Bible Mars — Organisations
Les Émirats arabes unis et Mars
Pour leur première mission interplanétaire, les Émirats placent en 2021 la sonde Hope autour de Mars, construite avec l’université du Colorado. Elle dresse une carte de la météo martienne et découvre des aurores inattendues.
sonde Hope en orbite depuis le 9 février 2021
- Organismes
- Agence spatiale des Émirats, Centre spatial Mohammed bin Rashid
- Mission martienne
- Emirates Mars Mission, sonde Hope
- Lancement
- 19 juillet 2020, depuis Tanegashima (Japon)
- Arrivée
- 9 février 2021
- Partenaires
- LASP (université du Colorado), université d’État de l’Arizona, université de Californie à Berkeley
5 chapitres et 3 annexes : environ 3 300 mots, soit 15 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.
Première partie
Apprendre l’espace
2006 – 2025
Chapitre 1 · 2006 – 2025 Cinq ingénieurs et des satellites
Avant d’atteindre Mars, les Émirats ont appris à construire des satellites. Leur centre spatial a commencé avec cinq ingénieurs ; il est devenu, en moins de vingt ans, l’incubateur de tout le programme spatial national.
Le Centre spatial Mohammed bin Rashid
Le Centre spatial Mohammed bin Rashid, le MBRSC, est fondé en 2006. Il commence avec cinq ingénieurs. Il se présente aujourd’hui comme l’incubateur du programme spatial national des Émirats : recherche scientifique, innovation, et construction d’un secteur spatial durable. En 2014 est créée l’Agence spatiale des Émirats arabes unis, qui pilote notamment la mission émirienne vers la ceinture d’astéroïdes.
Apprendre en Corée du Sud
En 2009, les Émirats lancent DubaiSat-1, leur premier satellite d’observation de la Terre. Sa construction joue un rôle essentiel dans la formation des premiers ingénieurs émiriens spécialisés dans l’espace, qui acquièrent leur savoir-faire en Corée du Sud. En 2013, DubaiSat-2 fournit des images de haute qualité à des clients publics et privés, émiriens et étrangers, pour étudier l’environnement, l’urbanisme et les infrastructures. En 2017, le centre lance Nayif-1, le premier nanosatellite émirien, avec des établissements d’enseignement, au premier rang desquels l’Université américaine de Charjah.
Construire seuls
En 2018, KhalifaSat est le premier satellite entièrement conçu et fabriqué aux Émirats ; le centre le présente comme l’un des satellites d’observation de la Terre les plus avancés au monde. Suivent, en 2021, DMSat-1, un nanosatellite environnemental construit pour la municipalité de Dubaï afin de cartographier la qualité de l’air et de suivre le changement climatique ; en 2023, PHI-Demo, premier satellite d’une initiative d’hébergement de charges utiles menée avec le Bureau des affaires spatiales des Nations unies, dont toutes les pièces mécaniques ont été fabriquées aux Émirats avec des entreprises privées ; en janvier 2025, MBZ-SAT, que le centre présente comme le satellite le plus avancé de la région ; et en mars 2025, Etihad-SAT, son premier satellite radar.
Sources : MBRSC, page « About » et chronologie (fondation en 2006, cinq ingénieurs, incubateur du programme national ; DubaiSat-1 en 2009 et la formation en Corée du Sud ; DubaiSat-2 en 2013 ; Nayif-1 en 2017 et l’AUS ; KhalifaSat en 2018 ; DMSat-1 en 2021 ; PHI-Demo en 2023 avec l’UNOOSA ; MBZ-SAT prévu en janvier 2025) ; MBRSC, flux d’actualités (« MBRSC announces the successful launch of MBZ-SAT », 14 janvier 2025 ; « MBRSC announces successful launch of Etihad-SAT », 15 mars 2025 ; « … Etihad-SAT, its first SAR satellite », 27 février 2025) ; Khaleej Times, « UAE asteroid mission probe achieves flight readiness in less than 2 years », 4 octobre 2026 (création de l’Agence spatiale des Émirats en 2014, citée par le prince héritier de Dubaï). Les mots « satellite radar » traduisent « SAR satellite ».
