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Mesure 32 / 155

02 — Administration · Mesure 2.12 · 32 / 155

Organiser une cessation progressive d’activité de 58 à 62 ans

S’appuyer sur la retraite progressive existante à partir de 60 ans, puis chiffrer explicitement ce que coûterait une extension dès 58 ans et quels métiers pourraient transmettre leurs compétences.

Bible France · chapitre documentaireMise à jour : 12 août 2026Sources primaires prioritaires
Mesure 2.12 — Organiser une cessation progressive d’activité de 58 à 62 ans
Lecture visuelle spécifique à la mesure 2.12

En 30 secondes

Situation actuelleS’appuyer sur la retraite progressive existante à partir de 60 ans, puis chiffrer explicitement ce que coûterait une extension dès 58 ans et quels métiers pourraient transmettre leurs compétences.
PropositionOrganiser une cessation progressive d’activité de 58 à 62 ans
VéhiculeLoi de programmation et textes retraite/fonction publique ; financement de la fraction non travaillée et règles de temps partiel.
Effet financierInvestissement de transition ; il peut faciliter le renouvellement mais ne constitue pas une économie automatique.
ConfianceÉlevée sur les bases juridiques et la méthode ; chiffrage à consolider avant inscription budgétaire.
DifficultéLa retraite progressive existe déjà à 60 ans avec des conditions précises : un dispositif 58-62 ne peut pas être présenté comme une simple application du droit actuel.

Partir du droit actuel, désormais plus favorable

La retraite progressive est ouverte aux fonctionnaires depuis 2023. Depuis le 1er septembre 2025, l’âge d’ouverture est fixé à 60 ans ; le fonctionnaire doit notamment justifier de 150 trimestres et exercer à temps partiel selon les règles applicables. [1] [2] La proposition du Plan couvrant 58 à 62 ans dépasse donc le droit existant pour les deux premières années.

Cette distinction doit être visible dans la page : de 60 ans jusqu’à l’âge de départ, la réforme peut s’appuyer sur un mécanisme déjà existant ; entre 58 et 60 ans, elle créerait une forme nouvelle de cessation progressive ou de temps partiel aidé. Le coût de cette extension doit être isolé pour éviter de le confondre avec une pension partielle déjà financée par le régime de retraite.

Transformer le temps libéré en transmission

Réduire le temps de travail d’un senior n’a d’intérêt organisationnel que si les tâches et compétences sont redistribuées. Le dispositif doit prévoir un plan de transmission : documentation, tutorat, binôme, formation du successeur et cartographie des contacts ou connaissances difficiles à formaliser. Une quotité de 60 ou 80 % peut être structurée pour réserver une partie du temps à cette transmission.

Les métiers physiquement exigeants et les métiers experts ne posent pas les mêmes problèmes. Pour les premiers, le dispositif peut prévenir l’usure ; pour les seconds, il doit éviter un départ de connaissance trop rapide. Les critères d’éligibilité peuvent donc intégrer pénibilité, rareté de la compétence et besoin de succession plutôt qu’un simple âge uniforme.

Chiffrer le coût complet par scénario

Trois flux doivent être distingués : salaire correspondant au temps travaillé, pension partielle éventuelle et financement public supplémentaire créé par le dispositif entre 58 et 60 ans. Le coût net dépend aussi du recrutement d’un successeur plus jeune, de la suppression éventuelle d’un poste et des cotisations. Un tableau de cas types rend la mesure compréhensible sans prétendre qu’un profil représente toute la fonction publique.

Le Plan doit notamment éviter de compter comme économie la simple baisse de salaire d’un agent si elle est compensée par une pension ou une indemnité publique. Le bénéfice peut être social, sanitaire ou organisationnel sans être budgétaire. Cette franchise renforce la crédibilité du programme en séparant qualité de transition et économies.

Évaluer la transition et non seulement le nombre de bénéficiaires

La DGAFP présente la retraite progressive comme un outil de transition entre activité et retraite. [3] Le suivi doit mesurer maintien en emploi, absentéisme, transmission, satisfaction et taux de remplacement. Il faut aussi vérifier que le dispositif n’aggrave pas les pénuries dans les métiers où l’âge moyen est élevé.

Une expérimentation sur quelques ministères ou métiers permettrait d’estimer l’effet réel d’une extension à 58 ans avant généralisation. Le rapport devrait comparer coûts, départs complets évités, durée de transmission et impact sur la continuité de service. La règle nationale peut ensuite être ajustée selon ces données plutôt qu’adoptée sur une hypothèse uniforme.

Articuler la proposition 58-62 ans avec la retraite progressive existante

Le droit a évolué avant même la mise en œuvre du Plan : la retraite progressive est désormais accessible à partir de 60 ans sous conditions, y compris dans la fonction publique. [1] [2] La proposition de cessation progressive entre 58 et 62 ans doit donc être présentée comme une extension et un dispositif de gestion des compétences, non comme la création ex nihilo d'un mécanisme qui n'existerait pas.

Le cœur du projet devrait être la transmission. Pour les métiers disposant d'un savoir tacite important, la baisse de quotité de travail peut financer un binôme avec un agent plus jeune, la documentation des procédures, le tutorat ou la formation interne. La DGAFP a déjà documenté la retraite progressive dans la fonction publique ; ce cadre permet de distinguer ce qui relève des droits à pension et ce qui relèverait d'un nouvel accord de fin de carrière. [3]

Le coût doit être simulé selon plusieurs profils : âge d'entrée, quotité travaillée, durée du dispositif, pension partielle, remplacement éventuel et valeur du temps de tutorat. Les données démographiques du rapport annuel de la fonction publique permettent d'identifier les métiers où la vague de départs rend cette transmission particulièrement utile. [4] Le résultat attendu n'est pas seulement une baisse de masse salariale ; c'est aussi une réduction des pertes de compétences et des recrutements en urgence.

Règle de chiffrage

Économie nette annuelle= coûts effectivement supprimés − coûts transférés − nouveaux coûts récurrents

Investissement de transition ; il peut faciliter le renouvellement mais ne constitue pas une économie automatique.

Le coût de transition — migrations, formation, immobilier, indemnités ou double fonctionnement — est publié séparément et n’est jamais masqué dans l’économie annuelle.

Cette mesure dans le système

La mesure 2.12 complète 2.03 en offrant un parcours de fin de carrière progressif, et peut soutenir 2.10 par la transmission vers des agents redéployés. Elle ne doit pas être chiffrée comme une simple réduction de présence : une partie du temps libéré peut être volontairement réinvestie dans le tutorat. Le bilan financier séparera donc économie de masse salariale, pension partielle, coût de remplacement et valeur du chevauchement organisé.

Notes et sources

  1. Code des pensions civiles et militaires — retraite progressive — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  2. Décret 2025-681 — âge de 60 ans / modalités — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  3. DGAFP — retraite progressive dans la fonction publique — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.
  4. DGAFP — Rapport annuel 2025 — source primaire/institutionnelle utilisée pour le cadre de la mesure.

Pour approfondir

Les ouvrages prolongent le programme mais ne remplacent jamais les sources primaires citées dans le chapitre.

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Cas d’usage, automatisation et contrôle humain dans les services publics.