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Bible Mars — Organisations

L’Agence spatiale canadienne et Mars

Le Canada a placé ses instruments sur trois missions martiennes. Sa station météorologique de Phoenix a vu neiger sur Mars ; son spectromètre APXS analyse les roches du cratère Gale depuis 2012.

loi sur l’Agence spatiale canadienne du 14 décembre 1990

Illustration consacrée à l’Agence spatiale canadienne
Illustration ; provenance exacte non vérifiée.
Création
Loi du 14 décembre 1990
Instruments martiens
Analyseur de plasma (Nozomi), station météo (Phoenix), APXS (Curiosity)
Découverte
Neige tombant des nuages martiens (Phoenix, 2008)
Spécialité
Robotique (Canadarm, Canadarm2, Canadarm3)
Exploration humaine
Jeremy Hansen, équipage d’Artemis II

4 chapitres et 3 annexes : environ 1 700 mots, soit 10 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.

Première partie

L’agence

1959 – 1990

Chapitre 1 · 1957 – 1990 Du satellite Alouette à l’agence

Le Canada est entré dans l’espace par la science de la haute atmosphère et par la robotique. Son agence spatiale ne naît qu’en 1989.

Alouette

Le 11 mars 1959, la NASA accepte une proposition canadienne : construire le satellite Alouette I pour étudier l’ionosphère, que les Américains lanceront. John Herbert Chapman, que le Canada considère comme le père de son programme spatial, dirige le programme de satellites scientifiques Alouette et ISIS. Le 4 octobre 1957 déjà, quelques heures après le lancement de Spoutnik 1, Chapman et ses collègues avaient été les premiers à enregistrer ses bips. Alouette I part le 29 septembre 1962, lancé par une fusée Thor-Agena B depuis la base de Vandenberg, en Californie (le 28 au soir, heure locale) : le Canada devient le troisième pays, après l’Union soviétique et les États-Unis, à concevoir et construire son propre satellite. Alouette I fonctionnera jusqu’au 30 septembre 1972, neuf ans de plus que prévu.

Canadarm et les astronautes

Le bras robotique canadien, Canadarm, équipe les navettes spatiales américaines. Le 5 décembre 1983, le Canada choisit ses six premiers astronautes. En octobre 1984, Marc Garneau devient le premier Canadien dans l’espace, à bord de la navette Challenger. L’Agence spatiale canadienne est créée le 1er mars 1989 ; Larkin Kerwin en est le premier président. Le 14 décembre 1990, la loi sur l’Agence spatiale canadienne lui donne son cadre légal.

Sources : Agence spatiale canadienne, « Canadian space milestones » (Alouette I approuvé par la NASA le 11 mars 1959, John Herbert Chapman et le programme Alouette/ISIS, les bips de Spoutnik 1 enregistrés le 4 octobre 1957, Canadarm sur les navettes, les six astronautes du 5 décembre 1983, Marc Garneau du 5 au 13 octobre 1984 sur STS-41G, lancement d’Alouette I le 29 septembre 1962 et fin de ses activités le 30 septembre 1972, création de l’ASC le 1er mars 1989 et Larkin Kerwin, loi sur l’Agence spatiale canadienne du 14 décembre 1990).

Deuxième partie

Mars et la Lune

1998 – 2029

Chapitre 2 · 1998 – 2029 Des instruments canadiens vers Mars

Le Canada a placé ses instruments sur trois missions vers Mars : une sonde japonaise, un atterrisseur et un rover américains. L’un d’eux a vu tomber de la neige sur Mars.

Sur Nozomi

La sonde japonaise Nozomi, lancée en juillet 1998, emporte un petit instrument canadien de 3,25 kilogrammes, l’analyseur de plasma thermique, destiné à mesurer la densité et la température du plasma autour de Mars. Son responsable scientifique est Andrew Yau, de l’université de Calgary. Selon l’Agence spatiale canadienne, une forte éruption solaire provoque en avril 2002 un court-circuit dans l’un des systèmes de la sonde, qui rend impossible sa mise en orbite ; la presse spécialisée rapporte aussi que l’éruption a endommagé l’alimentation électrique et les communications. Le 9 décembre 2003, l’agence spatiale japonaise renonce à la mise en orbite.

