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Bible Mars — Organisations

JAXA, l’agence spatiale japonaise

Sa première sonde martienne, Nozomi, a manqué Mars en 2003 après cinq ans de voyage. Le Japon y revient avec MMX, qui doit rapporter sur Terre un échantillon de la lune Phobos ; son lancement est prévu le 20 octobre 2026.

JAXA créée en octobre 2003 — Tokyo

Illustration consacrée à la JAXA
Illustration ; provenance exacte non vérifiée.
Création
Octobre 2003 (fusion de l’ISAS, du NAL et de la NASDA)
Première sonde martienne
Nozomi (1998-2003, échec de la mise en orbite)
Mission en cours
MMX, retour d’échantillons de Phobos
Lancement de MMX
Prévu le 20 octobre 2026, fusée H3
Partenaires de MMX
CNES, DLR, NASA, ESA

3 chapitres et 3 annexes : environ 1 200 mots, soit 5 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.

Première partie

Nozomi

1998 – 2003

Chapitre 1 · 1998 – 2003 Nozomi

La première sonde planétaire du Japon devait étudier l’atmosphère de Mars. Après cinq ans de voyage et une série de malheurs, elle passe à côté de la planète.

Une sonde internationale

Le 3 juillet 1998, une fusée M-5 lance depuis Kagoshima la sonde Nozomi, conçue par l’Institut des sciences spatiales et astronautiques, l’ISAS. C’est la quatrième sonde japonaise d’espace lointain, et la première destinée à une autre planète. Elle pèse 536 kilogrammes et emporte quatorze instruments venus du Japon, du Canada, d’Allemagne, de Suède et des États-Unis. Sa mission : étudier pendant longtemps la haute atmosphère de Mars, son interaction avec le vent solaire, et suivre l’oxygène qui s’échappe de la planète. Elle devait se placer en orbite le 11 octobre 1999.

Le détour

Pour gagner de la vitesse, Nozomi frôle la Lune le 24 septembre et le 18 décembre 1998, puis la Terre le 20 décembre. Mais ce survol de la Terre ne lui donne pas assez de vitesse, et les deux corrections de trajectoire du 21 décembre consomment plus d’ergols que prévu. Toute la mission doit être réorganisée : la sonde tournera autour du Soleil et n’arrivera à Mars qu’en décembre 2003, avec quatre ans de retard.

Le 9 décembre 2003

À l’approche de Mars, une pièce défaillante de la sonde ne peut pas être remise en état, et les communications ne sont pas rétablies. Le 9 décembre 2003, l’agence spatiale japonaise renonce à placer Nozomi en orbite autour de Mars. Selon l’Agence spatiale canadienne, qui avait fourni l’un des instruments, la cause remonte à avril 2002 : une très forte éruption solaire avait provoqué un court-circuit dans l’un des systèmes de la sonde.

Sources : A. Siddiqi, Deep Space Chronicle, NASA SP-2002-4524 (lancement du 3 juillet 1998 sur M-5 depuis Kagoshima, ISAS, quatrième sonde d’espace lointain et première planétaire, 536 kg, quatorze instruments et cinq pays, objectifs, orbite prévue le 11 octobre 1999, survols de la Lune et de la Terre, corrections du 21 décembre 1998, arrivée repoussée à décembre 2003) ; JAXA, « Topics 2003 » (« JAXA gave up injecting Mars Orbiter “Nozomi” into orbit of Mars », 9 décembre 2003, pièce défaillante, communications non rétablies) ; Agence spatiale canadienne, « Canadian space milestones » (éruption solaire d’avril 2002 et court-circuit ; l’ASC date la confirmation japonaise du 10 décembre 2003).

Deuxième partie

MMX

2003 – 2031

Chapitre 2 · 2003 – 2031 JAXA et le pari de Phobos

Née de la fusion de trois organismes, l’agence japonaise revient vers Mars par un chemin original : ramener sur Terre un échantillon de sa lune Phobos.

Une agence unique

En octobre 2003, deux mois avant l’abandon de Nozomi, le Japon réunit ses trois organismes aérospatiaux, l’Institut des sciences spatiales et astronautiques, le Laboratoire national d’aérospatiale et l’Agence nationale de développement spatial, en une seule agence : l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale, JAXA.

MMX

La mission Martian Moons eXploration, MMX, doit être la première au monde à rapporter de la matière de l’environnement martien. La sonde se placera sur une orbite particulière autour de Phobos, dite quasi-satellite, y prélèvera plus de dix grammes d’échantillons, observera Phobos et Deimos, puis reviendra sur Terre ; l’aller-retour et l’exploration doivent durer environ cinq ans, l’arrivée vers Mars étant prévue environ un an après le lancement.

