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Mesure 29 / 155

02 — Administration · Mesure 2.09 · 29 / 155

Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires

Propriétaire budgétaire et preuve secondaire —

Propriétaire budgétaire : Chaque employeur public sur son plafond d’emplois et sa masse salariale ; consolidation État par mission/programme pour la FPE.

Source secondaire indépendante : DGAFP — départs à la retraite dans la fonction publique en 2024 : base factuelle des flux naturels. ↗

Cette fermeture est locale au standard 26/26 ; elle ne constitue ni un chiffrage net ni une certification finale du déploiement.

Transformer un taux national en mécanisme de gestion prévisionnelle : chaque départ doit être relié à une charge de travail, une compétence et une trajectoire de service.

Bible France · chapitre documentaireMise à jour : 12 août 2026Sources primaires prioritaires
Mesure 2.09 — Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires
Lecture visuelle spécifique à la mesure 2.09

En 30 secondes

Situation actuelleTransformer un taux national en mécanisme de gestion prévisionnelle : chaque départ doit être relié à une charge de travail, une compétence et une trajectoire de service.
PropositionNe pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires
VéhiculeLois de finances et plafonds d’emplois, complétés par GPEEC ministérielle, contrats d’objectifs et clauses de protection des métiers en tension.
Effet financierÉconomie budgétaire potentielle, mais seulement pour les postes réellement éteints ; les remplacements différés ou prestations externes doivent être retranchés.
Statut des donnéesÉlevée sur les bases juridiques et la méthode ; aucun montant budgétaire retenu tant que l’assiette et les coûts de substitution ne sont pas consolidés.
DifficultéAppliquer 50 % partout peut supprimer un poste indispensable dans un petit service et aucun dans un service surdimensionné.

Partir des flux réels de départ

En 2024, 136 700 nouvelles pensions de droit direct ont été attribuées à des personnes ayant travaillé dans la fonction publique. La DGAFP distingue 38 800 fonctionnaires civils de l’État, 43 000 territoriaux et 19 800 hospitaliers parmi les principaux groupes publiés. [1] Ce flux donne un ordre de grandeur, mais il ne correspond pas exactement au nombre de postes vacants : tous les départs ne sont pas des retraites et tous les postes ne sont pas remplacés aujourd’hui.

La mesure doit donc partir des postes budgétaires réellement libérés et de leur charge. Pour chaque départ, l’administration classe le poste : maintenir, fusionner, automatiser partiellement, transférer ou supprimer. Le taux national de 30 à 50 % devient un objectif global de trajectoire, pas une consigne aveugle appliquée à chaque direction.

Protéger explicitement les métiers critiques

Police, justice, soins, contrôle fiscal, sécurité civile, numérique, maintenance technique ou inspection peuvent connaître des pénuries locales. La règle doit contenir une liste dynamique de fonctions protégées selon taux de vacance, délais de recrutement et criticité opérationnelle. Un poste critique peut être remplacé à 100 % tandis qu’une fonction administrative redondante peut ne pas l’être du tout.

La GPEEC doit intégrer l’âge, la localisation et la rareté de la compétence. Un départ à la retraite attendu dans trois ans donne du temps pour former un successeur ou transférer le savoir. Le non-remplacement devient alors un choix d’organisation préparé, pas une vacance subie. Les services publient la couverture des compétences sensibles et les plans de succession.

Éviter le faux gain par externalisation ou heures supplémentaires

Un poste supprimé n’est pas une économie si la même activité est achetée à un prestataire plus cher, compensée par des heures supplémentaires ou recréée quelques mois plus tard sous contrat. Le calcul suit donc le coût complet de la fonction sur trois ans : masse salariale, prestations, intérim, heures supplémentaires et éventuels investissements numériques.

Cette méthode permet aussi de distinguer productivité et réduction budgétaire. Une automatisation peut libérer du temps qui est réaffecté au contrôle ou à l’accueil ; elle améliore le service sans faire baisser les crédits. Le Plan doit annoncer séparément les postes éteints, les équivalents temps plein redéployés et les économies nettes.

Mettre le service rendu au même niveau que le plafond d’emplois

Le rapport annuel de la fonction publique suit déjà emploi, flux, rémunérations et mobilité. [2] la présente édition ajoute une règle : chaque trajectoire d’effectifs est accompagnée d’indicateurs de délais, stocks de dossiers, erreurs et satisfaction. Une diminution de personnel qui dégrade durablement ces indicateurs déclenche un réexamen du taux de non-remplacement.

