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Mesure 96 / 155

08 — Agriculture, industrie et économie · Mesure 8.04 · 96 / 155

Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence

Transformer l’objectif de 30 % en dispositif de transparence des coûts, ciblé sur les marchés où la concurrence ne joue pas efficacement.

Bible France · page canoniqueMise à jour : 12 août 2026Sources au point d’usage
Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence
Lecture visuelle : étapes et contrôles propres à la mesure 8.04

En 30 secondes

PourquoiTransformer l’objectif de 30 % en dispositif de transparence des coûts, ciblé sur les marchés où la concurrence ne joue pas efficacement.
Effet financier3 à 5 milliards d’euros dans le Plan historique ; 0 euro additionnel certifié en cette version tant que l’assiette n’est pas démontrée
VéhiculeCode de la commande publique, contrôle des coûts et clauses contractuelles
Statut des donnéesScénario à confirmer ; montant non consolidé au socle prudent
Plan de repliLa page distingue Plan A, Plan B et Plan C au lieu de conditionner toute la mesure à une seule voie.
ComptabilitéAucun montant incertain n’entre dans le total prudent sans assiette reproductible.

État du droit et situation actuelle

Le Code de la commande publique ne comporte pas une règle générale plafonnant la marge de tous les titulaires à 30 %. Il distingue notamment prix unitaires et prix forfaitaires. Pour certains marchés de l’État où la concurrence ne peut pas jouer efficacement ou pour des prestations complexes de longue durée, le droit prévoit déjà des mécanismes de contrôle du coût de revient et l’accès à des données comptables. Ces outils montrent qu’un contrôle renforcé est juridiquement concevable, mais pas qu’un plafond uniforme est déjà la norme.

Le montant de 3 à 5 milliards d’euros figurant dans le Plan historique doit être traité avec prudence. La même ligne apparaît également dans la famille Fiscalité/commande publique ; l’additionner deux fois serait un double compte. Surtout, aucun échantillon national publié ne permet aujourd’hui de dire que 3 à 5 milliards correspondent à des marges évitables au-delà de 30 %. cette version conserve donc la proposition politique mais exclut le montant du total prudent autonome.

Preuve au point d’usage : Code de la commande publique — forme des prix ↗

Le problème exact à résoudre

Une marge élevée peut avoir plusieurs causes : risque pris par l’entreprise, investissement, garantie, faible concurrence, urgence, propriété intellectuelle ou simple pouvoir de marché. Un plafond brut appliqué sans tenir compte du risque peut pousser les entreprises à augmenter artificiellement leurs coûts, réduire les candidatures ou déplacer la rémunération vers d’autres postes. La méthode retient donc contrôler le coût complet plutôt que seulement un pourcentage déclaré.

L’enjeu prioritaire est les marchés où l’acheteur ne dispose pas d’une vraie concurrence : systèmes critiques, défense, prestations propriétaires, urgences ou contrats complexes. C’est précisément dans certains de ces cas que le droit actuel prévoit déjà un accès renforcé aux coûts de revient. Delta-Sierra propose d’étendre progressivement cette culture de transparence et de benchmark plutôt que d’imposer dès le premier jour une règle uniforme sur une fourniture standard très concurrentielle.

La proposition Delta-Sierra rendue exécutable

Le dispositif comporte trois niveaux. Niveau 1 : comparaison systématique des prix unitaires avec des références de marché lorsque c’est possible. Niveau 2 : pour les marchés concentrés ou complexes, clause de transparence sur coûts, risques et marge prévisionnelle, avec droit d’audit proportionné. Niveau 3 : mécanisme de partage ou de plafonnement de marge dans les catégories où la concurrence est objectivement insuffisante et où l’acheteur supporte l’essentiel du risque.

Le seuil de 30 % devient donc un signal de revue et, pour certains marchés prédéfinis par la loi ou le règlement, un plafond contractuel. Les exceptions doivent être motivées. Les données confidentielles ne sont pas publiées entreprise par entreprise lorsque le secret des affaires s’applique, mais l’administration publie les agrégats : coût, marge, dépassements et économies obtenues.

