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Mesure 143 / 155

11 — Aides, transparence et anticorruption · Mesure 11.10 · 143 / 155

Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable

En 2026, le seuil de 25 000 € existe déjà pour une déclaration simplifiée. La réforme consiste à automatiser et standardiser la publication, pas à prétendre inventer ce seuil.

Bible France · page canoniqueMise à jour : 13 août 2026Droit 2026 vérifié
Schéma documentaire — Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable
Lecture visuelle de la mesure 11.10 : le schéma montre la chaîne de décision et les garde-fous propres au sujet, sans confondre activité, économie et résultat.

En 30 secondes

DécisionMarchés publics dès 25 000 €
Nature financièreEffet structurel ; gains indirects non comptés
VéhiculeDécret / arrêté / systèmes d’achat
Statut des donnéesHypothèse documentée ou ordre de grandeur étayé
PiloteÉconomie / DAJ / acheteurs
RègleAucun gain n’est ajouté sans assiette, période et anti-double-compte.

Pourquoi cette mesure ?

La transparence des marchés publics ne se résume pas à publier des avis. Elle doit permettre à un citoyen, une entreprise, un journaliste ou un contrôleur de relier acheteur, titulaire, montant, objet, date, modifications et procédure. Le seuil de 25 000 € n’est pas une invention de Delta-Sierra : en 2026, il existe déjà un régime simplifié de déclaration de cinq données à partir de ce niveau, tandis que le régime normal reste à 40 000 € HT. La mesure consiste donc à transformer cette obligation minimale en flux national automatique et exploitable.

Pour 11.10, le critère de réussite n’est donc pas le nombre de nouvelles règles adoptées mais la transformation observable du mécanisme « Marchés publics dès 25 000 € ». Avant le déploiement national, le dossier fixe l’état de départ, le public concerné, le responsable de la donnée et la procédure de recours. Cette discipline permet de distinguer une proposition politique — légitime à débattre — d’une économie ou d’un résultat déjà démontré. Elle rend également possible un abandon documenté si l’expérimentation montre que le coût administratif, le risque juridique ou l’effet social est supérieur au bénéfice.

État des lieux en 2026 : partir de ce qui existe réellement

La Direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie a confirmé en mars 2026 le maintien des seuils de 25 000 € HT pour le régime simplifié et de 40 000 € HT pour le régime normal de données essentielles, alors même que le seuil de dispense de publicité et mise en concurrence pour certaines fournitures et services a été relevé à 60 000 € HT. Les outils et schémas de données existent. Le problème est la complétude, l’automatisation depuis les logiciels d’achat et la capacité à suivre les avenants et dépenses fractionnées.

Source au point d’usage : DAJ — seuils de déclaration des données essentielles, 26 mars 2026 ↗

11.10 part d’un mouvement de dématérialisation et de publication des données essentielles de la commande publique déjà bien engagé. La réforme doit donc préciser le seuil et surtout la qualité des données supplémentaires attendues : identifiant de l’acheteur, titulaire, objet, montant, durée, modifications et liens permettant le rapprochement entre procédures. Publier davantage de lignes sans normaliser les identifiants produit un volume d’open data difficile à contrôler. L’objectif est de rendre les marchés comparables et traçables dans le temps, pas seulement de faire descendre un seuil. [source]

Démonstration financière : brut, net, transition et double compte

La mesure n’inscrit pas une économie autonome car l’open data n’est pas un recouvrement. Le coût est celui des connecteurs, de la qualité des données et du support aux petits acheteurs. Les gains potentiels — meilleure concurrence, détection d’anomalies, prévention du fractionnement — sont attribués seulement lorsqu’un audit démontre une dépense évitée. Un indicateur utile est le coût de publication par marché : si le flux est automatique depuis le logiciel de gestion, il doit tendre vers un coût marginal très faible.

La baisse d’un seuil de publication ne crée pas directement une économie égale au montant des marchés nouvellement visibles. Le coût comprend l’adaptation des logiciels d’achat, le contrôle de qualité, la mise en conformité des petits acheteurs et l’exploitation du portail. Les économies éventuelles apparaissent seulement si la transparence améliore la concurrence, réduit des irrégularités ou permet des achats mutualisés ; elles doivent alors être mesurées sur des transactions concrètes. 11.10 doit donc être classée principalement comme mesure de transparence et de contrôle, avec bénéfices financiers constatés ex post.