La neige de Phoenix

Le 4 août 2007, la NASA lance l’atterrisseur Phoenix. Le 25 mai 2008, il se pose près de la calotte polaire nord de Mars, dans la région de Vastitas Borealis ; il y fonctionne plus de cinq mois, bien au-delà des 90 jours prévus. C’est la première fois que le Canada se pose sur Mars. Sa contribution est une station météorologique qui enregistre chaque jour le temps qu’il fait : un mât portant trois capteurs de température, dont le plus haut à environ 2,3 mètres du sol, un capteur de pression fourni par l’Institut météorologique finlandais, un petit indicateur de vent fourni par l’université danoise d’Aarhus, et un lidar, un instrument laser pointé vers le ciel. C’est la première fois qu’un lidar fonctionne à la surface d’une autre planète. Construit par MDA, à Brampton, avec la société Optech de Toronto, ce lidar de la taille d’une boîte à chaussures envoie ses impulsions jusqu’à vingt kilomètres d’altitude, pour une consommation de trente watts.

Le résultat le plus marquant : la station confirme qu’il neige sur Mars, en détectant des flocons qui tombent de nuages situés à environ quatre kilomètres au-dessus de l’atterrisseur. Elle observe aussi des nuages de glace et de poussière, du brouillard au sol et des tourbillons de poussière. Les températures varient entre −33 et −100 °C ; les vents soufflent en général à 11 à 18 kilomètres à l’heure, jusqu’à 58 kilomètres à l’heure.

APXS sur Curiosity

Sur le rover Curiosity, qui se pose le 6 août 2012, l’Agence spatiale canadienne fournit le spectromètre à particules alpha et à rayons X, APXS, construit par MDA. De la taille d’un cube de Rubik, placé au bout du bras du rover, il bombarde un échantillon de rayons X et de particules alpha pour en connaître la composition chimique, en deux à trois heures, ou en dix minutes pour une analyse rapide. Son responsable scientifique est Ralf Gellert, de l’université de Guelph. En 2024, après que Curiosity a écrasé un caillou, APXS découvre à l’intérieur des cristaux de soufre pur, jamais vus sur Mars. Au 1er février 2026, il a analysé 1 761 échantillons et renvoyé 3 943 résultats ; le Canada a prolongé sa participation à la mission jusqu’en mars 2029.

Sources : Agence spatiale canadienne, « Canadian space milestones » (l’analyseur de plasma thermique de 3,25 kg sur Nozomi, Andrew Yau, l’éruption solaire d’avril 2002 et le court-circuit, la confirmation japonaise, datée par l’ASC du 10 décembre 2003, le lancement de Phoenix le 4 août 2007, l’atterrissage de Curiosity le 6 août 2012) ; ASC, « Phoenix Mars Mission » (25 mai 2008, Vastitas Borealis, plus de cinq mois, première fois que le Canada se pose sur Mars, station météorologique, capteurs, Finlande et Aarhus, premier lidar à la surface d’une autre planète, MDA et Optech, 20 km, 30 W, la neige à environ 4 km, nuages, brouillard, tourbillons, températures et vents) ; ASC, « The APXS instrument: Canada’s contribution to Curiosity » (fonctionnement, taille, durées d’analyse, Ralf Gellert, MDA, le soufre en 2024, 1 761 échantillons et 3 943 résultats au 1er février 2026, prolongation jusqu’en mars 2029). Le livre consacré à la JAXA date l’abandon de Nozomi du 9 décembre 2003 d’après la JAXA ; l’ASC donne le 10 décembre.

Chapitre 3 · 2019 – 2026 Canadarm3 et la Lune

Pour préparer l’exploration lointaine, le Canada mise sur ce qu’il sait faire de mieux, la robotique, et sur une place dans l’équipage d’Artemis II.

Canadarm3

Le 28 février 2019, le Premier ministre Justin Trudeau annonce que le Canada sera partenaire de la NASA pour Gateway, la station qui doit tourner autour de la Lune. Il fournira Canadarm3, un système robotique très autonome, capable d’effectuer des tâches autour de la Lune sans intervention humaine. Le 16 décembre 2020, la signature du traité sur Gateway avec la NASA assure au Canada deux vols d’astronautes : l’un sur Artemis II, la première mission habitée vers la Lune depuis 1972, l’autre pour vivre et travailler à bord de Gateway.

Jeremy Hansen

Le 3 avril 2023, l’astronaute Jeremy Hansen est désigné pour Artemis II, avec les astronautes de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch. Le Canada devient le deuxième pays de l’histoire à envoyer un astronaute autour de la Lune. Du 1er au 10 avril 2026, l’équipage d’Artemis II fait le tour de la Lune et revient sur Terre : il décolle du centre spatial Kennedy le 1er avril et amerrit dans le Pacifique, au large de San Diego, le 10 avril.

Un rover pour Mars ?