Deuxième partie
Hope
2020 – 2028
Chapitre 2 · 2020 – 2028 La sonde Hope
Pour leur première mission interplanétaire, les Émirats arabes unis envoient vers Mars un orbiteur de la taille d’une petite voiture, construit en partenariat avec des universités américaines. Il réussit son arrivée et dresse un portrait de l’atmosphère martienne à l’échelle de la planète.
Une sonde construite à deux
La mission martienne des Émirats, dite Emirates Mars Mission, est conduite par le Centre spatial Mohammed bin Rashid. Ses partenaires sont le Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado à Boulder, le LASP, l’université d’État de l’Arizona et le Laboratoire des sciences spatiales de l’université de Californie à Berkeley. La sonde, Hope, de la taille d’une petite voiture, est construite au LASP par une équipe commune. Elle emporte trois instruments : une caméra multibande, EXI, et un spectromètre ultraviolet, EMUS, construits au LASP, et un spectromètre infrarouge thermique, EMIRS, construit par l’université d’État de l’Arizona. Plus de 150 ingénieurs et scientifiques ont travaillé à sa conception et à ses découvertes.
Le voyage
Hope décolle le 19 juillet 2020 depuis le centre spatial japonais de Tanegashima. Elle fait partie d’une flotte de sondes de plusieurs pays parties vers Mars en juillet 2020, avec le chinois Tianwen-1 et l’américain Perseverance. Le 9 février 2021, elle se place en orbite autour de Mars. Le lendemain, la caméra EXI prend sa première image scientifique.
Une météo planétaire
Depuis une orbite haute, Hope doit offrir une vue globale sans précédent de l’atmosphère martienne : caractériser la basse atmosphère pour comprendre le climat et dresser une carte mondiale de la météo, relier les conditions des couches basses et hautes pour expliquer comment la météo influe sur la fuite de l’hydrogène et de l’oxygène, et étudier ces deux éléments dans la haute atmosphère. Sa mission principale est prévue pour deux ans.
En avril 2022, la NASA et les Émirats s’accordent pour partager les données de Hope et de l’orbiteur américain MAVEN. En août 2022, les deux équipes publient les premières observations d’aurores à protons « en taches » : Hope voit des aurores très changeantes sur toute la face éclairée de la planète, signe que le vent solaire frappe alors directement la haute atmosphère. En avril 2023, Hope présente ses observations de Deimos, la petite lune de Mars, frôlée à une centaine de kilomètres, le passage le plus proche depuis la sonde américaine Viking 2. Elles suggèrent que Deimos n’est peut-être pas un astéroïde capturé, mais un morceau de roche issu d’un impact sur Mars. La même année, la mission est prolongée jusqu’en 2024.
Jusqu’en 2028
Selon le Centre spatial Mohammed bin Rashid, en atteignant Mars le 9 février 2021, les Émirats sont devenus le premier pays arabe et le cinquième pays à y parvenir ; la mission précise qu’ils sont aussi le deuxième à réussir dès leur première tentative, en pleine pandémie de Covid-19.
Le mardi 17 février 2026, le président de l’Agence spatiale des Émirats, Ahmad Belhoul Al Falasi, annonce que la mission est prolongée de trois ans, jusqu’en 2028. Conçue pour une année martienne, soit deux années terrestres, la sonde fonctionne alors depuis cinq ans, et une évaluation technique a confirmé son excellent état. Sa responsable scientifique, Noora Al Saeed, dresse le bilan : Hope a suivi les tempêtes de poussière martiennes pendant une année martienne entière, découvert des structures complexes et inattendues dans la haute atmosphère, et pris les images les plus détaillées jamais obtenues de Deimos. Elle a aussi observé une comète venue d’un autre système stellaire, la troisième connue, et photographié les gaz qui s’en échappaient à l’approche du Soleil.
La mission a recueilli plus de dix téraoctets de données, dix fois l’objectif initial d’un téraoctet, toutes partagées librement avec la communauté scientifique internationale en seize publications successives. Elle a donné lieu à plus de trente-cinq articles scientifiques et formé cinquante-huit étudiants émiriens. La prolongation doit se concentrer sur les liens entre la basse et la haute atmosphère de Mars. « Chaque année martienne supplémentaire de données ouvre des centaines d’années de recherche », résume Noora Al Saeed.