Le Parlement doit recevoir un tableau par mission budgétaire, non un seul pourcentage national. Cette granularité évite que les ministères économisent là où c’est facile politiquement plutôt que là où le travail a réellement disparu. Elle rend aussi vérifiable le montant d’économie : postes budgétaires définitivement supprimés multipliés par coût complet, moins coûts de compensation.

Calibrer le non-remplacement métier par métier

Un taux national de 30 à 50 % n'a de sens qu'après ventilation des départs naturels par métier, territoire et employeur. Les statistiques de la DGAFP permettent de suivre les départs à la retraite et les flux de la fonction publique ; elles doivent être croisées avec les vacances de postes et la démographie des métiers. [1] [2] Un poste administratif automatisable et un soignant, un magistrat ou un technicien de réseau ne peuvent pas porter le même coefficient de non-remplacement.

Le Plan doit donc publier une matrice à trois couleurs : métiers en réduction, métiers stables et métiers à renforcer. Chaque classement est justifié par la charge de travail, les gains numériques réellement observés et les objectifs de service public. La stratégie territoriale RH 2026-2028 peut servir de cadre pour détecter les zones où une règle nationale provoquerait une pénurie locale. [3] Une économie affichée à Paris peut devenir un surcoût si elle impose ensuite intérim, prestataires ou déplacements permanents en territoire.

Le contrôle financier doit intégrer les effets de substitution : externalisation, heures supplémentaires, primes de fidélisation, consultants, achats de logiciels ou baisse de recettes causée par un service dégradé. La mobilité des agents doit être suivie en parallèle pour proposer les postes libérés aux compétences disponibles. [4] La règle est réussie uniquement si le coût complet baisse sans dégrader des indicateurs de service convenus avant la réforme.

Non-remplacement des départs : protéger les métiers critiques
Schéma opérationnel : les étapes sont propres à la mesure 2-09 et doivent être vérifiées avant la bascule.

Mise en œuvre opérationnelle : du principe au dossier exécutable

Un taux uniforme de non-remplacement appliqué à tous les départs produirait des pénuries dans certains métiers et des économies fictives ailleurs. La mesure doit donc fonctionner par matrice de criticité. Chaque départ prévu est classé selon la mission, le niveau de tension, la capacité d’automatisation ou de mutualisation et la possibilité de redistribuer la charge. Les métiers prioritaires peuvent au contraire recevoir des créations nettes financées par les transformations réalisées ailleurs.

La décision de ne pas remplacer doit être suivie au-delà de la suppression du poste budgétaire. Si la même activité réapparaît sous forme de consultant, contrat court, heures supplémentaires ou achat de prestation, le gain doit être réduit d’autant. Le système de contrôle rapproche donc masse salariale, achats externes, délais de service et qualité. C’est ce rapprochement qui distingue une productivité réelle d’un simple déplacement comptable.

Plan A, Plan B, Plan C : continuer même si la voie principale bloque

Plan A

Taux différenciés par métier et ministère, décidés après revue annuelle des besoins et des gains de productivité.

Plan B

Lorsque les gains sont insuffisants, geler seulement les postes vacants non critiques et financer la réorganisation avant toute réduction plus forte.

Plan C

Dans les services sous tension, remplacer intégralement les départs et rechercher l’économie sur fonctions support, immobilier ou processus plutôt que sur le métier de terrain.

Le repli doit rester fidèle à l’objectif sans prétendre que le véhicule principal a été adopté. Un taux uniforme de non-remplacement serait dangereux. Les étapes autonomes juridiquement et budgétairement sont donc exécutées en premier ; le solde est représenté seulement après mesure des effets, avec publication des transferts de coûts et des éventuelles dégradations de service.

Indicateurs, coût net et preuve de réussite

La mesure annonce une fourchette de 30 à 50 % des départs naturels, mais aucun taux ne doit devenir une obligation aveugle. Le tableau de bord publie départs, remplacements, postes éteints, prestations externes, absentéisme et délais. L’économie nette est la masse salariale évitée moins les coûts de substitution. Tant que cette ventilation n’existe pas par administration, aucun montant unique n’est présenté comme certifié.