C’est un projet international conduit par la JAXA. Le Centre national d’études spatiales français et le centre aérospatial allemand, le DLR, fournissent un petit rover, IDEFIX, remis au Japon en mars 2024 ; la NASA a signé un accord de coopération en avril 2023 ; l’ESA participe aussi. En octobre 2022, les dirigeants australien et japonais ont soutenu le principe d’un atterrissage de la capsule d’échantillons en Australie.

La sonde est livrée au centre spatial de Tanegashima en avril 2026. Le 20 août 2026, la JAXA fixe son lancement, à bord du dixième vol de la fusée H3, au 20 octobre 2026 à 4 h 41, heure du Japon, avec une période de réserve jusqu’au 7 novembre. Ce n’est pas sans risque : le 22 décembre 2025, le huitième vol de la H3 avait échoué, le moteur du second étage s’étant arrêté prématurément lors de son second allumage.

Sources : JAXA, « History » (création de la JAXA en octobre 2003 par fusion de l’ISAS, du NAL et de la NASDA) ; ISAS/JAXA, page « Martian Moons eXploration (MMX) » (première mission à rapporter de la matière de la sphère martienne, orbite quasi-satellite, observation de Phobos et Deimos, livraison à Tanegashima en avril 2026, IDEFIX et l’accord JAXA-DLR-CNES de juin 2023, remise du rover en mars 2024, accords avec le CNES, le DLR et la NASA, l’Australie en octobre 2022) ; site MMX de la JAXA, d’après une recherche (plus de dix grammes, environ cinq ans, arrivée un an après le lancement, participation de la NASA, du CNES, du DLR et de l’ESA) ; JAXA, communiqué du 20 août 2026 (lancement sur H3 F10 le 20 octobre 2026 à 4 h 41 min 3 s, réserve jusqu’au 7 novembre) ; JAXA, communiqué du 22 décembre 2025 (échec du vol H3 n° 8). À la date de rédaction, le 11 octobre 2026, le lancement n’a pas encore eu lieu.

Épilogue

La JAXA et Mars

Chapitre 3 · La leçon Ce que la JAXA apporte à Mars

Le Japon a échoué à se placer autour de Mars en 2003 ; il y revient en visant une petite lune plutôt que la planète. Trois leçons en ressortent.

Les marges comptent

Un survol de la Terre qui ne donne pas tout à fait la vitesse prévue, deux corrections qui consomment trop d’ergols : Nozomi a perdu quatre ans, puis sa mission. Un vaisseau habité vers Mars devra garder des réserves pour l’imprévu.

Choisir sa cible

Phobos est petit, proche de Mars, et sa faible gravité rend le retour plus facile qu’un décollage de la planète. Viser juste, c’est parfois viser à côté.

Partager les tâches

Un rover franco-allemand, une coopération avec la NASA et l’ESA, une capsule qui pourrait se poser en Australie : MMX est une mission de plusieurs pays. Mars se rejoindra en équipe.

Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.

Annexes

Pour aller plus loin

Annexe Comprendre la JAXA et MMX

Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.

L’assistance gravitationnelle

Passer près d’un astre, la Lune ou la Terre, pour gagner de la vitesse ou changer de direction sans brûler de carburant. Si le passage n’est pas tout à fait celui prévu, la sonde n’obtient pas le gain attendu.

Phobos et Deimos

Les deux petites lunes de Mars. Phobos, la plus grande, mesure environ vingt-sept kilomètres et tourne très près de la planète.

L’orbite quasi-satellite

Une orbite autour de Mars choisie pour que la sonde reste toujours près de Phobos, comme si elle tournait autour de cette petite lune, dont la gravité est trop faible pour retenir une orbite classique.

Le retour d’échantillons

Rapporter sur Terre des matériaux prélevés ailleurs, pour les étudier dans des laboratoires bien plus puissants que ceux qu’on peut envoyer dans l’espace.

Ces explications sont des notions générales. La taille de Phobos suit la notice de Fobos dans Deep Space Chronicle (NASA SP-2002-4524) ; l’orbite quasi-satellite, la page MMX de l’ISAS.

Annexe Chronologie

Le Japon et Mars.

3 juillet 1998. Lancement de Nozomi.

20 décembre 1998. Survol de la Terre insuffisant ; la mission est réorganisée.

Octobre 2003. Création de la JAXA.

9 décembre 2003. Abandon de la mise en orbite de Nozomi.

Octobre 2022. Accord de principe sur un retour de la capsule MMX en Australie.

Avril 2023. Accord de coopération avec la NASA pour MMX.

Mars 2024. Remise du rover IDEFIX.

22 décembre 2025. Échec du huitième vol de la fusée H3.

Avril 2026. MMX livrée à Tanegashima.

20 octobre 2026. Lancement prévu de MMX.

Sources : celles des chapitres.