Sources : LASP, page « EMM » (lancement du 19 juillet 2020, arrivée du 9 février 2021, première mission interplanétaire des Émirats, objectifs, instruments et constructeurs, partenaires, sonde de la taille d’une petite voiture construite au LASP, mission principale de deux ans) ; LASP, communiqué d’avril 2023 (Deimos à environ 100 km, le passage le plus proche depuis Viking 2, résultats d’EMUS, EMIRS et EXI, prolongation jusqu’en 2024, plus de 150 ingénieurs et scientifiques) ; NASA, « NASA, UAE Mars Missions Agree to Share Science Data », 12 avril 2022 ; NASA, « MAVEN and EMM Make First Observations of Patchy Proton Aurora at Mars », 31 août 2022 ; NASA History, « 25 Years of Continuous Robotic Mars Exploration » (la flotte de juillet 2020, arrivée du 9 février 2021) ; LASP, articles de février 2021 et Arizona State University, juillet 2020, d’après une recherche (Tanegashima, première image le lendemain de l’arrivée). MBRSC, page « About » (premier pays arabe et cinquième pays à atteindre Mars) ; Khaleej Times, « UAE extends Emirates Mars Mission until 2028 », 17 février 2026 (annonce, trois ans, cinq ans de fonctionnement, bilan, comète interstellaire, plus de 10 To, seize publications, plus de 35 articles, 58 étudiants, deuxième pays à réussir du premier coup, objectifs de la prolongation, citation de N. Al Saeed). La citation est traduite de l’anglais.
Troisième partie
Au-delà de Mars
2017 – 2035
Chapitre 3 · 2017 – 2026 Des astronautes et la Lune
Les Émirats ne se contentent pas de sondes. En quelques années, ils envoient deux astronautes dans l’espace et s’engagent dans le programme lunaire américain.
Un programme d’astronautes
Le programme émirien d’astronautes est lancé en avril 2017, sur instruction du président des Émirats et du vice-président, émir de Dubaï : il doit former quatre astronautes émiriens. En 2018, Hazzaa AlMansoori et Sultan AlNeyadi sont choisis parmi 4 000 candidats. Le 25 septembre 2019, Hazzaa AlMansoori devient le premier Émirien à voler dans l’espace, lors d’une courte mission à la Station spatiale internationale, Zayed Ambition 1 : les Émirats deviennent le premier pays de la région arabe à rejoindre la Station spatiale internationale. Il y mène 31 expériences, dont 16 avec les agences spatiales russe, américaine, européenne et japonaise, et 15 avec des écoles émiriennes. Sultan AlNeyadi est son remplaçant.
En 2023, Sultan AlNeyadi rejoint la Station avec la mission Crew-6 de la NASA et de SpaceX, et y passe six mois, pendant l’expédition 69 : c’est la plus longue mission spatiale arabe, et les Émirats deviennent le onzième pays à envoyer un astronaute en mission de longue durée sur la Station. Pendant plus de 4 000 heures, il conduit plus de deux cents expériences et études, et réalise une sortie dans l’espace de 7 heures et 1 minute. En 2021, une deuxième promotion est choisie parmi 4 305 candidats : Mohammad AlMulla et Nora AlMatrooshi, première femme astronaute arabe. Tous deux sont diplômés de la promotion d’astronautes de la NASA, au centre Johnson.
Simuler l’isolement
Les Émirats participent aussi aux simulations au sol. En 2022, Saleh AlAmeri mène la première étude analogue du programme émirien, dans le cadre du programme international SIRIUS-21 : il conduit soixante-dix expériences, dont cinq de quatre universités émiriennes. En 2024, Shareef AlRomaithi et Obaid AlSuwaidi passent quarante-cinq jours dans l’habitat HERA de la NASA, au centre Johnson, et y mènent dix-huit expériences, dont six conduites par le MBRSC avec des universités émiriennes.
