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Bible Mars — Personnalités

Adam Steltzner

Le bassiste de rock qui voulut comprendre pourquoi Orion avait bougé est devenu l’ingénieur de la grue céleste : il a dirigé l’atterrissage de Curiosity, ses « sept minutes de terreur », puis l’ingénierie de Perseverance.

ingénieur, Jet Propulsion Laboratory

Portrait illustré d’Adam Steltzner
Illustration ; provenance exacte non vérifiée.
Formation
College of Marin ; UC Davis (licence, 1990) ; Caltech (maîtrise, 1991) ; université du Wisconsin (doctorat)
Institution
Jet Propulsion Laboratory
Rôles
Responsable de l’entrée, de la descente et de l’atterrissage de Curiosity ; ingénieur en chef de Mars 2020
Invention
La grue céleste, conçue avec son équipe à partir de 2003
Lien avec Mars
L’atterrissage de Curiosity, en août 2012

5 chapitres et 4 annexes : environ 1 900 mots, soit 10 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.

Première partie

Du rock à l’ingénierie

1970 – 2003

Chapitre 1 · Années 1970 – 1984 Un bassiste regarde Orion

À vingt ans, Adam Steltzner joue de la basse dans des groupes de rock de la baie de San Francisco. Rien ne laisse prévoir qu’il posera un jour un rover sur Mars. Une constellation va changer sa route.

Un élève qui ne venait pas en cours

Il grandit dans le comté de Marin, au nord de San Francisco. Au lycée, il refuse d’assister à la plupart des cours, sauf le théâtre ; il en fait juste assez pour obtenir son diplôme, qu’il ne va jamais chercher. Son père lui prédit qu’il ne sera jamais qu’un terrassier. Après un court passage au Berklee College of Music de Boston, il revient dans la baie et joue de la basse dans des groupes locaux. Il rêve d’être une rock star.

Pourquoi les étoiles bougent

En 1984, en rentrant d’un concert avec un groupe new wave, il traverse le Golden Gate Bridge et remarque qu’Orion n’est plus au même endroit dans le ciel. Il veut comprendre pourquoi les étoiles se déplacent. Il s’inscrit au College of Marin, un établissement d’enseignement supérieur public de proximité, pour suivre un cours d’astronomie. Mais il faut d’abord suivre un cours de physique sans mathématiques, donné par Stephen Prata. « Il transmettait l’enthousiasme d’apprendre, se souvient-il. J’étais accroché. »

Dans la physique et l’ingénierie, il trouve des règles tangibles : « Voilà enfin du solide. » Il se met à étudier avec une intensité qu’il compare à celle d’un moine. Il restera un défenseur de ces établissements de proximité : « Ce n’est pas une question de prestige, ni de résultats aux examens d’entrée. »

Sources : J. Ouellette, « The Brilliance Behind the Plan to Land Curiosity on Mars », Smithsonian Magazine, décembre 2013 (comté de Marin, le lycée et le théâtre, le diplôme jamais retiré, le père et le terrassier, Berklee, la basse, la rock star, Orion depuis le Golden Gate Bridge, « Here was bedrock », le moine) ; California Community Colleges, page « Adam Steltzner » (1984, groupe new wave, Orion, College of Marin, cours de Stephen Prata, « He conveyed an excitement of learning », « I was hooked from there », « It’s not about prestige, it’s not about your SAT scores »). Les paroles sont traduites de l’anglais.

Chapitre 2 · 1985 – 2003 Des études tardives et un poste décroché au téléphone

Le musicien devient ingénieur. Il entre au JPL à force d’insistance et y trouve une culture qui lui convient : on n’y révère que la vérité.

Davis, Caltech, Wisconsin

Après trois semestres au College of Marin, il rejoint l’université de Californie à Davis, où il obtient en 1990 une licence d’ingénierie mécanique. Il poursuit au California Institute of Technology, où il obtient en 1991 une maîtrise de mécanique appliquée. Il décroche son premier poste au JPL en appelant des chercheurs les uns après les autres jusqu’à ce que l’un d’eux accepte de l’embaucher dans le groupe des structures et de la dynamique des vaisseaux. Il prépare ensuite un doctorat à l’université du Wisconsin à Madison, tout en travaillant à distance pour le JPL pendant l’année universitaire ; selon Wikipédia, sa thèse, soutenue en 1999, porte sur l’estimation des forces d’entrée et les filtres structuraux inverses.