Annexe Sources et méthode

Ce livre raconte les missions du Japon vers Mars à partir de la chronologie publiée par la NASA et des pages officielles de la JAXA. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce que les sources ne permettent pas d’établir.

Les sources principales

Ce livre remplace une ancienne page d’environ 24 000 mots, qui traitait de tout le programme spatial japonais ; nous nous en tenons ici à Mars. Il s’appuie sur Deep Space Chronicle d’Asif Siddiqi (NASA, 2002) pour Nozomi, sur les pages historiques de la JAXA, sur la page MMX de l’ISAS et sur les communiqués de la JAXA de 2025 et 2026.

Ce qui reste incertain

La page de la JAXA sur l’abandon de Nozomi ne précise pas la nature de la panne ; l’Agence spatiale canadienne l’attribue à une éruption solaire d’avril 2002 et date l’abandon du 10 décembre 2003, la JAXA du 9. Les dates précises de retour des échantillons de MMX ne sont pas données par les pages consultées. Le lancement de MMX, prévu le 20 octobre 2026, n’a pas encore eu lieu au moment où ce livre est écrit ; ce chapitre devra être mis à jour.

La longueur

Ce livre compte environ mille deux cents mots. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. L’histoire martienne du Japon tient pour l’instant en deux missions.

L’illustration

L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.

Sources en ligne

Faits vérifiés auprès de ces sources le 11 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Bibliothèque Mars

Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.

Arcadia — Manuel de la première cité martienneArcadia — Manuel de la première cité martienne

Dossier approfondi : capacités, méthodes et héritage pour Mars

Nozomi et la valeur technique d’un échec

Nozomi rappelle qu’une mission non aboutie peut néanmoins produire de la connaissance sur la propulsion, l’électricité, la navigation et la conduite d’anomalies. Cette valeur n’existe que si les causes, décisions et limites restent documentées pour les programmes suivants.

Hayabusa : survivre à plusieurs anomalies

Hayabusa a imposé de raisonner sur le véhicule comme un système : roues de réaction, propulsion ionique, échantillonnage et retour ne peuvent pas être traités indépendamment. La récupération improvisée d’une mission dégradée ne remplace pas la redondance, mais elle montre l’importance d’une compréhension globale des fonctions encore disponibles.

Hayabusa2 : transformer l’expérience en méthode

Avec Hayabusa2, l’expérience acquise autour d’Itokawa est réinvestie dans une architecture plus maîtrisée autour de Ryugu, avec rovers, impacteur et retour d’échantillons. L’intérêt tient moins à la répétition d’une mission qu’à la capacité de convertir un retour d’expérience en choix de conception et d’opération.

Akatsuki et récupération orbitale

Après une insertion initiale manquée autour de Vénus, Akatsuki montre la valeur d’une planification capable de redéfinir l’objectif autour des fonctions encore disponibles. Une telle récupération dépend toutefois de la géométrie de mission et ne constitue pas une stratégie universelle de seconde chance.

SLIM et la précision d’atterrissage

SLIM met l’accent sur la navigation relative au terrain et la réduction de la zone d’atterrissage. La compétence est pertinente pour de futures opérations planétaires, mais un atterrissage lunaire ne reproduit ni l’atmosphère martienne ni la dynamique complète d’une entrée, descente et atterrissage sur Mars.

MMX : revenir du système martien

MMX combine navigation dans le système martien, opérations autour de Phobos et Deimos, prélèvement et chaîne de retour vers la Terre. Cette succession de fonctions en fait un exercice particulièrement utile pour comprendre les interfaces d’une mission complexe, même si la faible gravité de Phobos diffère fortement de la surface martienne.

IDEFIX et coopération franco-allemande

Le rover IDEFIX associe JAXA, CNES et DLR autour d’un sous-système mobile destiné à Phobos. Cette coopération illustre la nécessité de partager interfaces, responsabilités et critères de réussite ; ses solutions de mobilité en très faible gravité ne se transposent toutefois pas directement à Mars.

H3 et autonomie de transport

Le lanceur H3 participe au maintien d’une capacité nationale de lancement pour les missions scientifiques japonaises. Cette autonomie terrestre est importante pour la continuité d’un programme spatial, mais elle reste distincte des exigences d’un transport interplanétaire habité.

Réseau d’espace profond japonais

Les antennes d’Usuda et de Misasa donnent au Japon une infrastructure propre pour soutenir des missions lointaines. Leur valeur dépend autant de la performance radio que de la planification, de la disponibilité et de la coordination avec les autres missions et les réseaux partenaires.

Contribution plausible à Mars humain

Navigation autonome, robotique, opérations lointaines et retour d’échantillons constituent des briques utiles à une architecture martienne. Le passage au transport d’équipage, au support-vie et aux opérations de longue durée demanderait néanmoins des qualifications supplémentaires que ces missions robotisées ne démontrent pas.