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Mesure 138 / 155

11 — Aides, transparence et anticorruption · Mesure 11.05 · 138 / 155

Fraude aux prestations sociales : mieux détecter, sécuriser l’identité sociale et ne pas compter deux fois les récupérations

Mesure 11.05 — mieux détecter sans compter deux fois les mêmes récupérations.

Renforcer la mesure 11.05 par un Programme national d’identité sociale certifiée (PISC) : mieux certifier l’identité et l’existence, propager les anomalies établies entre régimes, protéger les droits et ne comptabiliser aucun milliard avant preuve expérimentale.

Bible France · page canoniqueMise à jour : 14 septembre 2026PISC · HCFiPS 2026 · SANDIA · preuve d’existence
Lecture de 11.05 : un signal n’est ni une fraude établie ni une économie. La chaîne va de l’anomalie documentaire au contrôle humain, à la décision contradictoire puis au gain net réellement attribuable.

En 30 secondes

DécisionRenforcer 11.05 avec le Programme national d’identité sociale certifiée (PISC), sans créer de 156e mesure.
Référence 2026≈ 14 Md€ de fraude à la sécurité sociale sur le périmètre actuellement évalué par le HCFiPS ; ce n’est pas une économie récupérable automatiquement.
Économie ajoutée au Plan0 € avant expérimentation et déduplication avec 6.10.
Coût / impact netCoût à chiffrer par pilote ; impact net indéterminé avant mesure des gains attribuables, coûts complets et recours.
Doctrine d’identitéCertification forte au fil de l’eau, recertification ciblée du stock ancien, marquage inter-régimes et voie physique universelle.
Garde-fouSuspicion documentaire → instruction → irrégularité ou fraude établie ; aucun score ne coupe automatiquement un droit.
Point de méthode : les « 30 Md€ » avancés en 2020 restent une controverse historique et un motif d’audit, pas une recette budgétaire certifiée.

1 · Diagnostic 2026

Pourquoi la mesure 11.05 doit évoluer

La fraude sociale existe, mais le débat public mélange trop souvent quatre objets différents : fraude évaluée, fraude détectée, indu ou redressement notifié et argent réellement encaissé ou paiement effectivement évité. La mesure 11.05 conserve cette séparation méthodologique et ajoute désormais un chantier qui n’était pas suffisamment développé : la certification robuste de l’identité sociale et de la preuve d’existence.

L’objectif n’est pas de prétendre que tout le système actuel est défaillant. Il est de sécuriser les zones documentaires résiduelles, d’accélérer la circulation d’une anomalie d’identité établie entre organismes, de traiter le stock ancien à risque et de mesurer séparément les gains, les coûts, les recours et les faux positifs.

Règle de consolidation : cette évolution renforce la mesure 11.05 et se rattache à 11.03. Le programme reste strictement composé de 155 mesures.

2 · Chiffre pivot

Ce que signifie réellement le chiffre de 14 Md€

≈ 14 Md€fraude à la sécurité sociale sur le périmètre actuellement évalué par le HCFiPS
36 %part attribuée aux assurés dans l’évaluation citée
12 %part attribuée aux professionnels ; le reste relève principalement du recouvrement des cotisations

Ce chiffre constitue le référentiel institutionnel 2026 à citer, avec ses limites. Il n’est ni le montant de fraude déjà encaissable, ni le rendement du PISC, ni une économie pouvant être ajoutée au grand livre. Une recertification d’identité ne peut, par construction, viser qu’une fraction de ce périmètre.

Source au point d’usage : HCFiPS — note annuelle de suivi et d’évaluation des fraudes sociales, 13 janvier 2026 ↗

3 · Controverse historique

Charles Prats : une alerte utile, pas 30 Md€ de fraude certifiée

Lors de son audition du 3 mars 2020, Charles Prats a proposé de « réenrôler » la population et de recertifier les numéros de sécurité sociale, en évoquant la biométrie. Son ordre de grandeur d’environ 30 Md€ provenait d’une multiplication entre environ 2,4 à 2,5 millions de situations qu’il estimait problématiques et environ 11 800 € de dépense sociale moyenne. Il parlait d’« enjeux de fraude ».

La mesure 11.05 conserve cette intervention comme signal historique justifiant un audit du stock, mais elle ne la transforme ni en fraude comptablement démontrée, ni en recette, ni en économie récupérable « en quelques mois ». Les contrôles parlementaires ultérieurs imposent précisément de ne pas extrapoler mécaniquement d’anciens échantillons.

