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Bible Mars — Organisations

Les Émirats arabes unis et Mars

Pour leur première mission interplanétaire, les Émirats placent en 2021 la sonde Hope autour de Mars, construite avec l’université du Colorado. Elle dresse une carte de la météo martienne et découvre des aurores inattendues.

sonde Hope en orbite depuis le 9 février 2021

Illustration consacrée au programme spatial émirien
Illustration ; provenance exacte non vérifiée.
Organismes
Agence spatiale des Émirats, Centre spatial Mohammed bin Rashid
Mission martienne
Emirates Mars Mission, sonde Hope
Lancement
19 juillet 2020, depuis Tanegashima (Japon)
Arrivée
9 février 2021
Partenaires
LASP (université du Colorado), université d’État de l’Arizona, université de Californie à Berkeley

3 chapitres et 3 annexes : environ 1 200 mots, soit 5 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.

Première partie

Hope

2020 – 2024

Chapitre 1 · 2020 – 2024 La sonde Hope

Pour leur première mission interplanétaire, les Émirats arabes unis envoient vers Mars un orbiteur de la taille d’une petite voiture, construit en partenariat avec des universités américaines. Il réussit son arrivée et dresse un portrait de l’atmosphère martienne à l’échelle de la planète.

Une sonde construite à deux

La mission martienne des Émirats, dite Emirates Mars Mission, est conduite par le Centre spatial Mohammed bin Rashid. Ses partenaires sont le Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado à Boulder, le LASP, l’université d’État de l’Arizona et le Laboratoire des sciences spatiales de l’université de Californie à Berkeley. La sonde, Hope, de la taille d’une petite voiture, est construite au LASP par une équipe commune. Elle emporte trois instruments : une caméra multibande, EXI, et un spectromètre ultraviolet, EMUS, construits au LASP, et un spectromètre infrarouge thermique, EMIRS, construit par l’université d’État de l’Arizona. Plus de 150 ingénieurs et scientifiques ont travaillé à sa conception et à ses découvertes.

Le voyage

Hope décolle le 19 juillet 2020 depuis le centre spatial japonais de Tanegashima. Elle fait partie d’une flotte de sondes de plusieurs pays parties vers Mars en juillet 2020, avec le chinois Tianwen-1 et l’américain Perseverance. Le 9 février 2021, elle se place en orbite autour de Mars. Le lendemain, la caméra EXI prend sa première image scientifique.

Une météo planétaire

Depuis une orbite haute, Hope doit offrir une vue globale sans précédent de l’atmosphère martienne : caractériser la basse atmosphère pour comprendre le climat et dresser une carte mondiale de la météo, relier les conditions des couches basses et hautes pour expliquer comment la météo influe sur la fuite de l’hydrogène et de l’oxygène, et étudier ces deux éléments dans la haute atmosphère. Sa mission principale est prévue pour deux ans.

En avril 2022, la NASA et les Émirats s’accordent pour partager les données de Hope et de l’orbiteur américain MAVEN. En août 2022, les deux équipes publient les premières observations d’aurores à protons « en taches » : Hope voit des aurores très changeantes sur toute la face éclairée de la planète, signe que le vent solaire frappe alors directement la haute atmosphère. En avril 2023, Hope présente ses observations de Deimos, la petite lune de Mars, frôlée à une centaine de kilomètres, le passage le plus proche depuis la sonde américaine Viking 2. Elles suggèrent que Deimos n’est peut-être pas un astéroïde capturé, mais un morceau de roche issu d’un impact sur Mars. La même année, la mission est prolongée jusqu’en 2024.

Sources : LASP, page « EMM » (lancement du 19 juillet 2020, arrivée du 9 février 2021, première mission interplanétaire des Émirats, objectifs, instruments et constructeurs, partenaires, sonde de la taille d’une petite voiture construite au LASP, mission principale de deux ans) ; LASP, communiqué d’avril 2023 (Deimos à environ 100 km, le passage le plus proche depuis Viking 2, résultats d’EMUS, EMIRS et EXI, prolongation jusqu’en 2024, plus de 150 ingénieurs et scientifiques) ; NASA, « NASA, UAE Mars Missions Agree to Share Science Data », 12 avril 2022 ; NASA, « MAVEN and EMM Make First Observations of Patchy Proton Aurora at Mars », 31 août 2022 ; NASA History, « 25 Years of Continuous Robotic Mars Exploration » (la flotte de juillet 2020, arrivée du 9 février 2021) ; LASP, articles de février 2021 et Arizona State University, juillet 2020, d’après une recherche (Tanegashima, première image le lendemain de l’arrivée).

