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Institutions · Mesure 1.08

Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres

Le décret n°2024-892, dans sa rédaction en vigueur en 2026, fixe en principe un plafond de quatorze membres pour le cabinet d’un ministre de plein exercice et de huit pour celui d’un ministre délégué. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée. [source]

Un plafond réglementaire déjà très concret

Le décret n°2024-892, dans sa rédaction en vigueur en 2026, fixe en principe un plafond de quatorze membres pour le cabinet d’un ministre de plein exercice et de huit pour celui d’un ministre délégué. Des exceptions existent, notamment pour l’Action et les Comptes publics et pour les Relations avec le Parlement. [1]

Statut du chiffrage. Le Plan associe historiquement à cette mesure 120 millions d’euros par an. Ce montant est conservé comme cible à auditer, jamais comme économie acquise.

Ce qui a changé dans le décret en 2026

Le véhicule principal est un décret modificatif puisque la norme de plafond est elle-même réglementaire. Les nominations restent publiées au Journal officiel. Une question parlementaire de juillet 2026 mentionne 2 210 agents exerçant des fonctions support en 2024 ; cette donnée éclaire le périmètre mais n’est pas un coût consolidé certifiant une économie. [1][2] [source]

Cabinets ministériels : plafonds juridiques en vigueur et cible
RepèreDonnée actuelleLecture pour la réforme
Ministre de plein exercice14 membres10 cible proposée
Action et Comptes publics19 max. par exceptionexception à redéfinir
Ministre délégué8 membresrègle distincte à préserver ou revoir
Relations avec le Parlement14 max. par exceptionexception à redéfinir

Dix membres avec un périmètre anti-contournement

Le plafond de dix doit reposer sur une nomenclature claire des fonctions comptées : direction, chef de cabinet, conseillers, communication et fonctions assimilées. Les mises à disposition, personnels prêtés et fonctions déplacées vers l’administration ne doivent pas devenir une voie de contournement. Un état public ministère par ministère doit accompagner la règle. [1]

Pourquoi 120 millions ne se déduisent pas du plafond

Les 120 millions d’euros ne sont pas démontrés par le seul passage de quatorze à dix. Il faut connaître les effectifs réels, rémunérations et charges, personnels mis à disposition, fonctions support, prestations et postes recréés. Une économie existe seulement si une capacité disparaît réellement et n’est pas réembauchée dans un autre budget. [1][2]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

Garder une interface politique efficace avec l’administration

Un cabinet trop réduit peut reporter sur les directions centrales des tâches politiques ou de coordination qui leur sont étrangères. Le garde-fou consiste à protéger l’administration permanente de ce transfert et à publier séparément effectif du cabinet, renforts temporaires, mises à disposition et fonctions de support. [1]

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de 120 millions d’euros par an

Cabinets ministériels : plafonnement des effectifs politiques et séparation des fonctions de l’administration centrale.

Dix membres : une cible plus stricte que le droit actuel

Le droit en vigueur depuis avril 2026 fixe en principe quatorze membres au cabinet d’un ministre de plein exercice et huit à celui d’un ministre délégué. Il autorise toutefois jusqu’à dix-neuf membres pour le ministre chargé de l’Action et des Comptes publics et jusqu’à quatorze pour le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement. [1] Le décret de 2024 a par ailleurs abrogé le décret de 2017 qui encadrait auparavant les cabinets. La proposition de dix membres doit donc être écrite comme une nouvelle règle, en précisant si elle vise seulement les ministres de plein exercice, comment sont traitées les exceptions et si un plafond distinct demeure nécessaire pour les ministres délégués. [3] [source]

Le décret actuel offre déjà un mécanisme de traçabilité utile : les nominations sont faites par arrêté ministériel après contrôle du Premier ministre et nul ne peut exercer au cabinet s’il ne figure sur cet arrêté. [1] Le futur tableau de bord peut donc comparer automatiquement plafond légal, effectif publié, fonctions et durée de présence. Il doit y ajouter les personnels mis à disposition ou les appuis recrutés hors cabinet, car une réduction apparente du nombre de conseillers n’a aucun intérêt si les mêmes missions sont déplacées vers une direction, un opérateur ou un contrat de conseil.