Source au point d’usage : Assemblée nationale — audition de Charles Prats, 3 mars 2020 ↗

4 · Immatriculation

Comment fonctionne réellement SANDIA aujourd’hui

Pour les personnes nées à l’étranger, l’immatriculation définitive repose notamment sur un titre d’identité valide, un acte de naissance original et sa traduction, avec contrôles et outils documentaires tels qu’Agdref, Docverif, FADO et la lecture MRZ. En 2025, SANDIA a attribué un peu plus de 498 000 immatriculations.

12 %des demandes reçues en 2025 ont été rejetées comme non conformes.
3 %ont été rejetées pour irrégularité ou défaut de formalisme ; cela ne signifie pas 3 % de fraude financière.

Ces données montrent que le contrôle amont existe déjà et filtre effectivement des dossiers. Le PISC n’est donc pas présenté comme l’invention d’un contrôle absent : il vise à mieux certifier le stock ancien, mieux partager les anomalies établies et mieux mesurer les effets réels.

NIA : distinguer la procédure existante du complément PISC

Le numéro d’identifiant d’attente (NIA) dispose déjà d’une séquence de suivi : relance à trois mois, suspension à six mois, fin d’instruction à neuf mois lorsque les pièces nécessaires ne sont pas régularisées selon la procédure applicable. Le PISC ne revendique pas cette mécanique comme une invention : il propose de la raccorder à un tableau de bord national des motifs, délais, régularisations, faux positifs et paiements effectivement évités.

3 moisrelance6 moissuspension selon la procédure applicable9 moisfin d’instruction

Le constat utile pour 11.05 est institutionnel : le système est aujourd’hui beaucoup plus outillé qu’au début des années 2010, mais il reste un enjeu de qualité documentaire, de traçabilité et de propagation inter-régimes lorsqu’une fausse pièce ou une identité compromise est établie.

Source au point d’usage : Assemblée nationale — audition SANDIA, 12 février 2026 ↗

5 · Risque résiduel

Le 2,25 % SANDIA doit être présenté sans extrapolation

L’évaluation conjointe SANDIA–police aux frontières de novembre 2025 a mesuré, dans le périmètre audité, 2,25 % de dossiers contenant de fausses pièces. Ce taux ne peut être extrapolé ni à l’ensemble des NIR ni au montant des prestations frauduleuses.

Cette formulation est la doctrine retenue. Elle reconnaît un risque documentaire réel sans convertir un taux d’audit en milliards d’euros. Elle interdit également d’assimiler un rejet administratif, un défaut formel ou une suspicion à une fraude établie.

1. Suspicion documentaire signal à instruire2. Irrégularité établie pièce ou identité problématique confirmée3. Fraude établie décision fondée selon la procédure applicable

Source au point d’usage : Assemblée nationale — audition SANDIA, 12 février 2026 ↗

6 · Proposition

Programme national d’identité sociale certifiée (PISC)

Le PISC vise à garantir qu’un identifiant social correspond à une personne réelle et unique, que son statut d’existence est à jour et que les organismes sociaux disposent rapidement d’une information fiable lorsqu’une anomalie d’identité est confirmée — sans transformer la sécurité sociale en base biométrique centrale.

1. Statut inter-régimes

Statuts horodatés : certifié, provisoire/NIA, recertification requise, anomalie documentaire en instruction, fausse pièce établie, identité compromise confirmée, décès confirmé.

2. Marquage du NIR

Accélérer le chantier de propagation d’une anomalie confirmée entre SNGI et organismes, avec journal d’événements et responsabilité identifiée.

3. Stock ancien ciblé

Recertifier d’abord les cohortes définies par critères documentaires objectifs : dossiers anciens, pièces invérifiables, doublons ou signalements fondés.

4. Identité forte au fil de l’eau

Lors d’un événement sensible, privilégier France Identité/CNIe ou les parcours d’authentification forte déjà disponibles.

5. Voie physique

Préserver un parcours en présence pour les personnes sans smartphone ou nécessitant une instruction humaine.

6. État civil étranger

Approche pays par pays, documentation versionnée, QR lorsqu’ils existent, coopération consulaire et policière autorisée.

7. Preuve d’existence

Accélérer les certificats de vie biométriques, échanges de décès et contrôles physiques ciblés.

8. Fraude professionnelle séparée

Ne pas confondre fraude d’identité des assurés et fraudes de facturation des professionnels de santé.

9. Décision humaine et recours

Un score déclenche un contrôle ; il ne supprime pas automatiquement un droit. La décision défavorable doit être motivée et contestable.

