Bible Mars — Organisations
Jet Propulsion Laboratory (JPL)
Né d’un essai de moteur-fusée dans un ravin de Pasadena en 1936, le laboratoire géré par Caltech pour la NASA a conduit Mariner 4, Viking, Pathfinder et presque tous les rovers martiens américains.
fondé en 1936 — Pasadena, Californie
- Fondation
- 31 octobre 1936 (premier essai dans l’Arroyo Seco)
- Statut
- Centre de la NASA géré par Caltech depuis 1958
- Siège
- Pasadena, Californie
- Missions martiennes
- Mariner 4, 6, 7, 9 ; Viking (orbiteurs) ; Pathfinder ; Spirit ; Opportunity ; Curiosity ; InSight ; Perseverance
- Directeur
- Dave Gallagher (depuis le 2 juin 2025)
6 chapitres et 4 annexes : environ 4 900 mots, soit 20 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.
Première partie
Des fusées aux planètes
1936 – 1976
Chapitre 1 · 1936 – 1957 Un moteur dans le ravin
Le laboratoire qui a envoyé presque tous les rovers américains sur Mars est né d’un essai de moteur-fusée, un jour d’Halloween, dans le lit d’une rivière à sec près de Pasadena.
Le 31 octobre 1936
Au milieu des années 1930, au California Institute of Technology, le professeur Theodore von Kármán supervise des recherches sur la propulsion par fusée. Un de ses étudiants, Frank Malina, et d’autres jeunes chercheurs emportent leurs essais dans l’Arroyo Seco, un ravin au nord du Rose Bowl de Pasadena. Le 31 octobre 1936, ils y testent pour la première fois un moteur-fusée à l’alcool. Le Jet Propulsion Laboratory date sa naissance de ce jour-là. Theodore von Kármán dirige le groupe à partir de 1938.
La guerre
En 1942, un bombardier Douglas A-20 teste des moteurs à ergols liquides du groupe, destinés à aider les avions à décoller. En 1943, l’armée américaine demande à von Kármán d’analyser le programme allemand de fusées V-2. Dans la proposition de l’équipe apparaît pour la première fois le nom de « Jet Propulsion Laboratory ». En 1944, le corps de l’artillerie de l’armée commence à financer le laboratoire ; à la fin de l’année, les essais d’un petit missile non guidé, le Private, commencent dans le désert de Mojave. Pendant que von Kármán est à Washington, Frank Malina dirige le laboratoire par intérim, de 1944 à 1946. En 1945, l’effectif approche les trois cents personnes, et les engins d’essai atteignent une soixantaine de kilomètres d’altitude au-dessus de White Sands, au Nouveau-Mexique.
Des missiles au satellite manqué
Louis Dunn, directeur de 1946 à 1954, conduit les programmes de missiles Corporal et Sergeant ; le premier Corporal est lancé en mai 1947. En 1954, le JPL propose de lancer un satellite pour l’Année géophysique internationale ; la proposition est rejetée. La même année, William Pickering devient directeur. En 1956 et 1957, le laboratoire fait voler trois engins d’essai de rentrée atmosphérique. En décembre 1957, la fusée Vanguard de la Marine, chargée du satellite américain, explose sur son pas de tir.
Sources : JPL, « History » (von Kármán, Frank Malina, l’Arroyo Seco, l’essai du 31 octobre 1936, l’A-20 en 1942, le V-2 et le nom en 1943, le financement de 1944, le Private, près de 300 personnes et environ 40 miles d’altitude à White Sands en 1945, Corporal en mai 1947, la proposition rejetée de 1954, les engins de rentrée de 1956-1957, l’échec de Vanguard en décembre 1957) ; JPL, « Faces of Leadership: The Directors of JPL » (von Kármán de 1938 à 1944, Malina par intérim de 1944 à 1946, Dunn de 1946 à 1954 et les programmes Corporal et Sergeant, Pickering à partir de 1954) ; Caltech, annonce du 22 mai 2026 (fondation par des chercheurs de Caltech en 1936). Les 40 miles ont été convertis par nos soins.
Chapitre 2 · 1958 – 1976 Explorer, Mariner et Viking
En quelques années, le laboratoire de missiles devient celui de l’exploration des planètes. Il prépare le premier satellite américain, puis les premières sondes qui révèlent le vrai visage de Mars.
Explorer 1 et la NASA
Le 31 janvier 1958, Explorer 1, préparé par le JPL, devient le premier satellite américain. Il emporte le compteur Geiger de James Van Allen, qui découvre les ceintures de radiation entourant la Terre. Le 3 décembre 1958, deux mois après la création de la NASA, le JPL quitte l’armée pour l’agence spatiale. Il en devient un centre à part : depuis 1958, c’est Caltech qui le gère pour le compte de la NASA.
Vers les planètes
Le 27 août 1962, Mariner 2 part vers Vénus ; elle devient le premier engin à survoler une autre planète et à en renvoyer des données. En 1963 naît officiellement le réseau de l’espace lointain, le Deep Space Network : trois complexes d’antennes, à Goldstone en Californie, près de Madrid et près de Canberra, répartis à intervalles réguliers autour du globe. En 1964 et 1965, les sondes Ranger 7, 8 et 9 photographient la Lune avant de s’y écraser ; de 1966 à 1968, cinq sondes Surveyor s’y posent en douceur.