Démonstration financière : ce qui entre ou non dans les comptes

Le calcul prudent commence par un portefeuille audité, pas par le montant total de la commande publique. Pour chaque marché éligible : prix payé − coût de revient audité − rémunération normale du risque = surmarge potentiellement récupérable. Le symbole « − » signifie soustraction. L’économie nationale est la somme des surmarges effectivement renégociées ou évitées, diminuée des coûts d’audit et des effets sur les prix futurs.

En cette version, ce portefeuille national n’est pas disponible dans le corpus. La valeur budgétaire certifiée de la mesure est donc fixée à zéro euro additionnel. Le chiffre historique 3–5 milliards reste affiché comme hypothèse du Plan, avec statut « non intégré au total prudent ». Cette décision est plus rigoureuse que de demander au lecteur de croire un pourcentage appliqué à un agrégat de marchés hétérogènes.

Preuve au point d’usage : Code de la commande publique — contrôle du coût de revient ↗

Droit, mise en œuvre et solutions de repli

Plan A : étendre les obligations de transparence des coûts aux marchés à concurrence faible et définir des clauses modèles de partage de marge. Plan B : si un plafond légal général est jugé disproportionné, utiliser négociation, benchmarks, clauses de réexamen et droit d’audit par secteur. Plan C : concentrer les moyens sur les marchés les plus significatifs où l’acheteur peut démontrer une absence de concurrence efficace.

Le dispositif doit respecter secret des affaires, droit de la concurrence et directives européennes. Le contrôle de coût ne doit pas devenir une publication générale des comptabilités privées. L’acheteur public a besoin des informations nécessaires à la négociation ; le public a besoin d’agrégats lui permettant de vérifier le résultat.

Preuve au point d’usage : Décret 2024-308 — coûts et marge prévisionnelle en défense/sécurité ↗

Indicateurs, audit et critères de réussite

Le tableau de bord publie nombre de marchés audités, valeur, écart entre prix initial et prix renégocié, coût de l’audit, nombre de candidats et litiges. Une économie qui coïncide avec une chute massive du nombre d’offres peut signaler un dispositif mal calibré. La qualité, les délais et l’innovation doivent donc être suivis avec le prix.

La mesure réussit si elle réduit les rentes sur les marchés peu concurrentiels sans transformer la commande publique en tarification administrative générale. Le contrôle indépendant compare chaque année secteurs et acheteurs afin d’identifier les méthodes les plus efficaces.

Plans A, B et C — l’objectif survit au blocage d’un véhicule

Plan A : renforcer dans les marchés où la structure de coûts est vérifiable les clauses d’audit, de décomposition des prix, de réexamen et de contrôle des prestations, sans imposer un taux de marge uniforme aveugle à tous les secteurs. Plan B : si un plafond général de 30 % se révèle incompatible avec la liberté des prix, la concurrence ou la réalité de certains marchés innovants, cibler les situations de faible concurrence, marchés captifs, avenants et prestations standardisées où des comparaisaisons robustes existent.

Plan C : développer des prix de référence, achats mutualisés et mécanismes de partage des gains, puis publier les écarts significatifs. L’objectif est de réduire la rente et la surfacturation, pas de transformer l’acheteur public en contrôleur permanent de la comptabilité commerciale de toutes les entreprises.

Trois questions qui peuvent invalider la mesure

  • Quel portefeuille de marchés justifie un contrôle de coût renforcé ?
  • La concurrence reste-t-elle suffisante après la réforme ?
  • L’économie est-elle réellement renégociée et non théorique ?

Approfondissement : Le chiffre de 3 à 5 milliards doit être traité comme scénario, pas comme recette acquise

L’assiette pertinente n’est pas le montant total de la commande publique. Même si un volume de marchés est très élevé, seule la part présentant un écart de prix évitable peut produire une économie. Le calcul doit donc sélectionner des familles comparables, établir un prix de référence, mesurer l’écart réellement négociable et retirer les coûts de contrôle ainsi que les éventuels effets sur la concurrence.

Un plafond trop rigide peut réduire le nombre d’offres et augmenter le prix final, ce qui annulerait une partie du gain. La phase pilote doit comparer des marchés similaires avant et après les nouvelles clauses. Le résultat budgétaire retenu est l’économie observée sur les contrats conclus, extrapolée avec prudence seulement lorsque l’échantillon est représentatif. Cette méthode rend la fourchette falsifiable et évite d’appliquer mécaniquement un pourcentage à toute la dépense publique.