Rashid, un rover pour la Lune
En 2023, le MBRSC lance Rashid, le rover de la mission lunaire émirienne, du nom du cheikh Rashid bin Saeed Al Maktoum, bâtisseur de Dubaï moderne. Selon le centre, c’est le rover le plus compact au monde, et les Émirats deviennent le premier pays de la région à envoyer un rover jusqu’en orbite lunaire ; les pages consultées du centre ne racontent pas la suite de la mission. Un second rover, Rashid 2, doit étudier les propriétés géologiques et thermiques du sol lunaire et de sa poussière, la façon dont la surface se charge électriquement au fil du jour lunaire, et le comportement de différents matériaux au contact du sol.
Le sas de Gateway
En 2020, les Émirats sont parmi les premiers signataires des accords Artemis, un ensemble de principes pour l’exploration pacifique de l’espace. Le Centre spatial Mohammed bin Rashid annonce ensuite avec la NASA qu’il fournira le module de sas pour l’équipage et la science de Gateway, la future station spatiale en orbite autour de la Lune, ainsi qu’un astronaute émirien qui volera vers cette station lors d’une mission Artemis. L’administrateur de la NASA, Bill Nelson, voit dans ce sas un moyen de préparer l’envoi de l’humanité vers Mars.
Ce sas, l’Emirates Airlock, doit permettre les sorties dans l’espace, le transfert d’expériences et d’équipages, et servir de port d’amarrage supplémentaire. Le MBRSC doit le concevoir, le qualifier, le préparer au lancement puis l’exploiter ; en échange, les Émirats auront un accès prioritaire aux données de la station et seront, selon le centre, parmi les premiers pays à envoyer un astronaute vers la Lune. Gateway doit accueillir des équipages jusqu’à quatre-vingt-dix jours, pour une durée d’exploitation initiale de quinze ans.
Ce programme a toutefois changé. En mars 2026, la NASA annonce son intention de mettre Gateway en pause « dans sa forme actuelle » et de concentrer ses efforts sur une base au pôle Sud de la Lune, en réutilisant les équipements qui peuvent l’être et en s’appuyant sur les engagements de ses partenaires internationaux. Les pages consultées du centre émirien ne disent pas ce que devient le sas.
Sources : MBRSC, page « Missions and projects » (programme lancé en avril 2017, quatre astronautes, sélection de 2018 parmi 4 000 candidats, Zayed Ambition 1 le 25 septembre 2019, 31 expériences, deuxième promotion de 2021 parmi 4 305 candidats, N. AlMatrooshi et M. AlMulla, NASA ; mission de six mois, plus de 4 000 heures, plus de 200 expériences, sortie de 7 h 01) ; MBRSC, page « About » (AlNeyadi remplaçant en 2019 ; expédition 69 en 2023, plus longue mission arabe, onzième pays ; SIRIUS-21 en 2022 avec S. AlAmeri et 70 expériences ; HERA en 2024, 45 jours, 18 expériences ; Rashid en 2023, rover le plus compact, orbite lunaire) ; MBRSC, page « Rashid Rover » (nom, Rashid 2 et ses objectifs) ; MBRSC, page « Lunar Gateway » (rôles du sas, étapes, accès aux données, astronaute vers la Lune, 90 jours, 15 ans) ; NASA, « NASA Unveils Initiatives to Achieve America’s National Space Policy », 24 mars 2026 (pause de Gateway, réutilisation, partenaires) ; NASA, « NASA, United Arab Emirates Announce Artemis Lunar Gateway Airlock » (Hazzaa Almansoori en 2019, Sultan Al Neyadi en 2023 sur Crew-6, deux candidats à Houston, accords Artemis en 2020, le sas de Gateway, l’astronaute émirien, la déclaration de Bill Nelson). La date exacte de l’annonce du sas n’apparaît pas dans le texte consulté.
Chapitre 4 · 2023 – 2035 Après Mars, la ceinture d’astéroïdes
Pour succéder à Hope, les Émirats préparent une mission encore plus longue : une sonde qui frôlera six astéroïdes au-delà de Mars, puis déposera un atterrisseur sur un septième, en 2035.