10. Mesure expérimentale

Mesurer paiements bloqués à bon droit, indus, recouvrements, coûts, faux positifs, recours et rappels de droits avant toute consolidation budgétaire.

7 · Proportionnalité

Pourquoi ne pas créer une base nationale d’empreintes sociales

La biométrie peut servir à établir fortement une identité sans qu’il soit nécessaire de conserver une nouvelle base centrale d’empreintes digitales dans la sphère sociale. La doctrine retenue privilégie la CNI électronique, France Identité, l’appli carte Vitale et, lorsque nécessaire, une vérification physique assistée.

Cette architecture réduit la surface de risque en cas de compromission biométrique et répond mieux au principe de minimisation. Elle est aussi compatible avec une alternative non numérique pour éviter l’exclusion des personnes âgées, handicapées, non équipées ou dont l’état civil exige une analyse humaine.

Source au point d’usage : CNIL — points d’attention sur carte Vitale, carte d’identité et biométrie ↗

Source au point d’usage : Assurance Maladie — généralisation nationale de l’appli carte Vitale, novembre 2025 ↗

8 · Preuve d’existence

Retraités à l’étranger : environ 200 M€ de risque de paiement à tort, pas « 1 Md€ de fraude »

La Cour des comptes chiffre à environ 200 M€ le risque de paiement à tort dans le périmètre étudié pour les retraites versées à l’étranger, dont environ 130 M€ pour le régime général et 70 M€ pour l’Agirc-Arrco. Le terme à conserver est donc risque de paiement à tort, et non « fraude de 200 M€ ».

Depuis juin 2024, Mon certificat de vie permet déjà une preuve d’existence biométrique à distance. Le droit a également évolué pour faire de la biométrie une voie de principe à compter de 2028, avec des modalités alternatives. 11.05 propose d’accélérer ces dispositifs et les échanges d’état civil, plutôt que d’utiliser l’absence de mouvement bancaire, de soin ou de passage frontalier comme proxy de décès.

Source au point d’usage : Cour des comptes — fraudes aux retraites versées à l’étranger, RALFSS 2025 ↗

Source au point d’usage : Assurance retraite — justifier son existence à l’étranger ↗

9 · Périmètre

La fraude des professionnels de santé montre pourquoi l’identité n’est qu’une partie du sujet

L’assurance maladie concentre aussi des risques de facturation qui ne sont pas résolus par la certification d’identité d’un assuré. Les travaux de la Cour des comptes situent l’estimation de fraude aux prestations d’assurance maladie entre 3,8 et 4,5 Md€ et indiquent qu’une part majeure provient des professionnels. En 2025, la Cnam a annoncé 723 M€ détectés et stoppés.

Le PISC ne revendique donc pas ces montants. La détection des facturations anormales, centres de santé, transports, audioprothèse ou autres actes professionnels reste un chantier distinct et doit être dédupliqué de 11.05 lorsque le flux financier est déjà attribué ailleurs.

Source au point d’usage : Cour des comptes — RALFSS 2024, assurance maladie ↗

Source au point d’usage : Assurance Maladie — 723 M€ détectés et stoppés en 2025 ↗

10 · Choix d’architecture

Plans A, B et C

Plan A — prioritaire

Ciblage des cohortes à risque + certification forte au fil de l’eau. Rendement attendu à mesurer, coût et intrusion limités.

Plan B — repli

Ré-enrôlement universel numérique/physique sur 24 à 36 mois seulement si le pilote révèle un défaut systémique beaucoup plus large qu’attendu.

Plan C — non retenu en l’état

Ré-enrôlement intégral « en quelques mois » avec empreintes : charge logistique et juridique élevée, sans preuve d’une récupération de 30 Md€.

11 · Exécution

100 jours / 12 mois / 2028

J0–J30Figer les définitions, lancer AIPD/RGPD, définir le responsable de chaque flux et la baseline.
J0–J60Inventorier les cohortes à recertifier selon des motifs documentaires objectifs, sans utiliser la nationalité comme proxy.
J30–J100Prototyper le marquage inter-régimes et mesurer délai alerte→traitement, précision et faux positifs.
Mois 3–6Pilote d’identité forte : France Identité/CNIe, parcours vidéo autorisé ou voie physique.
Mois 3–12Accélérer preuve d’existence biométrique et échanges automatiques de décès ; contrôles physiques ciblés.
Mois 6–12Étendre seulement les parcours dont le pilote démontre proportionnalité, efficacité et rendement net.
2028Articuler le programme avec le régime légal de preuve d’existence alors applicable aux pensions à l’étranger.