Pourquoi un plafond uniforme de marge serait trop simpliste

Une marge de trente pour cent n’a pas la même signification pour un logiciel standard, un pont, un programme d’armement ou un contrat de maintenance d’urgence. Le coût, le risque, l’immobilisation de capital, les garanties et la concurrence diffèrent. Un plafond uniforme appliqué à tous les marchés créerait donc un risque de retrait des fournisseurs, de sous-investissement ou de transfert artificiel des coûts. La page transforme l’idée du Plan en mécanisme de contrôle ciblé des coûts dans les marchés où la concurrence ne suffit pas à discipliner le prix.

Le contrôle doit partir des contrats exposés : marchés complexes, fournisseurs uniques, modifications importantes, achats où le pouvoir adjudicateur ne dispose pas de prix de comparaison. L’acheteur définit alors les catégories de coûts, les éléments auditables et une rémunération normale du risque avant signature. La comparaison se fait avec des marchés analogues et non avec une marge comptable simplifiée. Toute récupération financière doit résulter d’un prix effectivement renégocié ou évité.

La fourchette historique de trois à cinq milliards d’euros demeure une hypothèse du Plan, mais cette version n’ajoute aucun euro autonome au socle prudent tant qu’un portefeuille national de marchés n’a pas été audité avec cette méthode. La mesure 6.12 portant déjà un intitulé proche, la déduplication entre fiscalité et économie est obligatoire avant tout agrégat.

De l’audit pilote au mécanisme national

La première année doit sélectionner un échantillon de marchés où la concurrence est faible et les données de coût accessibles : maintenance spécialisée, informatique complexe, certaines prestations d’ingénierie ou contrats à fournisseur quasi unique. Pour chaque marché, l’acheteur documente prix initial, coûts vérifiés, risques assumés, modifications en cours de contrat et prix final. Ce portefeuille permet de savoir si l’hypothèse de marges excessives est fréquente ou seulement ponctuelle.

Le dispositif doit également suivre les coûts qu’il crée. Un audit financier de plusieurs semaines peut être rationnel sur un marché de plusieurs centaines de millions d’euros mais absurde sur un contrat de faible montant. Un seuil de matérialité évite d’installer une nouvelle bureaucratie de contrôle dont le coût absorbe l’économie recherchée.

Si les premiers audits montrent que les écarts viennent surtout d’un cahier des charges instable, de retards publics ou d’avenants plutôt que de la marge du titulaire, la réforme doit corriger la préparation des achats. La mesure est falsifiable : elle peut conduire à abandonner le plafond de marge au profit d’une meilleure ingénierie contractuelle. C’est précisément pour cette raison que la fourchette historique du Plan n’est pas traitée comme une recette garantie.

Marges des marchés publics : préférer l’open-book ciblé au plafond aveugle

Une marge maximale uniforme peut détruire la concurrence qu’elle cherche à protéger

Les structures de coûts diffèrent fortement entre travaux, logiciels, conseil, fourniture et innovation. Un plafond unique peut exclure certains acteurs ou inciter à déplacer la marge vers des postes moins visibles. La mesure doit donc cibler les situations où le prix est difficilement concurrentiel ou où le pouvoir de marché est manifeste.

Dans ces cas, une comptabilité ouverte sur certains coûts peut être plus informative qu’un taux réglementaire général.

Comparer prix de marché, coût justifié et risque assumé

Une analyse de marge doit tenir compte du risque contractuel, des garanties, de l’investissement spécifique et de la durée. Un bénéfice plus élevé peut être légitime si le fournisseur porte un risque important ; inversement, une rente peut exister sur une prestation standard en situation captive.

Le dossier d’achat doit donc expliquer la méthode de comparaison plutôt que qualifier toute marge élevée de surprofit.

Utiliser les données d’achat pour repérer les anomalies

Les acheteurs peuvent comparer familles de prestations, prix unitaires et concentration des fournisseurs. Les contrats présentant un écart important sont alors audités plus finement. Cette approche cible les ressources de contrôle et laisse la concurrence fonctionner lorsque le marché est suffisamment ouvert.

Le gain se mesure en baisse de coût d’achat net des frais de contrôle, pas en montant théorique de marges supprimées.

