanisme ou interprète une tendance. Une proposition décrit une décision possible et doit préciser ses conditions de mise en œuvre. Lorsqu’une même phrase mélange ces trois niveaux, le lecteur ne sait plus ce qui est constaté, déduit ou souhaité.
| Question | Ce qu’un programme devrait rendre vérifiable |
|---|---|
| Quel problème ? | Une mesure de départ, une période, un périmètre et une source. |
| Quel mécanisme ? | Pourquoi la mesure proposée est censée modifier le résultat. |
| Quel coût ? | Dépense brute, économie, recette, investissement et coût de transition séparés. |
| Quel calendrier ? | Ce qui peut commencer rapidement, ce qui dépend d’une loi et ce qui exige plusieurs années. |
| Qui exécute ? | Administration, opérateur, collectivité ou acteur privé responsable de la mise en œuvre. |
| Comment juger ? | Indicateur, date de revue, seuil d’alerte et possibilité de corriger la mesure. |
La première question n’est pas de savoir quel candidat annonce le plus gros montant d’économies, mais si sa trajectoire est consolidée année par année. Une économie affichée ne finance pas deux fois des dépenses différentes. Une cession d’actif n’est pas une économie récurrente. Une réduction de dépense qui exige une réorganisation produit souvent d’abord un coût de transition. Une prévision sérieuse rend ces catégories visibles.
Trois dossiers permettent de contrôler cette famille de propositions : réduire le déficit, réduire la dette publique et réduire la dépense sans dégrader les services. Ils doivent être lus avec les chiffres officiels les plus récents au moment de la campagne.
Point de départ vérifiable : selon l’INSEE (29 mai 2026), le déficit public 2025 est de 152,5 Md€ (5,1 % du PIB) et la dette publique atteint 115,7 % du PIB. La Direction du Budget distingue en parallèle le seul budget de l’État 2026, dont le solde voté est de −134,627 Md€. Ces deux périmètres ne doivent jamais être confondus.
La réforme institutionnelle est un sujet distinct de la simple baisse de dépense. Il faut savoir quelles missions restent nationales, lesquelles peuvent être déconcentrées ou transférées, quels opérateurs sont nécessaires, quelles procédures peuvent disparaître et comment la qualité du service sera suivie pendant la transition.
La page maîtresse Comment réformer l’État français ? rassemble cette intention institutionnelle. Les dossiers simplification administrative et agences et opérateurs publics détaillent deux branches concrètes. Le critère central reste le même : un niveau de pouvoir doit correspondre à une responsabilité identifiable et à un résultat observable.
Une mesure fiscale ne se résume pas au nom de celui qui paie juridiquement. Selon le marché, une partie du coût ou du gain peut être transmise aux prix, aux salaires, aux marges, à l’investissement ou à l’emploi. Une comparaison de programmes doit donc demander qui supporte réellement la mesure, à quel horizon et avec quelles hypothèses comportementales.
Le dossier fiscalité, incidence et élasticités fournit la grille économique de base. Le dossier travail, salaires et emploi complète l’analyse pour les mesures qui touchent au coût du travail, aux revenus ou aux incitations.
Les retraites et la santé engagent des flux annuels considérables et des équilibres de long terme. Pour les retraites, la comparaison doit expliciter l’âge, la durée, les droits, les transitions entre générations, les recettes affectées et les hypothèses d’emploi. Pour la santé, elle doit distinguer dépenses, organisation des soins, accès territorial, prévention, rémunération des professionnels et capacité hospitalière.
La question utile n’est pas seulement « combien ? », mais « quel mécanisme améliore durablement la situation et comment le verra-t-on ? ». Les cours économie des retraites et économie de la santé donnent les outils pour tester les raisonnements.
Pour la santé, la DREES chiffre la dépense courante de santé au sens international à 333 Md€ en 2024 (+3,6 % sur un an). Un programme doit donc relier la dépense aux résultats d’accès, de délai, de prévention et de qualité plutôt que traiter le montant seul comme un indicateur de performance.
Les programmes parlent souvent du niveau des loyers, des aides ou des normes. Une comparaison complète doit aussi suivre l’offre de logements, le rythme de construction, les sorties du parc locatif, le coût de rénovation, la disponibilité du foncier, la sécurité juridique des bailleurs et des locataires ainsi que les délais de règlement des litiges.
Le dossier augmenter l’offre de logements locatifs permet d’évaluer les propositions qui prétendent remettre des logements sur le marché. L’enjeu est de distinguer les mesures qui déplacent la demande de celles qui augmentent réellement l’offre disponible.