Une culture de vérité

Le JPL, dit-il, « révère la vérité. Il n’y a pas de vache sacrée, pas de dogmatisme. » Il aime se placer « du côté raide de la courbe d’apprentissage », sur des problèmes sans précédent. Il travaille sur Galileo, Cassini, Mars Pathfinder, puis sur les rovers Spirit et Opportunity, où il est chargé des parachutes. Les premiers essais tournent mal : un parachute se déchire en morceaux à l’ouverture, puis un autre ne se gonfle pas complètement. L’équipe résout ces problèmes, et les deux rovers se posent sans encombre en 2004.

Sources : California Community Colleges, page « Adam Steltzner » (trois semestres au College of Marin, licence de Davis) ; recherche Web résumant l’université de Californie à Davis (licence d’ingénierie mécanique en 1990) ; J. Ouellette, Smithsonian Magazine, décembre 2013 (Caltech en 1991, mécanique appliquée, les appels téléphoniques, le groupe des structures et de la dynamique, le doctorat au Wisconsin en travaillant à distance, « reveres the truth. There are no sacred cows, there is no dogmatism », « the steep end of the learning curve ») ; Wikipédia en anglais, « Adam Steltzner » (thèse de 1999, Galileo, Cassini, Pathfinder, MER ; source tertiaire) ; NASA, podcast « Houston We Have a Podcast », « Concepts Near Science Fiction », 5 juin 2020 (responsable des parachutes des MER, le parachute déchiré, le « squidding », les atterrissages réussis). Les paroles sont traduites de l’anglais.

Deuxième partie

Poser et prélever

2003 – 2025

Chapitre 3 · 2003 – 2012 Sept minutes de terreur

Curiosity est trop lourd pour rebondir sur des coussins gonflables. En 2003, Adam Steltzner et son équipe s’enferment trois jours pour trouver une autre façon de le poser. Ils inventent la grue céleste.

Trois jours de remue-méninges

Il dirige l’équipe d’ingénierie mécanique, puis l’ensemble de l’équipe de l’entrée, de la descente et de l’atterrissage de Mars Science Laboratory, une cinquantaine de personnes pendant une dizaine d’années. Lors de trois jours de réflexion en 2003, l’équipe écarte un atterrisseur à trois pieds, trop instable pour le poids de Curiosity. Elle retient une idée étrange : rester attachés, sortir ensemble, voler ensemble, puis descendre le rover au bout de câbles depuis un étage propulsé qui flotte au-dessus du sol.

« Le résultat d’une réflexion d’ingénieur »

Le 22 juin 2012, le JPL publie une vidéo : « Les sept minutes de terreur de Curiosity ». Steltzner y reconnaît que le système paraît étrange, mais qu’il est « le résultat d’une réflexion d’ingénieur raisonnée ». La descente, du haut de l’atmosphère au sol, dure environ sept minutes ; les signaux mettant environ quatorze minutes à atteindre la Terre, quand on apprend que le vaisseau touche l’atmosphère, il est déjà posé, ou détruit, depuis sept minutes. Le bouclier thermique atteint quelque 1 600 degrés et rougeoie. À une vingtaine de mètres du sol, le rover est descendu au bout d’un câble d’environ sept mètres et posé sur ses roues.

La nuit du 5 août

Pendant les jours précédents, une anomalie du radar inquiète toute l’équipe. Le soir de l’atterrissage, le 5 août 2012 en Californie, le 6 en temps universel, il regarde l’écran : neuf ans de travail se jouent. « Au fond de moi, j’attendais que quelque chose tourne mal. J’étais rationnellement confiant et émotionnellement terrifié. » Quand la grue céleste entre en action, il se dit : « Vraiment ? Neuf ans, et ça va simplement se produire. » Al Chen annonce : « Atterrissage confirmé. » Curiosity est sur Mars.

Sources : J. Ouellette, Smithsonian Magazine, décembre 2013 (direction de l’équipe mécanique de l’EDL, les trois jours de 2003, l’atterrisseur à trois pieds, « You stay attached, come out together and do all your flying… », neuf ans, « In the back of my mind I was waiting for something to go wrong », « I was rationally confident and emotionally terrified », « I am like, really? », « Nine years and it’s just going to happen », « Touchdown confirmed ») ; Wikipédia en anglais, « Adam Steltzner » (équipe d’une cinquantaine de personnes pendant une décennie, anomalie du radar pendant près de 72 heures, atterrissage du 6 août 2012 en temps universel ; source tertiaire) ; NASA/JPL, « Curiosity’s Seven Minutes of Terror », vidéo du 22 juin 2012 (« the result of reasoned, engineering thought », sept minutes, quatorze minutes, 1 600 degrés, 20 mètres, câble de 21 pieds) ; NASA, « Here’s How Curiosity’s Sky Crane Changed the Way NASA Explores Mars », 7 août 2024 (atterrissage du 5 août 2012). Le câble de 21 pieds a été converti par nos soins. Les paroles sont traduites de l’anglais.