L’Agence spatiale canadienne possède aussi un prototype de rover martien, le MESR, construit par MDA : six roues, 250 kilogrammes, capable de porter un bras robotique muni d’un microscope et d’une petite foreuse. Dès mars 2002, l’agence faisait étudier comment l’expertise minière canadienne pourrait servir à prélever des échantillons sur Mars.

Sources : ASC, « Canadian space milestones » (annonce du 28 février 2019, Canadarm3, traité Gateway du 16 décembre 2020 et les deux vols, désignation de Jeremy Hansen le 3 avril 2023 et le deuxième pays autour de la Lune, l’étude de forage de NORCAT en mars 2002) ; ASC, page « MESR – Mars Exploration Science Rover » (MDA, six roues, 250 kg, bras, microscope et foreuse) ; NASA, page des blogs (l’équipage d’Artemis II a fait le tour de la Lune et en est revenu, publication des données en 2026) ; NASA, « Artemis II Launch Day Updates », 1er avril 2026, et « Artemis II Flight Day 10: Live Re-Entry Updates », 10 avril 2026 (décollage du 1er avril, amerrissage du 10 avril au large de San Diego). La date précise du vol d’Artemis II n’apparaît pas dans les extraits consultés.

Épilogue

Le Canada et Mars

Chapitre 4 · La leçon Ce que l’Agence spatiale canadienne apporte à Mars

Les instruments canadiens ont mesuré sur Mars le temps qu’il fait et la chimie des roches, et la robotique canadienne prépare l’exploration humaine. Trois leçons en ressortent.

Mesurer le temps qu’il fait

La station de Phoenix a montré qu’il neige sur Mars. Les futurs habitants devront connaître la météo de leur site comme les marins connaissent la mer.

Connaître la roche

APXS a analysé plus de 1 700 échantillons. Savoir de quoi est fait le sol, c’est savoir ce qu’on pourra y extraire et y construire.

Des bras plutôt que des fusées

Canadarm, Canadarm2, Canadarm3 : la robotique est la spécialité canadienne. Sur Mars, des bras robotiques autonomes feront une grande partie du travail que les humains ne pourront pas faire dehors.

Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.

Annexes

Pour aller plus loin

Annexe Comprendre la contribution canadienne

Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.

L’ionosphère

Une couche de la haute atmosphère où des particules sont chargées électriquement par le rayonnement du Soleil. Elle réfléchit certaines ondes radio.

Le lidar

Un instrument qui envoie des impulsions de laser et mesure la lumière renvoyée, ici par les nuages et la poussière, pour connaître leur altitude et leur nature.

Le spectromètre APXS

Un instrument qui bombarde un échantillon de particules et de rayons X ; l’échantillon renvoie une énergie qui révèle les éléments chimiques qui le composent.

Le plasma

Un gaz dont les atomes ont perdu des électrons et sont devenus électriquement chargés. Il entoure les planètes, dans leur haute atmosphère.

Ces explications sont des notions générales. Le lidar et APXS suivent les pages de l’ASC consacrées à Phoenix et à APXS.

Annexe Chronologie

Le Canada, l’espace et Mars.

11 mars 1959. La NASA accepte de lancer Alouette I.

29 septembre 1962. Lancement d’Alouette I.

5 décembre 1983. Sélection des six premiers astronautes canadiens.

Octobre 1984. Marc Garneau, premier Canadien dans l’espace.

1er mars 1989. Création de l’Agence spatiale canadienne.

14 décembre 1990. Loi sur l’Agence spatiale canadienne.

Juillet 1998. Un instrument canadien part vers Mars avec Nozomi.

4 août 2007. Lancement de Phoenix.

25 mai 2008. Phoenix se pose ; la station canadienne observe la neige martienne.

6 août 2012. Curiosity et APXS se posent sur Mars.

28 février 2019. Annonce de Canadarm3.

16 décembre 2020. Traité Gateway avec la NASA.

3 avril 2023. Jeremy Hansen désigné pour Artemis II.

1er-10 avril 2026. Jeremy Hansen fait le tour de la Lune avec Artemis II.

2024. APXS découvre du soufre pur.

Mars 2029. Fin prévue de la participation canadienne à Curiosity.

Sources : celles des chapitres.

Annexe Sources et méthode

Ce livre raconte la contribution du Canada à l’exploration de Mars à partir des pages officielles de l’Agence spatiale canadienne. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce qui ne concorde pas.

Les sources principales

Ce livre remplace une ancienne page d’environ 24 000 mots, qui traitait de tout le programme spatial canadien ; nous nous en tenons ici à Mars et à ce qui y prépare. Il s’appuie sur les jalons historiques publiés par l’ASC et sur ses pages consacrées à Phoenix, à APXS, à Curiosity et au rover MESR.