L’énergie conditionne le coût de production, la sécurité d’approvisionnement et une partie de la compétitivité industrielle. Une proposition doit préciser son horizon, ses besoins d’investissement, ses contraintes de réseau et ses hypothèses sur la consommation. Pour l’industrie, les annonces d’implantation doivent être rapprochées de l’énergie, du foncier, des compétences, du financement, des délais administratifs et des chaînes d’approvisionnement.
Le cours énergie : coûts, prix et mix aide à séparer coût de production, prix payé et architecture de marché. Cette distinction évite de traiter comme équivalentes des mesures qui agissent sur des maillons différents.
Le Bilan électrique 2025 de RTE fournit un repère physique : 451 TWh de consommation corrigée et 547,5 TWh de production en France métropolitaine, dont plus de 95 % décarbonée. Les propositions d’électrification doivent donc préciser réseaux, délais de raccordement et capacités industrielles, pas seulement leur enveloppe budgétaire.
L’intelligence artificielle peut être présentée comme un objectif politique, alors qu’elle n’est qu’un outil. La question est de savoir quelle tâche est transformée, quelles données sont nécessaires, quels contrôles demeurent humains, quel gain est mesuré et quel risque est créé. Numériser une mauvaise procédure ne la rend pas bonne ; automatiser une décision sensible sans traçabilité peut déplacer le problème au lieu de le résoudre.
Le dossier IA et productivité des services publics traite cette question sous l’angle de l’État. Pour une vision plus générale du marché du travail, voir IA, productivité et emploi.
Un programme peut être techniquement cohérent mais incapable de franchir les étapes juridiques, administratives ou politiques nécessaires. Chaque réforme majeure devrait donc indiquer son véhicule : règlement, loi, loi organique, budget, négociation, réorganisation interne ou autre procédure. Elle devrait aussi désigner l’autorité responsable de l’exécution et la manière dont une alerte ou un échec grave sera documenté.
Le dossier contrôler les dépenses de l’État en temps réel illustre cette exigence de traçabilité. La réforme institutionnelle n’est crédible que si le pouvoir de décider et l’obligation de rendre compte restent reliés.
Décisions de méthode, audits, transparence des données, nominations, instructions administratives, préparation des textes et lancement des réorganisations dont le cadre juridique existe déjà.
Réformes législatives, systèmes d’information, regroupements de structures, nouveaux indicateurs, modifications fiscales et investissements dont les effets commencent à être mesurables.
Transformations qui exigent plusieurs budgets, des transitions de personnel, des infrastructures, des changements de comportement ou une montée en puissance progressive.
Retraites, dette, démographie, énergie, industrie ou défense peuvent produire des effets au-delà d’un mandat. Un programme crédible distingue le résultat attendu en cinq ans de la trajectoire de long terme.
Le dossier spécialisé Quel programme économique pour redresser la France en 2027 ? approfondit ces critères pour les mesures budgétaires et économiques. La page Présidentielle 2027 : quels défis économiques pour la France ? resserre le champ sur les arbitrages macroéconomiques.
Cette page n’utilise plus de simples liens vers des pages d’accueil institutionnelles. Les références ci-dessous pointent vers les publications qui fixent actuellement le socle chiffré ; elles devront être remplacées lorsqu’un millésime plus récent deviendra disponible.
| Question | Publication directe | Repère actuel |
|---|---|---|
| Déficit et dette 2025 | INSEE, compte des administrations publiques 2025, 29 mai 2026 | 152,5 Md€ de déficit ; 5,1 % du PIB ; dette 115,7 % du PIB. |
| Budget de l’État 2026 | Direction du Budget, chiffres clés LFI 2026 | Recettes nettes 325,382 Md€ ; charges nettes 458,859 Md€ ; solde −134,627 Md€. |
| Financement de l’État | Agence France Trésor, programme 2026 | 310 Md€ d’émissions à moyen et long terme nettes des rachats. |
| Scénario macroéconomique | Banque de France, projections de juin 2026 | Scénario central soumis à incertitude ; croissance ≈0,5 % et IPCH 2,5 % en 2026. |
| Risques budgétaires | Cour des comptes, situation début 2026 | Analyse prospective datée, notamment sur la charge d’intérêts et la trajectoire 2026. |
| Santé | DREES, dépenses de santé en 2024 | DCSi 333 Md€ en 2024, +3,6 %. |
| Électricité | RTE, Bilan électrique 2025 | 451 TWh consommés corrigés ; 547,5 TWh produits ; >95 % décarbonés. |
Règle de lecture : une valeur ne doit jamais être détachée de son unité, de sa période, de son périmètre et de sa date de publication. Une projection est étiquetée comme projection ; une estimation provisoire ne remplace pas un compte définitif ultérieur.