Mesure 11.10 — Effet structurel ; gains indirects non comptés. Le total national ne reçoit que les flux budgétaires démontrés et propriétaires de la mesure.

Droit applicable et mise en œuvre

Le Code de la commande publique encadre la transmission des données essentielles. Les arrêtés définissent les champs et formats. Une réforme peut abaisser le seuil du régime complet, enrichir le schéma ou imposer la transmission automatique sans modifier toutes les règles de passation. Les secrets protégés — défense, sécurité, secret industriel ou données personnelles — nécessitent des exceptions précisément définies ; elles ne doivent pas devenir un motif générique de non-publication.

Le véhicule « Décret / arrêté / systèmes d’achat » décrit la voie principale de 11.10, pas une formule magique. Les textes secondaires, les consultations, la protection des données, les règles budgétaires et les droits transitoires peuvent exiger plusieurs actes successifs. L’analyse distingue donc ce qui relève de la loi, du règlement, de la doctrine administrative et de l’organisation interne. Une difficulté sur une couche ne justifie pas de contourner la hiérarchie des normes : le Plan B change le chemin d’exécution tout en conservant les garanties et le droit au recours.

Plans A, B et C : maintenir l’objectif sans contourner le droit

Plan A

Rendre automatique la remontée au portail national dès 25 000 € avec un schéma enrichi et validation de qualité dans les logiciels d’achat.

Plan B

Si le régime complet à 25 000 € est trop lourd pour les petits acheteurs, conserver cinq données obligatoires mais ajouter titulaire normalisé, objet, durée et avenants via connecteur simplifié.

Plan C

Si certains marchés sensibles ne peuvent être publiés en détail, publier des métadonnées minimales et la base légale de l’exception, puis permettre un contrôle sécurisé par les autorités compétentes.

Si une obligation uniforme à 25 000 euros crée une charge disproportionnée pour certains petits acheteurs, le Plan B conserve le seuil mais impose un format de données plus riche et un dépôt automatique depuis les outils de gestion. Le Plan C cible les secteurs ou types de marchés présentant les risques les plus élevés. Ces replis permettent de maintenir la traçabilité sans prétendre que la seule baisse du seuil est l’unique voie. Leur coût doit être comparé en fonction du nombre de publications supplémentaires et du travail manuel réellement nécessaire.

Risques, objections et garde-fous

La transparence peut être contournée par des données incomplètes, des noms de titulaires écrits différemment, des avenants non reliés ou un fractionnement des achats. À l’inverse, publier des informations protégées peut nuire à la sécurité ou au secret des affaires. Le système doit donc associer identifiants normalisés, contrôles de cohérence, gestion des exceptions et journal des corrections.

La réforme doit être recalibrée si les petits achats génèrent une charge de saisie supérieure à l’utilité des données obtenues ou si la baisse du seuil augmente surtout les erreurs de publication. Le retour à un seuil plus élevé peut alors être compensé par une automatisation meilleure ou un ciblage des catégories sensibles. La transparence ne doit pas devenir une formalité qui détourne du contrôle réel : une donnée incomplète ou publiée sous un identifiant instable peut créer l’apparence de l’open data sans permettre aucun audit sérieux.

Indicateurs, audit et preuve de réussite

Tableau minimal : marchés publiés ; taux de complétude ; délai de publication ; avenants reliés ; acheteurs connectés automatiquement ; exceptions ; erreurs de SIRET ; marchés fractionnés détectés ; réutilisations ; coût de publication.

11.10 doit suivre le taux de marchés publiés dans les délais, la proportion de champs complets, la stabilité des identifiants acheteur/titulaire, le nombre de modifications rattachées au contrat initial et la part des données exploitables automatiquement. Un indicateur distinct mesure les anomalies détectées grâce au rapprochement des données, sans les convertir immédiatement en économies. La performance du dispositif réside dans la capacité à suivre un marché de sa notification à ses avenants, pas dans le volume brut de lignes diffusées.