Preuve au point d’usage : DGAFP — rapport annuel sur l’état de la fonction publique ↗

Preuve au point d’usage : DGAFP — Départs à la retraite dans la fonction publique en 2024

Règle de chiffrage

Économie nette annuelle= coûts effectivement supprimés − coûts transférés − nouveaux coûts récurrents

Économie budgétaire potentielle, mais seulement pour les postes réellement éteints ; les remplacements différés ou prestations externes doivent être retranchés.

Le coût de transition — migrations, formation, immobilier, indemnités ou double fonctionnement — est publié séparément et n’est jamais masqué dans l’économie annuelle.

Départs naturels : piloter poste par poste plutôt qu’appliquer un taux uniforme

Le départ à la retraite n’est pas réparti de la même manière selon les métiers

Une cible de non-remplacement de 30 à 50 % ne peut pas être appliquée indistinctement à un service hospitalier, une administration centrale, la police ou une fonction support. Les données de départ doivent être croisées avec les vacances de postes, les heures supplémentaires, les délais de traitement et la difficulté de recrutement de chaque métier.

Le tableau de décision doit donc classer les postes en trois catégories : remplacement indispensable, remplacement différé sous condition de réorganisation, et suppression possible.

L’économie n’existe qu’en l’absence de recrutement compensateur

Si un poste n’est pas remplacé mais qu’un prestataire externe est recruté ou que des heures supplémentaires permanentes compensent la charge, l’économie brute est surestimée. Le calcul net additionne rémunération et charges évitées, puis retranche externalisation, primes, formation et investissements nécessaires à l’automatisation.

Cette méthode permet aussi de distinguer un gain durable d’un simple report de recrutement sur l’exercice suivant.

Protéger les services prioritaires avec des seuils de charge

Chaque administration doit publier un indicateur métier avant de réduire ses effectifs : délai de jugement, temps d’attente, stock de dossiers, interventions par agent, etc. Lorsque le seuil de qualité est dépassé, le non-remplacement est suspendu ou compensé par une mobilité interne.

Le mécanisme devient ainsi une règle de gestion adaptable plutôt qu’un pourcentage politique appliqué aveuglément.

Cette mesure dans le système

La mesure 2.09 dépend des gains de productivité effectivement obtenus par 2.07 et des possibilités de mobilité créées par 2.10. Un départ non remplacé qui conduit à redéployer un agent depuis un autre service ne peut pas être enregistré à la fois comme économie nette et comme mobilité réussie sans réconciliation des masses salariales. Le tableau consolidé doit suivre le poste source, le poste cible et toute dépense de substitution.

Approfondissement : Ne pas remplacer un départ avant d’avoir cartographié les métiers critiques

Un taux uniforme de non-remplacement serait dangereux. Chaque administration doit distinguer métiers en tension, postes directement liés au service, fonctions de support, activités transformées par le numérique et postes dont la mission disparaît. Le départ naturel crée une occasion d’arbitrage, pas une économie automatique. Un comité de ressources vérifie la charge, les compétences et les possibilités de mobilité avant de geler le poste.

Si le service se dégrade, le remplacement demeure possible. Le chiffrage travaille par cohorte et date de départ ; une économie en année pleine n’est pas la même chose qu’une économie la première année. Les coûts de formation, externalisation ou investissement nécessaires pour absorber la charge sont retirés. Cette méthode transforme un ratio politique de 30 à 50 % en trajectoire pilotée par la capacité réelle des services.

Non-remplacement : protéger les métiers critiques

Un taux uniforme de non-remplacement serait une mauvaise politique de gestion. Deux services peuvent perdre le même pourcentage d’agents alors que l’un possède des tâches automatisables et l’autre manque déjà d’effectifs. La décision doit être prise au niveau du métier et du bassin d’emploi, après mesure de la charge, des délais, des vacances de postes et des transformations déjà réalisées.

Le tableau de bord doit aussi détecter les fausses économies : poste non remplacé mais recours à un prestataire, heures supplémentaires, intérim ou surcharge entraînant davantage d’absentéisme. L’économie nette est la baisse durable du coût après prise en compte de ces substitutions. Dans les services prioritaires, le départ peut au contraire déclencher un recrutement ou une mobilité entrante.