Ce qui ne concorde pas

L’ASC date du 10 décembre 2003 la confirmation japonaise de l’abandon de Nozomi ; la JAXA date l’annonce du 9 décembre, et un article de Spaceflight Now publié le 9 décembre 2003 confirme cette date. Nous retenons donc le 9 décembre, date de l’agence qui a pris la décision. L’ASC attribue l’échec à une éruption solaire d’avril 2002 ; la page de la JAXA parle seulement d’une pièce défaillante, mais le même article de presse confirme les dégâts causés par l’éruption. Une première version de ce livre indiquait que l’année de lancement d’Alouette I, la création de l’agence avant 1990 et la date du vol d’Artemis II manquaient : elles ont depuis été trouvées dans la même page de l’ASC et dans les journaux de mission de la NASA, et ajoutées au texte.

La longueur

Ce livre compte environ mille sept cents mots. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. Le reste du programme canadien, des satellites RADARSAT à la Station spatiale, sort du sujet de Mars.

L’illustration

L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.

Sources en ligne

Faits vérifiés auprès de ces sources le 11 octobre 2026.

Pour aller plus loin

Bibliothèque Mars

Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.

Arcadia — Manuel de la première cité martienneArcadia — Manuel de la première cité martienne

Dossier approfondi : capacités, méthodes et héritage pour Mars

Robotique comme compétence nationale

La robotique canadienne repose sur une maîtrise progressive de la manipulation, de la téléopération, de la maintenance et des interfaces autour de systèmes coûteux et fragiles. Cette compétence est directement utile à une architecture martienne, mais elle doit être requalifiée pour la poussière, la gravité de Mars et des interventions beaucoup moins assistées depuis la Terre.

APXS et la contribution scientifique martienne

L’APXS illustre une contribution scientifique spécialisée intégrée à une mission internationale. La qualité de la mesure dépend autant de la calibration et de l’interprétation géologique que de la capacité du rover à placer correctement l’instrument sur les cibles choisies.

Météorologie martienne et environnement

Pression, température, vent et cycles atmosphériques servent à dimensionner le matériel et à préparer les opérations. Une série de mesures locale ne suffit cependant pas à caractériser Mars entière : elle doit être replacée dans la variabilité saisonnière et régionale.

OLA et la mesure de forme à distance

L’expérience acquise avec le lidar OLA relie mesure de distance, topographie et cartographie. Un transfert vers Mars demanderait de requalifier la portée, l’illumination et la sensibilité à la poussière, car une technologie éprouvée dans un autre environnement ne conserve pas automatiquement les mêmes marges.

Partenariats comme modèle industriel

Le modèle canadien montre qu’une contribution spécialisée peut peser dans une mission beaucoup plus vaste si sa responsabilité est claire. Cette stratégie augmente en contrepartie l’importance des interfaces contractuelles et techniques : le sous-système doit être fiable, documenté et compatible avec les choix des partenaires.

Médecine et vol habité

Les vols d’astronautes et l’expérience de l’ISS apportent des données sur la santé, les contre-mesures et les opérations humaines. Elles ne reproduisent toutefois ni la durée du trajet Terre–Mars ni la gravité martienne ; toute extrapolation vers une mission longue doit donc expliciter ce qui reste à démontrer.

Régions analogues et science de terrain

Les environnements arctiques permettent de tester équipes, instruments, logistique et pratiques de terrain dans des conditions difficiles accessibles sur Terre. Ils sont utiles pour apprendre, mais un analogue terrestre ne valide pas directement un système spatial ni les contraintes propres à Mars.

Communication et satellites

La longue expérience canadienne des satellites et des services de communication apporte une culture de continuité opérationnelle. Sur Mars, cette compétence devrait être adaptée à des délais plus longs, à une maintenance plus rare et à des relais dont la disponibilité devient elle-même une ressource critique.

Ce qu’une niche critique change dans une coalition

Une spécialisation peut rendre un partenaire indispensable sans viser l’autarcie. Elle devient toutefois vulnérable si aucune capacité de remplacement n’existe : standards, interopérabilité, continuité de service et solutions de repli doivent être prévus dès la conception.

Rôle canadien plausible pour Mars humain

Robotique, science de terrain, instrumentation, santé et coopération internationale forment un ensemble cohérent de contributions possibles. Ces briques peuvent renforcer une architecture humaine martienne, mais elles ne constituent pas à elles seules un système de transport, d’habitat ou de support-vie complet.