Open-book ciblé : choisir les marchés où le contrôle de marge apporte réellement une information

Pourquoi cibler

Un plafond uniforme de marge incite à déplacer des coûts entre lignes comptables et peut exclure des fournisseurs sur des marchés risqués. L’open-book ciblé répond à une autre logique : sur certains contrats présentant une concurrence faible, une dépendance technique ou une asymétrie d’information forte, l’acheteur peut demander les éléments nécessaires pour comprendre la formation du prix et négocier sur une base plus documentée.

Critères d’éligibilité

Le dispositif doit donc commencer par des critères d’éligibilité plutôt que par un taux national. Taille du contrat, absence d’offres concurrentes, caractère captif, modification importante en cours d’exécution ou forte part de coûts refacturés peuvent justifier un examen renforcé. Les marchés concurrentiels ordinaires continuent d’être disciplinés d’abord par la mise en concurrence.

Décomposer le prix

Le calcul doit distinguer coût direct, coût indirect alloué, provision pour risque et marge. Une divergence n’est pas automatiquement un abus : un fournisseur peut supporter un risque technique ou financier réel. L’objectif du contrôle est de rendre la discussion sur le prix intelligible, pas de substituer un taux administratif unique à la responsabilité de l’acheteur.

Attribuer l’économie au contrat

Toute économie doit être attribuée au contrat effectivement renégocié ou évité, puis rapprochée du coût du contrôle. Elle ne doit pas être additionnée une seconde fois dans 6.12 ou 11.12 si la même baisse de prix ou le même marché est déjà enregistré dans l’un de ces dispositifs.

Sources primaires et institutionnelles

Pour approfondir

Réforme de l’État — Plan de Rupture

Le livre source rassemble le programme complet et ses hypothèses historiques.

Lecture gratuite →
IA : comment transformer la France

Complément sur les outils numériques, la productivité publique et les garde-fous.

Voir le livre →

Source secondaire de contrôle

Direction des affaires juridiques — portail de la commande publique. Cette source complète le fondement juridique primaire et sert à contrôler les règles opérationnelles, guides et documents de la commande publique.

Scénario de repli

Si un plafond uniforme de marge se révèle juridiquement ou économiquement inadapté, le repli consiste à cibler les marchés à faible concurrence par obligations de transparence sur les coûts, clauses de réexamen et comparaison systématique des offres, plutôt qu’à imposer un pourcentage identique à tous les secteurs.

Notions du Glossaire

marché public · DECP · anti-double-compte.

Données publiques de référence · millésime 2025

Économie et industrie : déficit commercial des biens de 69,2 Md€ en 2025

Avant de discuter la mesure 8.04, on fixe un ordre de grandeur national provenant d'une source publique. Il ne s'agit ni du coût ni de l'économie annoncée par la mesure : c'est une baseline indépendante à partir de laquelle le lecteur peut contrôler les ordres de grandeur.

Solde commercial des biens−69,2 Md€2025
Amélioration annuelle+10,0 Md€par rapport à 2024

Calcul de contrôle : Le déficit 2024 correspondant était d’environ 79,2 Md€ ; l’amélioration de 10 Md€ représente près de 12,6 % de ce déficit initial.

Ce que ce chiffre ne permet pas de conclure : Amélioration d’un déficit ne signifie pas excédent. Une mesure industrielle doit en outre distinguer compétitivité-prix, énergie, demande intérieure, importations, exportations et chaînes de valeur.

Application à « Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence » : utiliser ce repère pour vérifier le dénominateur, le calendrier et l'ordre de grandeur de la proposition. Toute estimation propre à cette mesure doit ensuite être sourcée séparément et ne doit jamais être remplacée par la statistique nationale ci-dessus.

Règle de mise à jour : conserver le millésime et la date de publication. Lorsqu'une nouvelle édition officielle paraît, mettre à jour la donnée sans réécrire rétroactivement ce qui était connu au millésime précédent.

Atelier citoyen de vérification · mesure 8.04

Passer de la proposition à la preuve : comment auditer cette mesure soi-même

La question n'est pas seulement de savoir si « Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence » paraît souhaitable. Il faut pouvoir montrer, chiffres et droit à l'appui, ce qui change réellement entre la situation de départ et la situation après mise en œuvre. Cette grille transforme la page en exercice de contrôle : le lecteur doit être capable de retrouver le dénominateur, le calendrier, le coût net, le véhicule juridique et le critère qui permettrait de conclure que la mesure fonctionne réellement.