Approfondissement : le non-remplacement des départs doit suivre les missions, pas un pourcentage aveugle

Chaque départ naturel crée une décision de gestion

Ne pas remplacer automatiquement certains départs peut réduire les effectifs sans licenciement, mais la règle doit tenir compte de la charge et de la criticité du poste. Un départ dans un service en sous-effectif n’a pas la même signification qu’un départ dans une fonction automatisée ou devenue redondante. Chaque poste libéré doit donc être classé : supprimé, redéployé, transformé ou remplacé.

Calculer un taux de remplacement par famille de métiers

Le taux peut être écrit TR = R ÷ D × 100. TR est le taux de remplacement, R le nombre de recrutements destinés à remplacer des départs et D le nombre de départs naturels. Le symbole ÷ signifie « divisé par » et × 100 exprime le résultat en pourcentage. Ce taux doit être publié par métier afin de montrer quelles fonctions diminuent et lesquelles restent prioritaires.

Réinvestir une partie des marges dans la modernisation

La baisse d’effectifs n’est soutenable que si la charge diminue ou si la productivité augmente. Une partie des économies peut financer outils numériques, formation et simplification de procédures. Sans cela, le non-remplacement risque de transformer une économie budgétaire en files d’attente, heures supplémentaires ou achats de prestations externes.

Déclencher une alerte avant la rupture de service

Les indicateurs doivent suivre délais, absentéisme, heures supplémentaires, vacance, externalisation et satisfaction. Si un service franchit un seuil de dégradation, le taux de remplacement doit être réexaminé. Le dispositif est un instrument de transformation progressive, pas une règle uniforme indépendante de la réalité des métiers.

Notes et sources

  1. DGAFP — Départs à la retraite dans la fonction publique en 2024 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  2. DGAFP — Rapport annuel sur l’état de la fonction publique 2025 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  3. DGAFP — Stratégie territoriale RH 2026-2028 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  4. DGAFP — mobilité des agents 2025 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.

Pour approfondir

Les ouvrages prolongent le programme mais ne remplacent jamais les sources primaires citées dans le chapitre.

Couverture IA : comment transformer la France

IA : comment transformer la France

Cas d’usage, automatisation et contrôle humain dans les services publics.

Repère historique — pourquoi cette question se pose aujourd’hui

La mesure s’inscrit dans une organisation construite par étapes. L’objectif de ce repère n’est pas de fabriquer une date symbolique, mais de rappeler que les règles, structures et dépenses actuelles résultent de décisions successives qui doivent être identifiées dans les sources de la page avant toute comparaison.

La comparaison chronologique retient uniquement les dates documentées par les textes ou rapports cités ; lorsqu’une période n’est pas couverte par une source, cette limite est signalée explicitement.

Risques et objections — ce qui peut faire échouer la réforme

Le risque principal est de confondre une décision juridique avec son résultat opérationnel. Une réforme peut être adoptée mais produire un déplacement de charge, un coût de transition sous-estimé, une perte de qualité de service ou un contournement du dispositif.

Le contrôle doit donc publier les effets inattendus, les coûts transférés et les indicateurs de qualité en même temps que les économies éventuelles. Une objection documentée doit pouvoir conduire à corriger le calendrier ou le mécanisme sans effacer l’objectif initial.

Formule de contrôle reproductible

Lorsque la mesure comporte un impact budgétaire, la formule de base est : impact net = économie ou recette brute − transferts − coûts de transition − coûts récurrents recréés ailleurs. Le signe « − » signifie une soustraction.

Si l’un des termes n’est pas documenté, le résultat ne doit pas être présenté comme une économie nette fermée. La valeur reste alors explicitement en attente dans le grand livre financier.

Règle anti-double-compte

Un même poste supprimé, une même recette ou un même achat évité ne peut apparaître que sur une seule ligne de consolidation. Si plusieurs réformes concourent au résultat, l’une porte le montant et les autres enregistrent une interaction non additive.

Cette règle vaut également pour les coûts : un coût de transition mutualisé doit être attribué une seule fois et référencé par les autres lignes concernées.

Statut financier de la mesure

Le grand livre des économies et la réalité budgétaire ne sont pas la même chose. Une mesure peut ne revendiquer aucune économie autonome tout en créant une dépense, une perte de recettes, un transfert ou un coût de transition. Le tableau ci-dessous sépare explicitement ces notions.

