Compétences mobilisées
Cette mission exige de combiner plusieurs cours. Commencez par identifier la nature de chaque grandeur : stock ou flux, niveau ou taux, valeur nominale ou réelle, donnée observée ou hypothèse.
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Évaluer une réforme fiscale en distinguant redevable légal, incidence économique, comportements et distribution des effets.
Cette mission exige de combiner plusieurs cours. Commencez par identifier la nature de chaque grandeur : stock ou flux, niveau ou taux, valeur nominale ou réelle, donnée observée ou hypothèse.
Avant tout calcul, écrivez ce qui pourrait rendre la comparaison invalide : périmètre différent, période différente, causalité incertaine, effet comportemental ou coût déplacé vers un autre acteur.
Une taxe de 4 % vise une assiette initiale de 50 Md€. L’assiette baisse de 8 % après la réforme. Le coût administratif annuel est de 120 M€. 65 % de la charge est estimée transmise aux prix, 25 % absorbée par les marges et 10 % par les salaires ou autres ajustements.
En 2025, les prélèvements obligatoires représentent 43,6 % du PIB, contre 42,7 % en 2024. Les comptes nationaux indiquent que les mesures nouvelles ont accru les prélèvements de 23,0 milliards d’euros en 2025, tandis que les recettes publiques ont progressé de 3,9 % pour un PIB en valeur en hausse de 2,0 %.
La hausse du ratio de prélèvements obligatoires est de 43,6 − 42,7 = 0,9 point de PIB. Mais ce mouvement agrégé ne dit pas qui supporte économiquement la charge : ménages, salariés, propriétaires, consommateurs ou actionnaires peuvent supporter une partie différente de celle du redevable juridique.
Séparez dans la hausse des recettes ce qui relève des mesures nouvelles, de la croissance spontanée des assiettes et d’éventuels effets comportementaux. Proposez trois données supplémentaires nécessaires pour analyser l’incidence réelle d’une réforme fiscale.
Consigne supplémentaire : pour chaque résultat, écrire une phrase précisant l’unité et une phrase indiquant au moins une limite. Aucun résultat sans unité n’est accepté.
Après les calculs, rédigez un verdict en quatre lignes : constat, mécanisme, incertitude, décision. Si une donnée manque, indiquez laquelle plutôt que de la remplacer par une intuition.
L’assiette devient 46 Md€. La recette brute vaut 1,84 Md€ ; après 120 M€ de collecte, 1,72 Md€ restent avant autres effets. La ventilation 65/25/10 décrit une hypothèse d’incidence, pas un fait automatique : elle doit être confrontée aux élasticités, à la concurrence, aux délais d’ajustement et aux données observées.
Ce que le corrigé ne prouve pas : le résultat dépend des données et hypothèses de l’exercice. Dans un cas réel, il faut remplacer chaque valeur par une source primaire datée et tester des scénarios alternatifs.
Refaites ensuite l’exercice avec une hypothèse volontairement défavorable à votre première conclusion. Si la recommandation change, identifiez le seuil qui provoque ce changement. Cette analyse de sensibilité est plus utile qu’un chiffre unique présenté avec une fausse précision.
Pour transposer l’exercice à un autre pays, ne copiez jamais directement le résultat français ou le paramètre de l’énoncé. Reconstituez les institutions, les règles fiscales ou sociales, la structure du marché, les comportements et les sources statistiques locales. La méthode est transférable ; le chiffre ne l’est pas automatiquement. C’est précisément ce qui permet d’utiliser l’expérience française comme cas d’école sans prétendre qu’elle décrit mécaniquement toutes les autres économies.