1. Établir la situation de départ

Domaine : Économie, industrie et commande publique. Relever avant toute réforme les données portant sur prix, marges, volumes, investissement, productivité, concurrence, emploi et effets de chaîne. Pour chaque chiffre, noter l'année, l'unité, le périmètre, la source primaire et la fréquence de mise à jour. Un chiffre sans dénominateur ou sans date ne permet pas de mesurer un progrès.

Un gain affiché pour l'État peut devenir un coût ailleurs ; suivre l'incidence jusqu'aux fournisseurs, salariés, clients et territoires.

2. Refaire le calcul ou le test principal

Effet net = résultat observé après réforme − trajectoire de référence comparable

Définir une situation de référence, une date de départ, un périmètre et un indicateur vérifiable. Sans contrefactuel ou comparaison crédible, une évolution après réforme ne prouve pas à elle seule la causalité.

Exercice : reprendre le dernier chiffre officiel cité dans cette page, retrouver sa source d'origine et recalculer le résultat avec les mêmes unités. Si le résultat ne peut pas être reproduit, classer l'affirmation « à documenter » plutôt que « acquise ».

3. Séparer promesse, mise en œuvre et résultat

Construire trois lignes distinctes : ce qui est décidé, ce qui est effectivement déployé et ce qui est observé. Pour « Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence », une loi votée, un décret publié ou un budget ouvert ne constituent pas encore le résultat final. Ajouter une date cible, un responsable et un indicateur avant/après.

Exiger aussi un scénario d'échec : retard juridique, résistance opérationnelle, coût de transition supérieur aux prévisions, effet de report vers une autre administration ou comportement d'évitement.

4. Prononcer un verdict révisable

  • PASS : mécanisme documenté, données reproductibles, véhicule juridique crédible, financement et responsable identifiés.
  • À RÉVISER : objectif plausible mais hypothèse, calendrier, coût ou indicateur encore insuffisamment démontré.
  • FAIL : double compte, causalité non démontrée, coût déplacé plutôt que supprimé, ou impossibilité juridique/opérationnelle non traitée.

Le verdict doit pouvoir changer avec une nouvelle donnée : une bonne politique publique est auditable, pas seulement défendable.

Question de maîtrise : si un décideur annonçait demain que cette mesure est « réalisée », quelles trois pièces demanderiez-vous pour vérifier qu'il ne confond pas décision, activité et résultat ? Répondre à cette question sans relire la page constitue le niveau attendu.

Plan d'exécution et de contrôle · mesure 8.04

Qui décide, qui applique et comment prouver que « Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence » fonctionne réellement ?

Une mesure n'est pas terminée lorsqu'elle est annoncée, votée ou financée. Pour Encadrer les marges dans les marchés publics sans casser la concurrence, il faut pouvoir suivre une chaîne complète : base juridique → responsable → déploiement → indicateur → contrôle indépendant → réexamen. Le plan ci-dessous constitue une grille d'exécution à adapter au texte juridique final ; il ne remplace pas l'expertise légistique article par article.

1. Acte à préparer

Loi, loi de finances, réglementation sectorielle, commande publique ou contrat selon la mesure. Les engagements financiers et règles de concurrence doivent être distingués.

2. Responsable identifiable

Ministères économiques, administrations sectorielles, acheteurs publics, entreprises et autorités de concurrence/régulation concernées.

3. Preuve de déploiement

Dispositif juridiquement ouvert, financement identifié, critères d'accès publiés et chaîne de valeur suivie.

4. Preuve de résultat

Le contrôle doit privilégier prix complet, concurrence effective, anomalies confirmées et délais de passation. Une activité administrative ou un budget consommé n'est qu'un moyen : le résultat doit être observable sur le périmètre annoncé.

Calendrier de preuve : quatre rendez-vous obligatoires

J0 — référenceArchiver la situation avant réforme : texte applicable, coût, effectifs, volume traité, délai et qualité lorsque ces données existent. Sans état initial, aucun avant/après n'est sérieux.
6 mois — déploiementVérifier que les actes nécessaires sont publiés, que les responsables sont nommés, que les outils et crédits existent réellement et que l'ancien dispositif n'est pas maintenu en doublon sans justification.
18 mois — premiers effetsComparer l'indicateur principal avec la baseline, isoler les coûts de transition et publier les écarts entre la trajectoire annoncée et la réalisation.
36 mois — réexamenDécider de maintenir, corriger, amplifier ou arrêter le dispositif. Une mesure qui ne produit pas l'effet documenté doit pouvoir être révisée sans attendre la fin d'un quinquennat.