Le chiffrage doit enfin partir du coût complet de la fonction politique supprimée et non du nombre de noms sur un organigramme. La question parlementaire citée dans le dossier donne un ordre de grandeur sur des fonctions support, mais elle ne constitue pas un compte consolidé des cabinets. [2] La cible de 120 millions d’euros doit donc rester ouverte tant que ne sont pas réconciliés rémunérations, cotisations, mises à disposition, frais, bureaux, prestations et capacités recréées dans l’administration permanente. Une règle de dix peut être défendable pour la sobriété politique même si son économie réelle est nettement plus basse.

Un plafond de cabinet n’a de sens que si les effectifs ne réapparaissent pas ailleurs

Limiter un cabinet à dix personnes doit s’accompagner d’une définition stricte de ce qui compte comme membre du cabinet. Sans cela, la baisse officielle peut être compensée par des chargés de mission placés dans une direction, des mises à disposition, des prestataires ou des emplois de l’administration centrale travaillant de fait pour le ministre. Le contrôle devrait donc combiner l’arrêté nominatif du cabinet, les mises à disposition, les prestations directement commandées et une description fonctionnelle des postes proches du ministre. Le but n’est pas d’interdire toute expertise externe, mais de rendre impossible un simple déplacement comptable qui ferait baisser l’effectif affiché sans réduire les ressources mobilisées.

La capacité opérationnelle varie aussi selon les portefeuilles. Un ministère gérant une crise majeure ou un champ très étendu peut avoir besoin temporairement de compétences supplémentaires. Plutôt qu’une exception discrétionnaire permanente, le texte peut prévoir une dérogation écrite, limitée dans le temps, motivée et publiée, avec retour automatique au plafond. Le rapport annuel comparerait alors plafond théorique, effectif réel, durée des dérogations et coût complet. Cette architecture rend la règle vérifiable et évite deux écueils opposés : un cabinet pléthorique devenu administration parallèle, ou un plafond rigide qui oblige à cacher les fonctions indispensables dans les services.

Des cabinets plus petits exigent une frontière nette avec l’administration

Limiter les cabinets n’a de sens que si la règle empêche le déplacement discret des fonctions vers des conseillers officieux, des chargés de mission ou des agents mis à disposition. Le cadre réglementaire actuel fixe des plafonds et prévoit des exceptions ; le contrôle doit donc porter autant sur le nombre de personnes que sur la nature de leur rattachement. Le dispositif doit inviter à publier, pour chaque cabinet, les effectifs autorisés, les dérogations, les mises à disposition, les fonctions support et les dates d’entrée et de sortie. Une réduction affichée du cabinet qui serait compensée par des postes équivalents dans l’administration ne constitue pas une économie et brouille la séparation entre conseil politique et chaîne administrative.

La réforme doit également définir ce qui relève légitimement du cabinet. Arbitrage politique, relations parlementaires, communication stratégique et coordination interministérielle ne se confondent pas avec l’expertise technique permanente d’une direction. Un plan de réduction crédible commence donc par une cartographie fonctionnelle : tâches politiques non transférables, tâches administratives à restituer aux services et doublons à supprimer. Le suivi annuel devrait publier le coût complet, pas seulement le nombre de conseillers. C’est cette transparence qui permettra de vérifier si le plafond réduit effectivement le train de vie ministériel ou s’il modifie seulement l’étiquette des personnes concernées.

