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Institutions · Mesure 1.12

Mesure 1.12 — Supprimer le Conseil économique, social et environnemental

Le CESE est une institution constitutionnelle. Le chapitre reconstruit la mesure sans confondre cible politique et économie nette démontrée.

Une suppression qui touche la Constitution

Une institution consultative produit des avis, auditions, études et capacités de représentation. Sa suppression ne produit une économie complète que si les fonctions supprimées ne sont pas recréées ailleurs. Lorsqu’une consultation reste légalement ou politiquement nécessaire, son coût de remplacement doit être retranché du gain facial.

Le CESE est une institution constitutionnelle. Pour 2026, les crédits demandés s’élèvent à 34,1 millions d’euros, dont 27,8 millions de dépenses de personnel et 6,7 millions de fonctionnement. La cible historique de 36 millions d’euros dépasse donc légèrement le budget facial actuel et ne peut pas être reprise telle quelle comme économie nette. [1][2]

L’analyse doit donc distinguer les fonctions à éteindre, celles à transférer et celles à recréer ponctuellement. C’est cette cartographie, plus que l’étiquette de l’institution, qui permet de déterminer l’économie récurrente après transition.

Statut du chiffrage. Le Plan associe historiquement à cette mesure 36 millions d’euros par an. Ce montant est conservé comme cible à auditer, jamais comme économie acquise.

Le budget réel de 2026 fixe la borne haute

Les articles 69 à 71 de la Constitution organisent le CESE. Sa suppression exige donc une révision constitutionnelle, puis des textes de conséquence pour supprimer ou transférer ses missions et traiter personnels, biens, contrats, archives et procédures de consultation qui le mentionnent. [1]

Le véhicule juridique inscrit dans le corpus historique reste un repère, mais il n’est pas reproduit sans examen. Le chapitre retient le niveau de norme réellement nécessaire : Constitution, loi organique, loi ordinaire, décret, règlement d’assemblée ou décision de gestion. Cette hiérarchie est essentielle, car une réforme mal qualifiée peut perdre des mois dans une procédure inutile ou, à l’inverse, être juridiquement fragile parce qu’un texte trop faible a été choisi.

Repère visuel — du texte au résultat net. Chaque étape doit produire une preuve vérifiable ; une étape manquante reste une hypothèse.
Institution actuelleMissionsRéforme juridiqueTransitionCoût résiduel

Chaque étape doit produire une preuve vérifiable ; une étape manquante reste une hypothèse.

Que devient la fonction consultative ?

La vraie question est de savoir quelles fonctions doivent disparaître et lesquelles doivent être remplacées. Les consultations utiles ou obligatoires peuvent être réorientées vers le Parlement, des conventions temporaires, des auditions ciblées ou des consultations numériques. Chaque solution de remplacement doit être explicitement budgétée pour éviter de recréer le CESE sous plusieurs formes. [1][2]

La mise en œuvre doit être écrite avant l’entrée en vigueur : état initial, règle cible, autorité responsable, date, exceptions temporaires, données à publier et mécanisme de contrôle. Le pilote indiqué est Présidence / Parlement, mais le même acteur ne doit pas produire seul ses chiffres et certifier son propre résultat. Une seconde ligne de contrôle — Parlement, Cour des comptes, inspection, juridiction ou open data — doit pouvoir reproduire le calcul.

Cette exigence de reproductibilité est centrale pour Delta-Sierra. Le lecteur doit pouvoir revenir de la conclusion vers les données de départ, comprendre les hypothèses et identifier la part qui relève encore d’une décision politique. Une mesure peut être ambitieuse sans prétendre que ses paramètres sont déjà tous connus.

De 34,1 millions à une économie nette plus basse

L’économie brute ne peut pas dépasser les crédits effectivement évitables. Il faut retrancher reclassement des personnels, droits résiduels, coût ou réaffectation du Palais d’Iéna, contrats à résilier, archives et mécanismes de consultation recréés. Pendant la transition, le gain net sera donc inférieur au budget facial. [2]

Économie nette récurrente = coûts réellement supprimés − coûts recréés − charges transférées − coût annuel résiduel Le coût de transition de l’année 1 est publié séparément.

La méthode de calcul doit distinguer budget voté, dépense exécutée et hypothèse. Une enveloppe budgétaire n’est pas toujours intégralement consommée ; une dépense exécutée n’est pas toujours évitable ; une estimation comportementale n’a pas le même niveau de confiance qu’un compte certifié. Le rapport final devra donc attribuer à chaque composante un niveau de confiance et publier une fourchette lorsque la donnée ne permet pas une précision supérieure.

Le bloc Institutions comporte en outre des interactions fortes. Réduire le nombre de parlementaires modifie mécaniquement certains crédits collaborateurs ; supprimer une instance peut réduire des fonctions support déjà comptées ailleurs ; plafonner une rémunération peut affecter une prime traitée par une autre mesure. Le grand livre financier doit attribuer chaque flux à un propriétaire unique afin d’interdire tout double compte.

Une transition patrimoniale et sociale à solder

Le calendrier de référence comporte quatre phases. Phase 1 — base zéro : figer effectifs, contrats, indemnités, surfaces, prestations, textes et indicateurs avant réforme. Phase 2 — norme et préparation : adopter le texte, publier les instructions et adapter les systèmes. Phase 3 — transition : laisser expirer ou transférer les engagements en respectant les droits et la continuité du service. Phase 4 — stabilisation : mesurer douze mois complets à périmètre constant.

La transition n’est pas une note de bas de page. Elle peut contenir indemnités, mobilité de personnels, redécoupage, adaptation informatique, résiliation de marchés, réaffectation immobilière ou formation. Ces coûts doivent apparaître dans le tableau de bord, car une réforme dont la dépense initiale est forte peut rester pertinente si son économie récurrente l’amortit ; l’inverse est également vrai.