Approfondissement : ce que la synthèse ne doit pas cacher

Le seuil de 25 000 € est déjà dans le droit

La page ne revendique plus la création d’un seuil existant. Elle part du régime simplifié actuel et propose une information plus riche et surtout plus automatique. Cette actualisation évite de présenter une réforme 2026 comme si le droit était resté en 2023.

La démonstration de 11.10 doit suivre un échantillon de marchés et vérifier si un tiers peut retrouver l’acheteur, le titulaire, le montant initial, les modifications et la date de fin à partir des données publiées. Ce test de reconstitution est plus exigeant qu’un simple comptage de fichiers. Il permet également de mesurer la dette de qualité : champs manquants, identifiants incohérents, doublons ou avenants orphelins. Les corrections prioritaires doivent viser ces défauts avant d’élargir massivement le périmètre de publication.

L’avenant fait partie de l’histoire du marché

Un contrat initial à 30 000 € peut évoluer fortement. L’open data doit donc relier chaque modification au marché source et afficher le montant cumulé. Sans cette chaîne, le contrôle de la dépense reste incomplet.

La donnée doit être réutilisable sans nettoyage artisanal

Un fichier techniquement ouvert mais rempli de formats libres et de doublons n’est pas une vraie transparence. Les identifiants d’acheteurs et de titulaires, dates, montants et catégories doivent suivre un schéma stable permettant l’analyse nationale.

Le seuil de 25 000 euros n’est qu’un début

Avant toute décision sur la publication des marchés publics à partir de 25 000 euros, il faut définir précisément ce que l’on cherche à obtenir : transformer une obligation de données en base nationale exploitable pour le contrôle, la comparaison des prix et la détection d’anomalies. Les règles de données essentielles maintiennent en 2026 un régime simplifié à partir de 25 000 euros et un régime de droit commun à un seuil supérieur. La réforme doit respecter ces catégories et améliorer la qualité des données transmises.

Le dispositif administratif doit être décrit sans zone grise. L’effort doit porter sur l’identifiant de l’acheteur, du titulaire, l’objet, le montant, la durée, les modifications et la qualité du schéma. Les données doivent être consolidées, dédupliquées et accessibles par API.

Qualité des identifiants et des modifications

Le volet financier repose sur une assiette qui doit rester identifiable. Le coût est celui de la production et de la qualité de la donnée ; l’économie éventuelle provient ensuite de meilleurs achats ou de fraudes évitées et doit être attribuée aux actions qui utilisent la base, pas à la publication seule.

Les indicateurs utiles ne sont pas des volumes d’activité mais des preuves de résultat. Le tableau de bord doit suivre taux de publication, complétude des champs, délai de mise à disposition, taux de correction et couverture des modifications contractuelles.

Le cas suivant sert de test unitaire : Un marché initial à 30 000 euros porté ensuite à un montant beaucoup plus élevé par modifications teste si la transparence suit réellement le cycle du contrat.

La condition de poursuite doit être explicite. Une ouverture massive avec champs manquants, identifiants incohérents ou modifications absentes crée l’illusion de transparence sans permettre l’analyse. Le mécanisme doit en outre répondre à cette objection : La nouvelle API de données essentielles constitue un levier pour standardiser la collecte, mais la qualité doit être mesurée sur les données effectivement reçues.

L’open data ne produit pas seul une économie

Le risque de mauvaise attribution est le suivant : Une ouverture massive avec champs manquants, identifiants incohérents ou modifications absentes crée l’illusion de transparence sans permettre l’analyse.

La mesure doit pouvoir répondre honnêtement à cette objection : La nouvelle API de données essentielles constitue un levier pour standardiser la collecte, mais la qualité doit être mesurée sur les données effectivement reçues.

Le dossier financier doit pouvoir être relu indépendamment du reste de la page. Pour contrôler ce calcul, le tableau de bord doit suivre taux de publication, complétude des champs, délai de mise à disposition, taux de correction et couverture des modifications contractuelles.

Open data des marchés : publier aussi les modifications qui changent l’économie du contrat

Suivre la vie du contrat

La valeur initiale d’un marché ne suffit pas à comprendre ce que la personne publique paie réellement. Avenants, prolongations, options, reconductions et modifications de prix peuvent transformer fortement l’économie du contrat. Une base réellement exploitable doit permettre de relier ces événements au marché d’origine avec un identifiant stable.