Conclusion de la mesure 1.08. La cible historique de 120 millions d’euros par an reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage

Comment juger la réforme dans les faits

Limiter la taille des cabinets ministériels vise les fonctions politiques de conseil, pas les services administratifs des ministères. Le suivi doit donc empêcher deux contournements : déplacer des conseillers vers l'administration sans réduire la dépense, ou multiplier des prestataires extérieurs. Une limite de dix personnes n'a de sens que si l'on suit l'ensemble du périmètre de soutien politique autour du ministre.

Le bilan doit comparer le nombre de membres de cabinet, leur masse salariale, les mises à disposition, les prestations externes et les renforts dans les directions support. Il doit également mesurer le délai de traitement des arbitrages afin de vérifier que la réduction ne crée pas simplement un goulet d'étranglement. Le résultat recherché est un cabinet plus petit et une administration responsabilisée, pas une équipe politique masquée ailleurs.

Indicateurs publics spécifiques à la mesure 1.08
IndicateurCe qu’il permet de vérifierUnité / lecture
Membres de cabinetEffectif réel en fonction, y compris mises à dispositionpersonnes
Masse salarialeRémunérations et charges du cabineteuros/an
Prestations externesConseil et assistance achetés pour compenser un effectif réduiteuros/an
Renforts administratifsETP ajoutés dans les services support ou directionsETP
Délai d’arbitrageTemps entre saisine et décision ministériellejours

Plans A / B / C — voie principale, repli et minimum exécutable

Les trois scénarios ci-dessous ne sont pas trois slogans : chacun fixe une voie juridiquement et opérationnellement distincte, avec un rendement recalculé selon ce qui est réellement adopté.

Plan A — voie principale

Modifier le décret relatif à la composition des cabinets pour fixer un plafond de dix membres autour des ministres de plein exercice, en définissant explicitement les exceptions éventuelles et le sort des ministres délégués. La règle doit inclure un périmètre anti-contournement : personnes nommées au cabinet, mises à disposition et renforts exerçant en pratique des fonctions de cabinet. Les arrêtés de nomination restent publiés et le contrôle du Premier ministre est conservé. À douze mois, le coût complet est comparé à la situation antérieure, en intégrant les fonctions recréées dans l’administration ou par conseil externe. Seule la baisse nette réellement constatée est comptée.

Plan B — repli exécutable

Si un plafond uniforme de dix s’avère inadapté à certains portefeuilles, retenir un plafond de base de dix assorti de quelques exceptions motivées et publiées, par exemple pour les fonctions interministérielles les plus lourdes. Toute dérogation a une durée et une justification, et ne peut être renouvelée automatiquement. Le tableau de bord compare ministère par ministère effectifs, mises à disposition, prestations de conseil et coût total. Ce repli préserve l’objectif de sobriété tout en évitant qu’une règle trop rigide ne provoque des recrutements opaques hors cabinet.

Plan C — minimum ou statu quo contrôlé

Si le plafond numérique n’est pas abaissé, maintenir le droit actuel mais instaurer une enveloppe de coût et une transparence renforcée sur les effectifs réellement mobilisés. Les cabinets publient leur composition, les mises à disposition et l’évolution annuelle des fonctions, avec agrégation respectueuse des données personnelles. L’économie cible du Plan A est alors annulée ; seules des réductions de dépenses constatées peuvent être retenues. Ce plan minimal empêche qu’un échec réglementaire sur le nombre de conseillers laisse intact le risque de déplacement des coûts vers d’autres structures.

Approfondissement : dix membres de cabinet, mais aucune armée parallèle hors organigramme

La règle doit porter sur la fonction réelle, pas seulement sur le statut administratif

Limiter un cabinet ministériel à dix personnes est facile à contourner si des conseillers sont ensuite placés dans une administration, une mission, un opérateur ou le cabinet du Premier ministre tout en travaillant exclusivement pour le ministre. La réforme doit donc définir le cabinet par l’activité exercée : toute personne affectée durablement à la préparation politique, à la communication personnelle, à l’agenda ou à l’arbitrage direct du ministre entre dans le plafond, quel que soit son support administratif. Les experts ponctuels restent possibles, mais leur mission, leur durée et leur coût doivent être identifiés.