Ne pas remplacer une institution par trois dispositifs opaques

Supprimer une institution consultative peut accélérer certains circuits mais réduire un espace de représentation de la société civile. Le garde-fou est de définir avant la suppression un mécanisme de consultation moins coûteux, plus traçable et évalué sur son usage réel par les décideurs publics. [1]

Une objection sérieuse sert à construire un garde-fou. Pour Supprimer le Conseil économique, social et environnemental, il faut donc publier au moins trois familles d’indicateurs : un indicateur institutionnel ou de service, un indicateur budgétaire et un indicateur de risque. Si l’économie augmente tandis que la qualité s’effondre, la mesure n’est pas validée. Si la qualité progresse mais que le coût est simplement déplacé, elle n’est pas davantage validée.

La clause de réexamen doit être prévue dès l’origine. Douze à dix-huit mois après stabilisation, le Parlement ou le contrôleur désigné doit comparer la cible, le réalisé et les effets non anticipés. Les écarts ne sont pas un échec documentaire : ils sont précisément l’information qui permet de corriger une réforme au lieu de maintenir un chiffre devenu irréaliste.

Ce que devient chaque mission supprimée

Avant de supprimer l’institution, le législateur doit dresser la liste de ses missions obligatoires, facultatives et auto-saisies. Pour chacune, il faut décider explicitement : extinction, transfert, consultation ponctuelle ou remplacement numérique. Cette matrice évite le scénario classique dans lequel une structure disparaît mais où ses fonctions sont progressivement recréées dans plusieurs organismes moins visibles.

Le budget de remplacement doit être plafonné dès l’origine. Une consultation ponctuelle peut être plus souple qu’une assemblée permanente, mais elle peut aussi devenir coûteuse si les panels, prestations, événements et études se multiplient. La réforme doit donc publier le nombre de consultations, leur coût unitaire, leur utilisation par la décision publique et la part des recommandations effectivement examinées.

Enfin, les personnels, archives, bâtiments et contrats constituent la transition réelle. Leur traitement doit être décidé avant l’extinction juridique, avec un calendrier, une autorité responsable et un coût. Cette méthode permet de distinguer l’économie de régime stabilisé de la facture de fermeture et empêche d’annoncer la totalité du budget comme gain dès la première année.

La carte des missions avant extinction

Avant de supprimer une institution consultative, il faut cartographier ses missions légales, ses saisines, ses productions, ses personnels, ses contrats, son immobilier et les services qu’elle rend à d’autres administrations. Cette cartographie permet d’identifier ce qui disparaît réellement, ce qui peut être abandonné et ce qui devra être repris par une autre structure. Sans elle, le budget de l’institution est confondu à tort avec une économie nette.

Chaque mission doit recevoir une destination explicite : extinction, transfert, mutualisation ou remplacement par un mécanisme moins coûteux. Les coûts du transfert sont alors affectés à l’administration bénéficiaire et retirés de l’économie brute. Le même tableau doit préciser le sort des personnels, des contrats pluriannuels, des archives, des systèmes d’information et des bâtiments.

Le volet démocratique doit être traité au même niveau que le volet financier. Si une instance organisée disparaît, le Gouvernement ou le Parlement doit expliquer comment seront recueillies les contributions de la société civile, des organisations professionnelles et des territoires. Une suppression n’est robuste que si le nouveau canal de consultation est défini, moins coûteux et réellement accessible.

Ce qu’il faut démontrer avant de retenir la cible de 36 millions d’euros par an

La somme de 36 millions d’euros par an reste ici la cible historique du Plan, pas une créance budgétaire déjà acquise. Pour la transformer en économie inscrivable, le dossier d’impact doit publier une ligne par ligne : dépense de référence exécutée, fraction juridiquement et opérationnellement supprimable, année de disparition, coût de transition, charge reprise ailleurs et économie nette stabilisée. Lorsque la donnée manque, la case doit rester ouverte plutôt que d’être remplacée par une hypothèse invisible.

Le responsable opérationnel proposé — Présidence / Parlement — doit livrer cette réconciliation dans un format réutilisable, avec les pièces de source et la formule. Le contrôle externe doit pouvoir refaire le calcul sans demander de données confidentielles supplémentaires, ou expliquer précisément quelles données protégées sont indispensables. Le chiffre final peut donc être inférieur, supérieur ou temporairement nul : l’exigence de Delta-Sierra porte d’abord sur la traçabilité du résultat et l’absence de double compte avec les autres mesures du bloc.

Conclusion de la mesure 1.12. La cible historique de 36 millions d’euros par an reste un objectif à auditer. La réforme ne doit être créditée que de l’économie nette réellement constatée après transition, charges transférées et éventuels coûts recréés. La décision politique peut être tranchée avant que tous les montants soient connus ; le site, lui, ne doit jamais présenter une hypothèse comme un compte exécuté.
Ouvrir l’annexe technique : données à exiger avant de valider le chiffrage
Annexe technique — grille minimale de contrôle de la mesure 1.12
ÉtapePreuve attendueMomentTraitement
Base zéroDépense exécutée, effectifs, contrats, indemnités, immobilier et moyens directement liésAvant le texteÀ publier
Périmètre évitableLignes qui cessent réellement, avec date et base juridiqueÉtude d’impactÀ justifier
TransitionMobilité, indemnisation, redécoupage, IT, contrats, transfertsAnnée 1Séparée du récurrent
Coûts transférésCharges reprises par une autre administration ou un autre niveauAnnées 1–2À déduire
Résultat netÉconomie récurrente à périmètre constant et niveau de confianceAprès 12 mois stabilisésÀ auditer