Sept astéroïdes
Le 29 mai 2023, l’Agence spatiale des Émirats présente sa mission vers la ceinture principale d’astéroïdes, l’Emirates Mission to the Asteroid Belt, ou EMA. La sonde s’appelle MBR Explorer, en l’honneur de l’émir de Dubaï, Mohammed bin Rashid Al Maktoum. Elle doit peser près de 2 300 kilogrammes au lancement et mesurer seize mètres une fois ses panneaux solaires déployés. La présidente de l’agence, Sarah Al Amiri, résume son but premier : créer des emplois qualifiés et durables pour les jeunes Émiriens.
Le calendrier est serré. La fenêtre de lancement, en mars 2028, ne dure que trois semaines. La sonde doit frôler Vénus en juillet 2028, puis la Terre en mai 2029, pour gagner de la vitesse. Entre février 2030 et janvier 2031, elle survole trois astéroïdes de la ceinture principale : Westerwald, Chimaera et Rockox. En septembre 2031, un passage près de Mars la relance vers trois autres, survolés entre juillet 2032 et août 2033. En octobre 2034, elle doit rejoindre le septième, Justitia, et y rester au moins jusqu’en mai 2035, avant de larguer un atterrisseur qui se posera de façon autonome à sa surface.
Justitia, l’astéroïde rouge
Le but scientifique principal est d’étudier l’origine et l’évolution des astéroïdes riches en eau. Cinq des sept cibles sont des astéroïdes carbonés. Justitia, inhabituellement rouge, intéresse particulièrement les chercheurs : il s’est peut-être formé dans les régions extérieures du système solaire, là où naissaient les planètes géantes, avant de migrer dans la ceinture principale. L’étudier pourrait éclairer la façon dont l’eau et les matières organiques se sont réparties lors de la formation des planètes.
La sonde emporte quatre instruments : une caméra à petit champ en lumière visible, un spectromètre infrarouge, un spectromètre infrarouge thermique et une caméra infrarouge thermique. Elle doit déterminer l’histoire géologique et la teneur en éléments volatils de plusieurs astéroïdes, sonder la structure interne de Justitia, mesurer leurs températures, et évaluer leur potentiel comme ressources pour l’exploration future. Comme pour Hope, ses données doivent être partagées avec la communauté scientifique mondiale sans délai d’exclusivité, souligne la responsable de l’équipe scientifique, Hoor Al Mazmi.
Une sonde construite aux Émirats
Comme pour Hope, le laboratoire LASP de l’université du Colorado à Boulder est le principal partenaire de transfert de connaissances : conception de la mission, développement de la sonde, essais, formation des équipes. D’autres partenaires y participent, dont l’Agence spatiale italienne, l’Institut national italien d’astrophysique, l’entreprise Leonardo, l’université d’État de l’Arizona, l’université du Nord de l’Arizona et la société Malin Space Science Systems. Plus de la moitié des travaux sont confiés à des entreprises émiriennes. En 2024, l’atterrisseur est annoncé comme développé par deux jeunes entreprises émiriennes, 971 et Sadeem.
Le 4 octobre 2026, le prince héritier de Dubaï, le cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, dévoile la sonde et annonce qu’elle a atteint en moins de deux ans le niveau de préparation au vol. Plus de cent cinquante ingénieurs et scientifiques y travaillent ; elle doit parcourir environ cinq milliards de kilomètres. Elle est développée par l’Agence spatiale avec l’Institut d’innovation technologique, l’entreprise HEX20, l’université Khalifa et le centre national des sciences et technologies spatiales de l’université des Émirats. Elle doit être lancée depuis le Japon au premier trimestre 2028, après son intégration au LASP.
Sources : J. Foust, « UAE outlines plans for asteroid mission », SpaceNews, 3 juin 2023 (annonce du 29 mai, nom, 2 300 kg, 16 m, propos de S. Al Amiri, fenêtre de trois semaines en mars 2028, Vénus en juillet 2028, Terre en mai 2029, Westerwald, Chimaera et Rockox de février 2030 à janvier 2031, Mars en septembre 2031, trois survols de juillet 2032 à août 2033, Justitia en octobre 2034 jusqu’en mai 2035, atterrisseur, eau, Justitia rouge et peut-être venu de l’extérieur, partage sans embargo et propos de H. Al Mazmi, LASP partenaire de transfert, plus de 50 % confié à des entreprises émiriennes) ; L. David, « UAE on track to launch bold 7-asteroid mission in 2028 », Space.com, 4 septembre 2024 (cinq cibles carbonées sur sept, partenaires, rôle du LASP selon P. Withnell, quatre instruments, objectifs, atterrisseur de 971 et Sadeem) ; Khaleej Times, « UAE asteroid mission probe achieves flight readiness in less than 2 years », 4 octobre 2026 (dévoilement, moins de deux ans, plus de 150 ingénieurs et scientifiques, 5 milliards de km, partenaires de 2026, lancement depuis le Japon au premier trimestre 2028, intégration au LASP, eau et matières organiques). Les propos sont traduits de l’anglais.