Séparer le politique de l’administratif

Un cabinet resserré suppose une administration suffisamment forte pour préparer les politiques publiques sans attendre une validation de conseillers sur chaque dossier. La chaîne doit être claire : les directions produisent l’expertise et exécutent ; le cabinet organise les arbitrages politiques ; le ministre décide et assume. Cette frontière réduit le risque de micro-management politique et permet aux dix membres du cabinet de se concentrer sur des fonctions qui ne peuvent pas être confiées aux services permanents.

Calculer le plafond en équivalents temps plein

Pour éviter les contournements par temps partiels, le suivi peut utiliser l’ETP, c’est-à-dire l’équivalent temps plein. Si deux personnes travaillent chacune à 50 % pour le cabinet, elles représentent ensemble 0,5 + 0,5 = 1 ETP. Le symbole + signifie « additionner » et = « est égal à ». Le plafond de dix doit porter simultanément sur les ETP et sur le nombre de personnes ayant un accès permanent aux fonctions de cabinet, afin d’éviter qu’un grand nombre de conseillers fractionnaires reconstitue de fait une équipe beaucoup plus large.

Publier les fonctions et les coûts sans exposer les données sensibles

La liste publique peut indiquer fonction, date de prise de poste, statut, rémunération agrégée par catégorie et éventuelle mise à disposition. Les données de sécurité ou personnelles inutiles n’ont pas à être publiées. Une vue consolidée doit également intégrer les dépenses de communication, de consultants et de missions directement pilotées par le cabinet, car un plafond d’effectif perdrait tout intérêt si l’expertise était massivement externalisée sans transparence.

Contrôler le vrai résultat

Les indicateurs doivent suivre le nombre d’ETP, le coût complet, le volume de consultants externes, les délais d’arbitrage et le nombre de conseillers officieux détectés par les organigrammes et lettres de mission. Si le plafond entraîne un déplacement massif de dépenses hors cabinet, le gain doit être annulé dans la consolidation. Le succès réside dans un sommet politique plus léger et une administration plus responsabilisée, non dans une simple réduction visible de la liste publiée sur le site du ministère.

Analyse opérationnelle : Compter tous les personnels qui font réellement cabinet

Comment réserver le cabinet aux fonctions politiques d’arbitrage et éviter qu’il duplique l’administration centrale ? Les plafonds de cabinets relèvent de textes réglementaires et leur efficacité dépend aussi du périmètre retenu, des fonctions support et des personnels mis à disposition.

Le plafond doit fermer les voies de contournement

Il faut définir ce qui compte réellement dans le plafond : conseillers, chefs de cabinet, personnels en mise à disposition, fonctions de communication et renforts temporaires.

Un plafond mal défini encourage le contournement par des chargés de mission, des prestataires ou des postes placés hors organigramme du cabinet.

Dix personnes peuvent être suffisantes pour un portefeuille resserré et insuffisantes pour un ministère très large ; le plafond doit donc s’accompagner d’une architecture gouvernementale cohérente.

Le cas suivant est révélateur : Si le cabinet baisse de quinze à dix personnes mais qu’un ministère crée simultanément cinq postes de mission équivalents en administration centrale, l’économie affichée est fictive.

Comparer les coûts après transfert vers l’administration

Le gain direct doit intégrer rémunérations, charges, moyens matériels et fonctions support, mais déduire les coûts éventuellement reportés vers les directions ministérielles.

la transparence doit porter sur les personnes, fonctions, rémunérations agrégées, mises à disposition et prestations externes rattachées à chaque cabinet.

La règle peut entrer rapidement en vigueur, mais la comparaison avant/après doit couvrir au moins une année budgétaire complète afin de repérer les transferts de coûts.