Mesurer la qualité des identifiants

La qualité de la donnée doit être testée sur quelques champs essentiels : identifiant acheteur, identifiant titulaire, objet, montant, date, durée, procédure, modifications et sous-traitance lorsqu’elle est publiée. Un fichier comportant 100 % de lignes mais 20 % d’identifiants incohérents reste très difficile à croiser avec les comptes des entreprises ou les autres contrats publics.

Publier un taux de complétude

Le seuil de 25 000 euros peut donc être accompagné d’un indicateur de complétude. Pour chaque acheteur, le tableau de bord publie le nombre de marchés attendus, le nombre effectivement transmis, les corrections demandées et le délai moyen entre attribution et mise à disposition. Le but n’est pas de sanctionner une erreur de saisie isolée, mais d’identifier les organismes dont la publication reste structurellement incomplète.

Ne pas compter l’open data comme économie

L’économie potentielle ne vient jamais de l’open data en soi. Elle apparaît uniquement si la donnée permet un contrôle, une mise en concurrence, une détection d’anomalie ou une meilleure négociation. Le grand livre doit donc inscrire le coût de publication et de contrôle séparément des économies éventuellement attribuées à d’autres mesures sur la commande publique.

Sources primaires et institutionnelles

Date de vérification : 13 août 2026.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
dépense ou coût de mise en œuvre
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

La mesure n’inscrit pas une économie autonome car l’open data n’est pas un recouvrement. Le coût est celui des connecteurs, de la qualité des données et du support aux petits acheteurs. Les gains potentiels — meilleure concurrence, détection d’anomalies, prévention du fractionnement — sont attribués seulement lorsqu’un audit démontre une dépense évitée. Un indicateur utile est le coût de publication par marché : si le flux est automatique depuis le logiciel de gestion, il doit tendre vers un coût marginal très faible.

Données publiques de référence · millésime 2024

Aides et protection sociale : 982,2 Md€ de dépenses en 2024

Avant de discuter la mesure 11.10, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Dépenses de protection sociale982,2 Md€2024
Part du PIB33,6 %2024
Prestations sociales932,5 Md€2024

Calcul de contrôle : 932,5 ÷ 982,2 × 100 ≈ 94,9 % : les prestations représentent l’immense majorité des dépenses de protection sociale.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Une mesure d’aide ou de contrôle doit distinguer montant versé, population éligible, non-recours, indus, fraude, frais de gestion et effets de seuil. Un montant global ne dit rien de la qualité du ciblage.

Application à « Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 11.10

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Aides, transparence et contrôle. Relever avant toute réforme les données portant sur couverture, ciblage, taux d'erreur, délais de publication, récupération des indus et coût du contrôle. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

La transparence n'est pas le nombre de fichiers publiés : elle se mesure à l'exhaustivité, l'actualité, la qualité et la possibilité de vérifier.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 11.10

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Marchés publics dès 25 000 € : rendre l’open data automatique, comparable et réellement exploitable, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi, règlement, convention ou système d'information selon le dispositif ; le fondement du contrôle et les voies de recours doivent être explicites.

2. Responsable identifiable

Administration ou organisme payeur, collectivités et corps de contrôle selon l'aide ou le marché concerné.

3. Preuve de déploiement

Population éligible, données utilisées, règles de calcul, contrôles, notification et recours documentés ; open data lorsqu'il est légalement possible.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier complétude, fraîcheur, format exploitable, documentation et taux de réutilisation. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Confondre anomalie, indu et fraude ; réduire les versements sans vérifier si le non-recours légitime augmente. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 11.10

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Droit correctement servi et transparence

Unité : % + €.

Fréquence

mensuelle / trimestrielle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

organisme payeur / autorité de contrôle.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

dossiers corrects ou données complètes ÷ périmètre attendu

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

seuil open data de 25 000 €

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

non-recours, vie privée, faux positifs, délais. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Interactions avec les autres mesures

Cette mesure doit être rapprochée des réformes qui touchent les mêmes effectifs, crédits, systèmes ou compétences. Une économie ne peut être comptée deux fois parce que deux mesures contribuent au même résultat.

Le grand livre financier attribue donc chaque flux à un propriétaire unique ; les autres mesures peuvent mentionner l’interaction sans revendiquer une seconde fois le même montant.