Épilogue
Les Émirats et Mars
Chapitre 5 · La leçon Ce que les Émirats apportent à Mars
Dès sa première mission interplanétaire, un petit pays a placé une sonde autour de Mars. Son parcours porte cinq leçons.
Apprendre en construisant avec d’autres
Hope a été construite par une équipe commune émirienne et américaine. Pour un nouveau venu, s’associer à ceux qui savent déjà faire est le chemin le plus court vers Mars.
Choisir une question précise
Plutôt que de tout faire, Hope s’est concentrée sur la météo globale de Mars et la fuite de son atmosphère. Une question bien choisie suffit à apporter une contribution reconnue.
Partager pour en savoir plus
En croisant ses observations avec celles de MAVEN, Hope a découvert des aurores que ni l’une ni l’autre sonde n’aurait expliquées seule. Mars se comprendra à plusieurs regards.
Durer au-delà du prévu
Prévue pour deux ans, Hope est prolongée jusqu’en 2028 et a recueilli dix fois plus de données que visé. Une sonde, un habitat ou un véhicule martien bien conçus doivent pouvoir servir bien au-delà de leur mission initiale.
Bâtir des compétences, pas seulement des engins
Des cinq ingénieurs de 2006 aux cent cinquante qui préparent la mission vers les astéroïdes, les Émirats ont fait de chaque projet une école. Une présence humaine sur Mars demandera, elle aussi, des générations de spécialistes formés pas à pas.
Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.
Annexes
Pour aller plus loin
Annexe Comprendre la mission Hope
Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.
La basse et la haute atmosphère
La basse atmosphère est celle où se forment les nuages, les tempêtes de poussière et la météo. La haute atmosphère, très ténue, est celle d’où des atomes s’échappent vers l’espace.
La fuite atmosphérique
La perte lente, vers l’espace, des gaz d’une atmosphère, notamment l’hydrogène et l’oxygène venus de l’eau. Elle explique en partie pourquoi Mars est devenue sèche.
Une aurore
Une lueur produite quand des particules venues du Soleil frappent la haute atmosphère. Sur Mars, les aurores à protons naissent du vent solaire.
Le vent solaire
Le flux continu de particules chargées émis par le Soleil. Mars n’ayant plus de champ magnétique global, il atteint plus facilement son atmosphère.
Le spectromètre
Un instrument qui décompose la lumière en ses différentes couleurs, visibles ou invisibles, pour savoir de quoi est fait ce qu’on observe.
La ceinture principale d’astéroïdes
La région située entre les orbites de Mars et de Jupiter, où tournent la plupart des astéroïdes connus du système solaire. C’est là que doit se rendre la sonde MBR Explorer.
Une étude analogue
Une simulation au sol, dans un habitat fermé ou un lieu isolé, où des volontaires vivent comme lors d’une mission spatiale pour étudier leur santé, leur comportement et leur travail.
Ces explications sont des notions générales. Les aurores à protons suivent le communiqué de la NASA du 31 août 2022.
Annexe Chronologie
Les Émirats arabes unis et l’espace lointain.
2006. Fondation du Centre spatial Mohammed bin Rashid, avec cinq ingénieurs.
2009. Lancement de DubaiSat-1, premier satellite émirien d’observation de la Terre.
2014. Création de l’Agence spatiale des Émirats.
Avril 2017. Lancement du programme émirien d’astronautes.
2018. KhalifaSat, premier satellite entièrement conçu et fabriqué aux Émirats.
2019. Hazzaa Almansoori, premier Émirien dans l’espace.
2020. Signature des accords Artemis.
19 juillet 2020. Lancement de Hope depuis Tanegashima.