Test anti-illusion

Attribuer à la mesure toute évolution favorable du secteur sans scénario contrefactuel ni distinction entre déplacement et création nette. Pour cette mesure, le dossier de contrôle doit donc publier au minimum la donnée de départ, la date d'effet, le coût de transition, le résultat observé et l'explication de l'écart.

Grille d'audit en 8 questions
  1. Quel texte précis autorise ou impose la réforme ?
  2. Quelle autorité est responsable de chaque étape et à quelle date ?
  3. Quelle valeur de référence est figée avant la mise en œuvre ?
  4. Quel indicateur mesure le résultat plutôt que l'activité ?
  5. Quels coûts nouveaux, coûts de transition ou transferts doivent être déduits du gain brut ?
  6. Quelle donnée permet de détecter un effet indésirable ou un contournement ?
  7. Qui vérifie les chiffres indépendamment du service qui met en œuvre la mesure ?
  8. Quelle clause permet de corriger ou d'arrêter la mesure si les résultats ne sont pas au rendez-vous ?

Contrat de mesure · mesure 8.04

Comment savoir objectivement si cette mesure fonctionne ?

Le résultat doit être défini avant l’entrée en vigueur. Le principe est simple : un même indicateur, une même unité, un même périmètre et une même méthode doivent être conservés entre la baseline et les contrôles ultérieurs. Si la méthode change, la rupture de série doit être publiée.

Indicateur principal

Écart de prix complet après mise en concurrence

Unité : % et €.

Fréquence

par marché / trimestrielle.

La périodicité ne doit pas être modifiée simplement parce qu’un résultat devient défavorable.

Producteur / preuve

acheteurs publics / contrôle financier.

Le fichier source, sa date et sa version doivent rester auditables.

Calcul à figer

prix payé − coût de référence documenté, rapporté au coût de référence

Le numérateur, le dénominateur et les exclusions doivent être documentés avant J0. Une série recalculée après coup doit conserver l’ancienne version ou expliciter la rupture.

Objectif vérifiable

À figer avant J0 dans le texte d’application ou la décision de pilotage ; il est interdit de modifier la cible après observation des résultats.

Règle de gouvernance : la cible, la tolérance et le calendrier sont enregistrés avant le lancement. Ils ne sont pas réécrits a posteriori pour transformer un échec en réussite.

Indicateur garde-fou

nombre d’offres, qualité, délais, défaillances fournisseurs. Une amélioration du KPI principal ne suffit pas si elle est obtenue au prix d’une dégradation majeure de ce garde-fou.

Règle de verdict PASS / À RÉVISER / FAIL
  • PASS : objectif préenregistré atteint dans le délai prévu et garde-fou respecté.
  • À RÉVISER : progression réelle mais cible non atteinte, coût de transition supérieur à l’hypothèse ou effet indésirable corrigeable.
  • FAIL : absence d’amélioration démontrable, résultat obtenu par déplacement du coût/problème, rupture méthodologique non documentée ou dégradation majeure du garde-fou.

Calcul reproductible : ne pas confondre marge et prix élevé

Pour un marché donné, une simulation peut partir d’un coût de revient documenté C, d’un prix facturé P et d’une marge de référence m. Un plafond théorique de prix s’écrit C × (1 + m). L’écart à analyser est alors P − C × (1 + m). Le symbole × signifie « multiplier » et − signifie « soustraire ». Cette formule n’est pas une règle juridique générale : elle sert à rendre le raisonnement testable avant de décider si un mécanisme spécifique est pertinent.

Chiffrage prudent

Cette mesure est traitée comme non additive tant que le périmètre des marchés, la méthode de coût complet et le comportement des fournisseurs ne sont pas observés. Aucune économie autonome n’est donc inscrite au total : contribution consolidable 0 €. Les éventuels gains futurs devront provenir de données de marchés réellement exécutés, nettes des coûts de contrôle.