Décision de fond — Dix personnes peuvent être suffisantes pour un portefeuille resserré et insuffisantes pour un ministère très large ; le plafond doit donc s’accompagner d’une architecture gouvernementale cohérente.

Contrôle après entrée en vigueur — La transparence doit porter sur les personnes, fonctions, rémunérations agrégées, mises à disposition et prestations externes rattachées à chaque cabinet.

Scénario de repli — Un plafond mal défini encourage le contournement par des chargés de mission, des prestataires ou des postes placés hors organigramme du cabinet.

Notes et sources

  1. Décret n° 2024-892 consolidé — cabinets ministériels.
  2. Assemblée nationale — question écrite n°16919.
  3. Décret n°2026-283 du 15 avril 2026 — modification des plafonds.

En clair — ce que change la mesure

Cette mesure se lit en trois questions simples : quel problème concret « Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres » cherche-t-elle à corriger, quelle règle ou organisation doit changer, et comment vérifier ensuite que le résultat annoncé est réellement obtenu ?

Le lecteur doit distinguer l’objectif politique du mécanisme d’exécution : une réforme peut être pertinente dans son intention tout en nécessitant un calendrier, des responsables et des garde-fous précis pour produire l’effet attendu.

Risques et objections — ce qui peut faire échouer la réforme

Le risque principal est de confondre une décision juridique avec son résultat opérationnel. Une réforme peut être adoptée mais produire un déplacement de charge, un coût de transition sous-estimé, une perte de qualité de service ou un contournement du dispositif.

Le contrôle doit donc publier les effets inattendus, les coûts transférés et les indicateurs de qualité en même temps que les économies éventuelles. Une objection documentée doit pouvoir conduire à corriger le calendrier ou le mécanisme sans effacer l’objectif initial.

Données publiques de référence · millésime 2026

Institutions : 925 sièges parlementaires à distinguer avant toute réforme

Avant de discuter la mesure 1.08, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Assemblée nationale577 députésXVIIe législature, sièges pourvus
Sénat348 sénateursmandat de six ans, renouvellement par moitié

Calcul de contrôle : 577 + 348 = 925 sièges dans les deux chambres du Parlement.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Ce total ne signifie pas 925 fonctions interchangeables : les deux chambres n’ont ni le même mode d’élection ni exactement les mêmes pouvoirs. Une réforme institutionnelle doit donc chiffrer séparément Assemblée, Sénat et éventuels organes consultatifs.

Application à « Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 1.08

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Institutions et responsabilité. Relever avant toute réforme les données portant sur représentation, capacité de contrôle, responsabilité identifiable et coût institutionnel. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Ne pas réduire une institution à son coût : vérifier aussi la représentativité, la capacité de contrôle, la continuité juridique et les contre-pouvoirs.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 1.08

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Mesure 1.08 — Limiter les cabinets ministériels à dix membres, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Selon l'objet précis : révision constitutionnelle, loi organique, loi ordinaire ou modification du règlement d'une assemblée. Le dossier d'exécution doit identifier le niveau normatif exact avant le vote.

2. Responsable identifiable

Parlement, Gouvernement, assemblée concernée et, lorsque la Constitution l'impose, Conseil constitutionnel.

3. Preuve de déploiement

Texte adopté et publié, règles internes mises à jour, responsabilités nominativement attribuées et date d'entrée en vigueur connue.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier fonctionnement institutionnel effectivement modifié : participation, délais, transparence, coût ou responsabilité mesurés après l'entrée en vigueur. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Confondre vote d'un texte et changement réel des pratiques ; ignorer les règles organiques, constitutionnelles ou les effets de contournement. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 1.08

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût consolidé de coordination gouvernementale

Unité : € constants/an et ETPT.

Fréquence

annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

services du Premier ministre / budget de l’État.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coûts cabinets + fonctions support + coûts de coordination transférés

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

10 membres maximum par cabinet

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

délai d’arbitrage, charge ministérielle, qualité de décision. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.