Chapitre 4 · 2013 – 2025 Une montre suisse sur Mars

Après Curiosity, Adam Steltzner devient l’ingénieur en chef de Mars 2020. Le nouveau rover doit faire une chose qu’aucun robot n’a jamais faite : remplir et sceller des tubes d’échantillons destinés à revenir sur Terre.

Trois robots à la place de deux astronautes

« On ne peut s’empêcher d’admirer ce qui a été accompli au temps d’Apollo, dit-il en 2020, mais ils avaient un avantage que nous n’avons pas : des bottes sur le sol. Pour collecter les premiers échantillons de Mars, au lieu de deux astronautes, nous avons trois robots qui doivent travailler avec la précision d’une montre suisse. » Le système de prélèvement et de stockage doit forer seul la roche martienne, en extraire des carottes intactes, puis les sceller hermétiquement dans des tubes presque totalement débarrassés de matière organique terrestre. « En termes de technologie, c’est le mécanisme le plus compliqué et le plus sophistiqué que nous ayons jamais construit, testé et préparé pour un vol spatial. »

Il décrit le ballet : la foreuse dépose son foret plein dans un carrousel, qui le descend à l’intérieur du rover ; un petit bras y prend le tube, le photographie, mesure le volume de l’échantillon avec une tige, le photographie de nouveau, pose un bouchon, le photographie encore, le scelle et le range.

Un ingénieur sur scène

Il a gardé de ses années de rock une présence sur scène qui fait de lui l’un des visages les plus connus du programme spatial. En 2016, il publie un livre sur son parcours, The Right Kind of Crazy. Selon une annonce d’événement, il est élu la même année à l’Académie nationale d’ingénierie des États-Unis. Plusieurs notices le présentent ensuite comme ingénieur en chef du programme de retour d’échantillons martiens au JPL.

Sources : NASA/JPL, « The Extraordinary Sample-Gathering System of NASA’s Perseverance Mars Rover », 2 juin 2020 (ingénieur en chef de Mars 2020, citations, la séquence de prélèvement) ; California Community Colleges, page « Adam Steltzner » (ingénieur en chef de Mars 2020) ; recherche Web résumant plusieurs notices (présence scénique, livre The Right Kind of Crazy, élection à l’Académie nationale d’ingénierie en 2016 selon une annonce d’événement, ingénieur en chef du retour d’échantillons). L’année 2016 du livre vient de la même recherche, qui cite un entretien de Gizmodo de cette année-là. Nous n’avons pas lu ce livre. Les paroles sont traduites de l’anglais.

Épilogue

Adam Steltzner et Mars

Chapitre 5 · La leçon Ce qu’Adam Steltzner laisse à Mars

Adam Steltzner est arrivé à l’ingénierie par un détour inattendu, et il a résolu l’un des problèmes les plus difficiles de l’exploration martienne. Son parcours porte trois leçons.

Il n’est jamais trop tard

Un bassiste sans diplôme retiré, intrigué par Orion, peut devenir l’ingénieur qui pose un rover sur Mars. Les futurs équipages martiens auront besoin de talents venus de partout.

Oser l’idée étrange

La grue céleste paraissait étrange ; elle était le résultat d’un raisonnement. Les solutions qui permettront de poser des humains sur Mars sembleront peut-être tout aussi étranges au premier regard.

La vérité avant tout

Une culture sans vache sacrée, où l’on admet les échecs de parachutes pour les corriger : c’est ce qui a rendu possibles les atterrissages réussis. Elle sera indispensable quand des vies humaines seront en jeu.

Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, à partir des faits et des propos rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.

Annexes

Pour aller plus loin

Annexe Comprendre le métier d’Adam Steltzner

Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.

Entrée, descente et atterrissage

Les quelques minutes pendant lesquelles un vaisseau passe d’une vitesse de plus de 20 000 kilomètres à l’heure à l’arrêt sur le sol de Mars.

Le délai de communication

Les ondes radio mettent plusieurs minutes à voyager entre Mars et la Terre, environ quatorze lors de l’atterrissage de Curiosity. Le vaisseau doit donc tout faire seul.