Économie autonome
aucune économie autonome revendiquée
Type d’impact budgétaire
économie potentielle non chiffrée de manière suffisamment fiable à ce stade
Propriétaire budgétaire
À identifier avant fermeture financière
Ligne financière liée
Aucune ligne financière autonome attribuée à ce stade
Mesures liées
Aucune relation anti-double-compte codée à ce stade
Quantification de l’impact
Aucun montant autonome n’est certifié pour cette mesure
Coûts de transition
Non chiffré de manière suffisamment fiable à ce stade
Impact budgétaire net
ouvert — le coût, la recette, les transferts ou les interactions ne sont pas complètement fermés
Statut de consolidation
Hors addition autonome tant que la ligne porteuse, le propriétaire et les interactions ne sont pas fermés.

Classification prudente : aucun effet budgétaire n’est déclaré non applicable par défaut.

Pourquoi cette classification ?

Un poste supprimé n’est pas une économie si la même activité est achetée à un prestataire plus cher, compensée par des heures supplémentaires ou recréée quelques mois plus tard sous contrat. Le calcul suit donc le coût complet de la fonction sur trois ans : masse salariale, prestations, intérim, heures supplémentaires et éventuels investissements numériques.

Données publiques de référence · millésime 2024

Administration : 5,85 millions d’agents publics constituent le point de départ, pas une économie potentielle

Avant de discuter la mesure 2.09, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Fonction publique5,85 millions d’agentsau 31 décembre 2024
Évolution annuelle+37 000 agents, soit +0,6 %par rapport à fin 2023

Calcul de contrôle : 37 000 ÷ 5 850 000 × 100 ≈ 0,63 %, cohérent avec l’ordre de grandeur officiel de +0,6 %.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Ce stock d’agents ne peut jamais être multiplié par un taux générique de « simplification » pour produire une économie. Il faut identifier les missions, les postes, les coûts réellement supprimés et les coûts de transition.

Application à « Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 2.09

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Administration. Relever avant toute réforme les données portant sur délais, volumes traités, effectifs, qualité de service et coût de transition. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Une simplification n'est réelle que si une étape, un délai, une formalité ou un coût disparaît effectivement pour l'usager et pour l'administration.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 2.09

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Ne pas remplacer 30 à 50 % des départs naturels sans affaiblir les services prioritaires, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi si une compétence ou une garantie légale change ; décret et arrêtés pour l'organisation ; circulaires seulement pour l'exécution interne. La hiérarchie des normes doit être explicitée.

2. Responsable identifiable

Premier ministre, ministères concernés, préfets et administrations gestionnaires selon le périmètre de la mesure.

3. Preuve de déploiement

Processus cible documenté, services responsables désignés, systèmes d'information adaptés et ancien processus effectivement retiré lorsqu'il doit disparaître.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier délai, coût complet, nombre d'étapes, satisfaction usager et charge de travail mesurés avant/après sur le même périmètre. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Ajouter un guichet, un logiciel ou une couche de coordination sans supprimer l'ancienne procédure et présenter l'activité nouvelle comme une simplification. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 2.09

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Coût complet par unité de service délivrée

Unité : € constants/unité.

Fréquence

trimestrielle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

DGAFP + ministères employeurs.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

coût complet du service ÷ volume de service comparable

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

plafond politique de 50 % lorsqu’il s’agit bien du taux visé par la mesure

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

délais, qualité, absentéisme, charge de travail, continuité. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Véhicule juridique : plafond d’emplois, gestion et obligations de service

Le non-remplacement d’un départ n’est pas en soi une nouvelle catégorie juridique : c’est une décision de gestion qui doit respecter les statuts, les besoins de service et les plafonds d’emplois votés ou autorisés. Pour l’État et ses opérateurs, la loi de finances fixe ou encadre de nombreux plafonds et crédits de personnel ; les suppressions ou créations d’emplois sont ensuite traduites dans les schémas d’emplois et l’organisation des services. Lorsque la présence d’un effectif résulte d’une obligation légale ou d’une norme de sécurité, la réduction ne peut pas la contourner. La règle proposée doit donc être un filtre de remplacement, non une extinction automatique de postes indépendamment de la mission.