Deuxième partie

Au-delà de Mars

2019 – 2026

Chapitre 2 · 2019 – 2026 Des astronautes et la Lune

Les Émirats ne se contentent pas de sondes. En quelques années, ils envoient deux astronautes dans l’espace et s’engagent dans le programme lunaire américain.

Deux astronautes

En 2019, Hazzaa Almansoori devient le premier Émirien à voler dans l’espace, lors d’une courte mission à la Station spatiale internationale. En 2023, un deuxième astronaute, Sultan Al Neyadi, rejoint la Station avec la mission Crew-6 de la NASA et de SpaceX. Deux autres candidats astronautes s’entraînent ensuite au centre spatial Johnson de la NASA, à Houston.

Le sas de Gateway

En 2020, les Émirats sont parmi les premiers signataires des accords Artemis, un ensemble de principes pour l’exploration pacifique de l’espace. Le Centre spatial Mohammed bin Rashid annonce ensuite avec la NASA qu’il fournira le module de sas pour l’équipage et la science de Gateway, la future station spatiale en orbite autour de la Lune, ainsi qu’un astronaute émirien qui volera vers cette station lors d’une mission Artemis. L’administrateur de la NASA, Bill Nelson, voit dans ce sas un moyen de préparer l’envoi de l’humanité vers Mars.

Sources : NASA, « NASA, United Arab Emirates Announce Artemis Lunar Gateway Airlock » (Hazzaa Almansoori en 2019, Sultan Al Neyadi en 2023 sur Crew-6, deux candidats à Houston, accords Artemis en 2020, le sas de Gateway, l’astronaute émirien, la déclaration de Bill Nelson). La date exacte de l’annonce du sas n’apparaît pas dans le texte consulté.

Épilogue

Les Émirats et Mars

Chapitre 3 · La leçon Ce que les Émirats apportent à Mars

Dès sa première mission interplanétaire, un petit pays a placé une sonde autour de Mars. Son parcours porte trois leçons.

Apprendre en construisant avec d’autres

Hope a été construite par une équipe commune émirienne et américaine. Pour un nouveau venu, s’associer à ceux qui savent déjà faire est le chemin le plus court vers Mars.

Choisir une question précise

Plutôt que de tout faire, Hope s’est concentrée sur la météo globale de Mars et la fuite de son atmosphère. Une question bien choisie suffit à apporter une contribution reconnue.

Partager pour en savoir plus

En croisant ses observations avec celles de MAVEN, Hope a découvert des aurores que ni l’une ni l’autre sonde n’aurait expliquées seule. Mars se comprendra à plusieurs regards.

Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.

Annexes

Pour aller plus loin

Annexe Comprendre la mission Hope

Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.

La basse et la haute atmosphère

La basse atmosphère est celle où se forment les nuages, les tempêtes de poussière et la météo. La haute atmosphère, très ténue, est celle d’où des atomes s’échappent vers l’espace.

La fuite atmosphérique

La perte lente, vers l’espace, des gaz d’une atmosphère, notamment l’hydrogène et l’oxygène venus de l’eau. Elle explique en partie pourquoi Mars est devenue sèche.

Une aurore

Une lueur produite quand des particules venues du Soleil frappent la haute atmosphère. Sur Mars, les aurores à protons naissent du vent solaire.

Le vent solaire

Le flux continu de particules chargées émis par le Soleil. Mars n’ayant plus de champ magnétique global, il atteint plus facilement son atmosphère.

Le spectromètre

Un instrument qui décompose la lumière en ses différentes couleurs, visibles ou invisibles, pour savoir de quoi est fait ce qu’on observe.

Ces explications sont des notions générales. Les aurores à protons suivent le communiqué de la NASA du 31 août 2022.

Annexe Chronologie

Les Émirats arabes unis et l’espace lointain.

2019. Hazzaa Almansoori, premier Émirien dans l’espace.

19 juillet 2020. Lancement de Hope depuis Tanegashima.

2020. Signature des accords Artemis.

9 février 2021. Hope en orbite autour de Mars.

Avril 2022. Accord de partage des données avec MAVEN.

Août 2022. Les aurores à protons « en taches ».

2023. Sultan Al Neyadi sur la Station spatiale ; observations de Deimos ; prolongation de la mission jusqu’en 2024.

Sources : celles des chapitres.

Annexe Sources et méthode

Ce livre raconte la mission martienne des Émirats arabes unis à partir des pages de leurs partenaires américains et de la NASA. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce que les sources ne permettent pas d’établir.