12 · Droit, CNIL, RGPD

Matrice d’exécution juridique des dix briques PISC

Le PISC s’articule avec le droit existant ; il n’est pas présenté comme déjà « inscrit » dans une loi promulguée. Pour chaque brique, le tableau distingue le socle déjà mobilisable, le complément réglementaire ou technique à sécuriser, et le cas où une nouvelle disposition législative pourrait être nécessaire. La qualification définitive appartient au législateur, au pouvoir réglementaire et aux autorités compétentes après instruction juridique.

Sources au point d’usage : Loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 ↗ · Code de la sécurité sociale, art. L161-24-1 consolidé ↗ · CNIL — biométrie et carte Vitale ↗

13 · Doctrine financière

0 € d’économie ajoutée avant pilote ; coût à chiffrer ; impact net indéterminé

Économie ajoutée au Plan0 € avant expérimentation
Coûts ponctuels de transitionConception, développement SI, intégration, campagne initiale de recertification, audit de sécurité et formation.
Coûts annuels récurrentsExploitation, agents, assistance physique, cybersécurité, maintenance, contrôles et traitement des recours.
Impact netNon déterminé avant mesure du gain attribuable, des coûts complets et des recours.

La formule de consolidation est :

gain net attribuable = paiements évités à bon droit + recouvrements encaissés − coûts ponctuels amortis selon la méthode publiée − coûts récurrents − annulations/rappels imputables au dispositif.

Règle anti-double-compte au niveau du cas : un même euro ne peut jamais être enregistré à la fois comme paiement évité et comme recouvrement. Si le paiement n’a jamais été effectué, il relève du paiement évité ; s’il a été versé puis récupéré, il relève du recouvrement encaissé. En cas de montants partiels, les fractions doivent être identifiées séparément dans le grand livre avec un identifiant de cas et une période.

Les montants détectés, notifiés, redressés, évités et encaissés restent des catégories distinctes. Les 14 Md€ du HCFiPS ne sont jamais injectés tels quels dans le grand livre.

Source au point d’usage : Ministère de l’Économie et des Finances — bilan 2025 de la lutte contre les fraudes, avril 2026 ↗

14 · Tableau de bord

Mesurer la preuve et prévoir une clause d’arrêt

Identité

Stock par niveau de certification ; NIA ; recertification requise ; délais.

Qualité du contrôle

Fraude avérée après contradictoire, faux positifs, taux de recours et annulations.

Finance

Paiements évités, indus notifiés, encaissements, coûts complets, rappels de droits.

Retraites à l’étranger

Décès détectés, délai de notification, suspensions justifiées et rétablissements après erreur.

Clause d’arrêt : suspendre ou recalibrer une brique si le coût par fraude confirmée devient disproportionné, si le taux d’annulation ou de faux positifs franchit le seuil fixé avant pilote, si une base légale disparaît ou si un biais injustifié est démontré.

15 · Graphe des mesures

11.03, 11.05 et 6.10 : un seul euro, un seul propriétaire

11.03 porte l’actualisation des droits et la donnée juste ; 11.05 porte le programme matériel antifraude et d’identité sociale certifiée ; 6.10 peut fournir des outils d’analyse. Si un même flux financier est détecté par 6.10 puis récupéré par 11.05, il ne peut être compté qu’une seule fois.

Le registre de déduplication doit donc conserver un identifiant de flux, un propriétaire budgétaire, le stade du dossier et l’état d’encaissement.

16 · Traçabilité

Sources primaires et institutionnelles

Date de consolidation : 14 septembre 2026. La page distingue systématiquement estimation, détection, indu, recouvrement, paiement évité et gain net.

Statut financier de la mesure

Le PISC ne reçoit aucun milliard forfaitaire. Le statut financier distingue l’économie revendiquée, le coût de mise en œuvre et l’impact net.

Économie ajoutée au Plan
0 € avant expérimentation.
Coût de mise en œuvre
À chiffrer par pilote : systèmes d’information, interfaces inter-régimes, agents, assistance physique, cybersécurité, audit et contentieux.
Impact budgétaire net
Non déterminé avant mesure du gain attribuable, des coûts complets et des recours.
Référentiel 2026
HCFiPS : ≈14 Md€ de fraude à la sécurité sociale sur le périmètre actuellement évalué ; ce référentiel n’est pas un rendement du PISC.
Mesure liée
6.10 — IA antifraude : outil potentiel ; aucun double compte avec 11.05.
Consolidation
Après pilote seulement : paiements évités à bon droit + recouvrements encaissés − coûts additionnels − annulations/rappels imputables.