La grue céleste

Un étage propulsé qui flotte au-dessus du sol, descend le rover au bout de câbles, les coupe, puis s’éloigne pour s’écraser à distance.

Le « squidding »

Un défaut de gonflement d’un parachute, qui reste en partie fermé et ressemble alors à un calmar.

Le système de prélèvement et de stockage

L’ensemble de foreuse, carrousel et petit bras qui permet à Perseverance de prélever des carottes de roche, de les sceller et de les ranger.

Ces explications sont des notions générales. Le délai de quatorze minutes vient de la vidéo du JPL du 22 juin 2012 ; la vitesse d’entrée (environ 13 000 milles à l’heure) de la page des California Community Colleges ; le « squidding » du podcast de la NASA de 2020.

Annexe Chronologie

Les dates de la carrière d’Adam Steltzner, dans l’ordre, telles que les sources permettent de les établir.

1984. Il remarque le déplacement d’Orion et s’inscrit au College of Marin.

1990. Licence d’ingénierie mécanique, université de Californie à Davis.

1991. Maîtrise au California Institute of Technology.

1999. Doctorat de l’université du Wisconsin à Madison (selon Wikipédia).

Années 2000. Responsable des parachutes des rovers Spirit et Opportunity, posés en 2004.

2003. Trois jours de réflexion d’où naît la grue céleste.

22 juin 2012. Vidéo « Curiosity’s Seven Minutes of Terror ».

5 août 2012. Atterrissage de Curiosity (6 août en temps universel).

2016. The Right Kind of Crazy ; élu à l’Académie nationale d’ingénierie (selon une annonce d’événement).

2 juin 2020. Présente, comme ingénieur en chef, le système de prélèvement de Perseverance.

Sources : celles des chapitres.

Annexe Les personnages

Les personnes qui apparaissent dans ce livre, avec le rôle que leur donnent les sources.

Stephen Prata. Professeur de physique du College of Marin, dont le cours le fit basculer vers les sciences.

Al Chen. Ingénieur du JPL, qui annonça l’atterrissage de Curiosity.

Gentry Lee. Ingénieur du JPL, qui trouvait qu’Adam Steltzner lui rappelait Elvis Presley.

Rob Manning. Ingénieur en chef de Mars Science Laboratory. Il a sa propre biographie dans cette collection.

Sources : celles des chapitres où chacun apparaît ; Smithsonian Magazine, décembre 2013 (Gentry Lee et Elvis Presley). Le rôle de Rob Manning vient de sa propre biographie.

Annexe Sources et méthode

Ce livre ne contient aucun dialogue imaginé, ni aucune pensée prêtée à quelqu’un sans texte pour l’appuyer. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce que les sources ne permettent pas d’établir.

Une personne vivante

Adam Steltzner est vivant au moment où ce livre est écrit. Nous nous en sommes tenus à sa vie publique et à ce qu’il a raconté lui-même de sa jeunesse. Nous n’avons pas repris les détails sur la fortune de sa famille donnés par la presse.

Les sources principales

Nous n’avons pas trouvé d’entretien d’histoire orale publié. Le livre s’appuie sur le portrait que lui a consacré le Smithsonian Magazine en décembre 2013, sur sa page d’ancien élève des California Community Colleges, sur la vidéo du JPL de 2012 et un communiqué de 2020, sur un podcast de la NASA, et sur Wikipédia en anglais, source tertiaire signalée à chaque usage. Il a écrit un livre sur son parcours, The Right Kind of Crazy, que nous n’avons pas utilisé. Les citations sont traduites par nos soins.

Ce qui ne concorde pas

Sa maîtrise de Caltech est en « mécanique appliquée » selon le Smithsonian Magazine, en « mathématiques appliquées » selon les California Community Colleges ; son doctorat est en « mécanique de l’ingénieur » selon le premier, en « physique de l’ingénieur » selon les seconds. L’atterrissage de Curiosity est daté du 5 août 2012, heure de Californie, ou du 6 août en temps universel.

La longueur

Ce livre compte environ deux mille mots. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. En l’état, le texte ne contient que des faits que nous avons pu rattacher à une source.

Le portrait

Le portrait en tête de ce livre est une image dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.

Sources en ligne

Faits vérifiés auprès de ces sources le 10 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Bibliothèque Mars

Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.

Arcadia — Manuel de la première cité martienneArcadia — Manuel de la première cité martienne