9 février 2021. Hope en orbite autour de Mars.
2022. Première étude analogue émirienne, SIRIUS-21.
Avril 2022. Accord de partage des données avec MAVEN.
Août 2022. Les aurores à protons « en taches ».
2023. Sultan Al Neyadi sur la Station spatiale ; observations de Deimos ; prolongation de la mission jusqu’en 2024.
29 mai 2023. Présentation de la mission vers la ceinture d’astéroïdes.
2024. Quarante-cinq jours dans l’habitat HERA de la NASA.
Janvier 2025. Lancement de MBZ-SAT.
17 février 2026. Hope prolongée jusqu’en 2028.
4 octobre 2026. La sonde MBR Explorer est prête pour le vol.
Mars 2028. Lancement prévu de MBR Explorer.
Octobre 2034. Arrivée prévue auprès de l’astéroïde Justitia.
Sources : celles des chapitres.
Annexe Sources et méthode
Ce livre raconte la mission martienne des Émirats arabes unis à partir des pages de leurs partenaires américains et de la NASA. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce que les sources ne permettent pas d’établir.
Les sources principales
Ce livre remplace une ancienne page d’environ 18 000 mots. Le site de l’agence spatiale des Émirats impose une vérification contre les robots que nous n’avons pas contournée ; nous nous sommes donc appuyés sur les pages du LASP de l’université du Colorado, sur des pages de l’université d’État de l’Arizona et sur les communiqués de la NASA de 2022 et l’article historique de la NASA.
Ce qui reste incertain
Le site du Centre spatial Mohammed bin Rashid est désormais consultable : il donne la date de fondation du centre, 2006, et la chronologie de ses réalisations. La création de l’Agence spatiale des Émirats en 2014 est rapportée par le prince héritier de Dubaï dans un article du Khaleej Times ; le site de l’agence refuse nos téléchargements automatiques, et nous ne l’avons pas consulté. La prolongation de Hope et la mission vers la ceinture d’astéroïdes sont racontées d’après la presse spécialisée et émirienne (SpaceNews, Space.com, Khaleej Times). La date exacte de l’annonce du sas de Gateway et le projet « Mars 2117 », mentionné par l’ancienne page, n’ont toujours pas pu être vérifiés.
Quelques points ne concordent pas. L’article du Khaleej Times sur la prolongation de Hope désigne la comète interstellaire observée par le nom « C/2023 A3 (Atlas) », qui correspond à une autre comète ; nous ne donnons pas de nom. L’atterrisseur de la mission vers les astéroïdes est attribué en 2024 aux jeunes entreprises 971 et Sadeem, alors qu’en 2026 la liste des partenaires cite l’Institut d’innovation technologique et HEX20 ; nous donnons les deux informations avec leur date. Enfin, la NASA écrit « Almansoori » et « Al Neyadi », le centre émirien « AlMansoori » et « AlNeyadi » ; nous suivons le centre.
La longueur
Ce livre compte environ trois mille deux cents mots, contre mille deux cents dans sa version précédente. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire.
L’illustration
L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.
Sources en ligne
- LASP, « EMM »
- LASP, observations de Deimos (2023)
- NASA, partage des données MAVEN-Hope (2022)
- NASA, aurores à protons (2022)
- NASA, sas de Gateway
- NASA History, « 25 Years of Continuous Robotic Mars Exploration »
- MBRSC, page « About »
- MBRSC, « Missions and projects »
- MBRSC, « Lunar Gateway »
- MBRSC, « Rashid Rover »
- Khaleej Times, « UAE extends Emirates Mars Mission until 2028 » (17 février 2026)
- SpaceNews, « UAE outlines plans for asteroid mission » (3 juin 2023)
- Space.com, « UAE on track to launch bold 7-asteroid mission in 2028 » (4 septembre 2024)
- Khaleej Times, « UAE asteroid mission probe achieves flight readiness in less than 2 years » (4 octobre 2026)
Faits vérifiés auprès de ces sources le 18 octobre 2026.
Pour aller plus loin
Bibliothèque Mars
Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.
Arcadia — Manuel de la première cité martienne