Zéro signifie ici zéro économie revendiquée avant preuve, et non zéro coût réel.

Données publiques de référence · millésime 2024

Aides et protection sociale : 982,2 Md€ de dépenses en 2024

Avant de discuter la mesure 11.05, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Dépenses de protection sociale982,2 Md€2024
Part du PIB33,6 %2024
Prestations sociales932,5 Md€2024

Calcul de contrôle : 932,5 ÷ 982,2 × 100 ≈ 94,9 % : les prestations représentent l’immense majorité des dépenses de protection sociale.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Une mesure d’aide ou de contrôle doit distinguer montant versé, population éligible, non-recours, indus, fraude, frais de gestion et effets de seuil. Un montant global ne dit rien de la qualité du ciblage.

Application à « Fraude aux prestations sociales : mieux détecter, sécuriser l’identité sociale et ne pas compter deux fois les récupérations » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 11.05

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Fraude aux prestations sociales : mieux détecter, sécuriser l’identité sociale et ne pas compter deux fois les récupérations » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Aides, transparence et contrôle. Relever avant toute réforme les données portant sur couverture, ciblage, taux d'erreur, délais de publication, récupération des indus et coût du contrôle. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

La transparence n'est pas le nombre de fichiers publiés : elle se mesure à l'exhaustivité, l'actualité, la qualité et la possibilité de vérifier.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Précision = vrais positifs ÷ alertes ; rappel = vrais positifs ÷ cas réellement positifs

Un système de détection doit publier ses faux positifs, faux négatifs, voies de recours et temps humain de vérification. Un taux de détection élevé sans dénominateur n'est pas une preuve de performance.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Fraude aux prestations sociales : mieux détecter, sécuriser l’identité sociale et ne pas compter deux fois les récupérations », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 11.05

Qui décide, qui applique et comment prouver que le PISC améliore réellement 11.05 ?

La preuve d’exécution suit une chaîne : base légale → statut d’identité → contrôle humain → décision → recours → effet financier net. Un marquage informatique ou un nombre d’alertes n’est pas un résultat budgétaire.

1. Acte à préparer

Cartographier brique par brique le droit déjà applicable, les décrets nécessaires et les éventuelles dispositions législatives nouvelles.

2. Responsable identifiable

DSS et organismes concernés, avec un propriétaire explicite pour chaque statut d’identité, chaque flux et chaque décision.

3. Preuve de déploiement

Prototype de marquage inter-régimes, cohortes de recertification définies, voie physique ouverte, journal des accès et des décisions.

4. Preuve de résultat

Fraudes confirmées après contradictoire, paiements évités à bon droit, encaissements, coût complet, faux positifs, recours et rappels de droits.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceFiger définitions, périmètre, baseline, coûts et règles de qualification.
100 jours — pilote techniqueTester marquage NIR, propagation inter-régimes et taux de faux positifs.
12 mois — résultat attribuablePublier gain net, coût/dossier, recours, annulations et non-recours.
2028 — articulation légaleRéexaminer l’architecture au regard du régime de preuve d’existence alors applicable.

Test anti-illusion

Test anti-illusion : une hausse des alertes, des dossiers marqués ou des créances notifiées n’est pas un succès si les fraudes confirmées, le recouvrement net et la qualité du service ne progressent pas.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 11.05

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Gain net attribuable au PISC après coûts et recours

Unité : € constants/an.

Fréquence

trimestrielle pendant le pilote, puis annuelle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

Organismes payeurs + consolidation DSS + contrôle indépendant.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

paiements évités à bon droit + recouvrements encaissés − coûts additionnels − annulations/rappels imputables

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

Objectif : démontrer un gain net positif sans hausse disproportionnée des faux positifs, des annulations en recours ou du non-recours légitime.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

non-recours, indus, fraude établie, délai, faux positifs. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Interactions avec les autres mesures

11.05 porte le programme antifraude et d’identité sociale certifiée ; 11.03 porte l’actualisation des droits ; 6.10 fournit des outils d’analyse. Les flux financiers partagés doivent être dédupliqués dans un registre unique.

Le grand livre financier attribue donc chaque flux à un propriétaire unique ; les autres mesures peuvent mentionner l’interaction sans revendiquer une seconde fois le même montant.