Les sources principales

Ce livre remplace une ancienne page d’environ 18 000 mots. Le site de l’agence spatiale des Émirats impose une vérification contre les robots que nous n’avons pas contournée ; nous nous sommes donc appuyés sur les pages du LASP de l’université du Colorado, sur des pages de l’université d’État de l’Arizona et sur les communiqués de la NASA de 2022 et l’article historique de la NASA.

Ce qui reste incertain

Les dates de création de l’agence spatiale des Émirats et du Centre spatial Mohammed bin Rashid, l’annonce du projet en 2014, l’état de la mission après 2024 et la date exacte de l’annonce du sas de Gateway n’ont pas pu être vérifiées sur des sources primaires accessibles ; nous ne les donnons pas. L’ancienne page mentionnait aussi le projet « Mars 2117 » et une mission vers la ceinture d’astéroïdes ; nous n’avons pas pu les vérifier.

La longueur

Ce livre compte environ mille deux cents mots. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. Ce livre pourra être complété quand le site officiel émirien sera consultable.

L’illustration

L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.

Sources en ligne

Faits vérifiés auprès de ces sources le 11 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Bibliothèque Mars

Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.

Arcadia — Manuel de la première cité martienneArcadia — Manuel de la première cité martienne

Dossier approfondi : capacités, méthodes et héritage pour Mars

Hope comme mission scientifique ciblée

Hope a été conçue autour d’un objectif scientifique clairement délimité : observer l’atmosphère martienne à l’échelle globale et sur des cycles temporels différents de ceux d’autres orbiteurs. Pour une jeune organisation spatiale, cette spécialisation oblige à faire coïncider orbite, instruments, opérations et traitement des données avec une question précise, sans disperser les ressources.

MBRSC comme noyau institutionnel

Le Mohammed Bin Rashid Space Centre est surtout un lieu où s’accumulent méthodes, équipes et responsabilités. Une capacité durable dépend de cette mémoire institutionnelle : laboratoires, procédures d’essai, gestion de configuration, retour d’expérience et personnels capables de reprendre un problème d’un programme au suivant.

Coopération internationale et transfert de compétence

La coopération augmente réellement la capacité nationale lorsque le savoir circule avec la prestation. Les équipes locales doivent participer aux choix, aux essais, aux revues et à la résolution des anomalies ; l’achat d’un sous-système extérieur, à lui seul, ne crée pas cette compétence.

Navigation et opérations lointaines

Une mission vers Mars impose une préparation très différente de celle d’un satellite proche de la Terre. Les commandes doivent être validées à l’avance, les fenêtres de communication sont contraintes et une anomalie ne reçoit pas toujours une réponse immédiate. L’exploitation de Hope a donc créé une expérience de planification et d’autonomie des séquences utile à des missions plus ambitieuses.

Données ouvertes et valeur scientifique

La valeur scientifique d’une mission continue après l’acquisition si les données restent documentées, accessibles et comparables. Archives, métadonnées, calibration et versionnement permettent à d’autres équipes de réutiliser les observations et de transmettre aux missions suivantes une référence plus solide sur l’environnement martien.

Formation d’une génération d’ingénieurs

Former des ingénieurs spatiaux suppose de leur faire traverser un cycle de mission complet, des exigences aux opérations. Les compromis, les revues et les anomalies transforment une connaissance scolaire en expérience ; la continuité des programmes permet ensuite à une génération d’encadrer la suivante.

De Mars à la Lune : élargir sans disperser

Les missions lunaires ajoutent des compétences en navigation terminale, contact avec le sol, communications et opérations de surface. Cette diversification n’est utile que si les briques communes sont réemployées et si les nouvelles exigences enrichissent les équipes au lieu de fragmenter une organisation encore relativement compacte.

Vision à très long terme et jalons vérifiables

Une ambition comme Mars 2117 n’a de valeur technique que si elle influence des décisions observables bien avant son horizon symbolique. Compétences formées, laboratoires, missions successives, technologies démontrées, partenariats stabilisés et données produites constituent des jalons beaucoup plus utiles qu’une simple date lointaine.

Rôle possible dans une architecture internationale

Un partenaire n’a pas besoin de fournir l’ensemble d’une expédition pour être indispensable. Science atmosphérique, données, opérations, charge utile ou service spécialisé peuvent devenir des contributions crédibles si leur interface, leur niveau de maturité et leur responsabilité sont clairement définis.

Ce que Hope prouve réellement

Hope montre qu’une organisation émiratie peut conduire, avec des partenaires, une mission interplanétaire en orbite martienne et produire un programme scientifique exploitable. Elle ne démontre ni l’atterrissage sur Mars, ni la survie de systèmes au sol, ni le support d’un équipage ; ces capacités exigeraient d’autres démonstrations.