Le premier regard sur Mars
Mariner 4, lancée en novembre 1964, survole Mars le 14 juillet 1965 et renvoie les premières photographies rapprochées de la planète : c’est la première mission martienne réussie. En 1969, Mariner 6 et Mariner 7 la survolent à leur tour et renvoient des centaines d’images. Mariner 9, lancée en mai 1971, se place en orbite autour de Mars en novembre 1971 : c’est le premier engin à tourner autour d’une autre planète. Elle renvoie 7 329 images, dont plus de 1 500 servent à dresser une carte globale de Mars.
Mariner 4 avait une jumelle. Le 5 novembre 1964, Mariner 3 décolle de Cap Kennedy, mais la coiffe qui la protège ne se détache pas : ses panneaux solaires ne peuvent pas s’ouvrir, et la sonde file, inerte, autour du Soleil. Mariner 4 part avec une nouvelle coiffe entièrement métallique. Une seule correction de trajectoire, le 5 décembre 1964, la met sur la bonne route. Le 14 juillet 1965, environ quarante minutes avant son passage au plus près, à 9 846 kilomètres de la surface, sa caméra commence à prendre vingt et une images, plus quelques lignes d’une vingt-deuxième.
Au JPL, l’équipe ne veut pas attendre des heures que les ordinateurs traitent la première image, le bord de la planète sur le noir de l’espace. Une machine imprime les données sous forme de chiffres sur des bandes de papier ; les ingénieurs les découpent et les colorient à la main au pastel, plus ou moins foncé selon les nombres. C’est, dit la NASA, à la fois une œuvre d’art et la première image numérique venue de l’espace. Les signaux, émis avec une puissance de dix watts, arrivent sur Terre affaiblis à un milliardième de milliardième de watt, recueillis par les grandes antennes de l’Afrique du Sud, de l’Australie et de Goldstone.
Les images montrent une planète ancienne, criblée de cratères comme la Lune, et mettent fin à l’idée de civilisations perdues. Une heure et quart après le survol, la sonde passe derrière Mars : ses signaux radio, en traversant l’atmosphère, révèlent une pression au sol très faible. Les futurs atterrisseurs devront donc freiner avec des rétrofusées en plus de leurs parachutes. La sonde mesure aussi des températures diurnes d’environ −100 °C. Le 29 juillet 1965, à la Maison-Blanche, le directeur du JPL, William Pickering, montre les vingt et une images au président Lyndon Johnson, qui parle d’un progrès « à couper le souffle » pour l’humanité.
Mariner 9 ne part qu’après un échec : Mariner 8 n’atteint pas l’orbite le 9 mai 1971. Le 14 novembre 1971, Mariner 9 allume son moteur pendant 915,6 secondes et devient le premier objet fabriqué par l’homme à se placer en orbite autour d’une autre planète, devançant la sonde soviétique Mars 2, partie onze jours plus tôt. Mais une immense tempête de poussière masque la planète ; il faut attendre janvier 1972 pour voir le sol. Apparaissent alors une vingtaine de volcans, dont celui qui sera nommé Olympus Mons, haut de quinze à trente kilomètres selon les mesures de l’époque, et un système de canyons de plus de 4 000 kilomètres de long, profond par endroits de plus de sept kilomètres, baptisé Valles Marineris en l’honneur de la sonde. Mars n’est pas une planète géologiquement morte. Le 27 octobre 1972, à court d’azote pour s’orienter, la sonde se tait, après avoir cartographié 85 % de la planète et photographié Phobos et Déimos.
Les deux missions Viking décollent les 20 août et 9 septembre 1975. Chacune associe un orbiteur et un atterrisseur ; les atterrisseurs, construits avec le centre Langley de la NASA, se posent en 1976. Bruce Murray devient directeur du JPL cette année-là ; William Pickering a dirigé le laboratoire pendant vingt-deux ans.
Chaque Viking réunit un orbiteur de 2 339 kilogrammes, inspiré des Mariner, et un atterrisseur de 978 kilogrammes, alimenté par deux générateurs nucléaires. Le 19 juin 1976, Viking 1 se place en orbite ; mais les photos du site prévu, dans la région de Chryse, le montrent plus accidenté qu’attendu, et l’on choisit un autre lieu. Le 20 juillet 1976, l’atterrisseur se pose sur les pentes occidentales de Chryse Planitia, à vingt-huit kilomètres de sa cible. Il prend aussitôt des photos en couleurs et un panorama de 300 degrés : des plaines doucement ondulées. Les températures vont de −86 °C avant l’aube à −33 °C l’après-midi. Le 28 juillet, son bras recueille les premiers échantillons de sol pour son laboratoire biologique. Les résultats de certaines expériences pourraient passer pour de faibles indices de vie, mais l’analyse chimique ne trouve aucune molécule organique ; les scientifiques pensent que le sol contient des composés, créés par le rayonnement ultraviolet, qui imitent des réactions biologiques.
Le 3 septembre 1976, Viking 2 se pose à son tour dans Utopia Planitia, à environ 6 460 kilomètres de sa jumelle, près de la calotte polaire, où l’on espère davantage de chances de vie. Les Viking fonctionnent bien au-delà de leur mission principale : l’orbiteur de Viking 2 passe à vingt-huit kilomètres de Déimos en mai 1977 ; l’atterrisseur de Viking 1 envoie des bulletins météo jusqu’au 11 novembre 1982, quand une commande erronée envoyée de la Terre coupe le contact. Au total, les deux orbiteurs renvoient 52 663 images et cartographient environ 97 % de la surface ; les atterrisseurs, 4 500 photos de leurs sites.
Sources : JPL, « History » (Explorer 1 le 31 janvier 1958 et le compteur de Van Allen, le passage à la NASA le 3 décembre 1958, Mariner 2 le 27 août 1962, Ranger, Surveyor, Mariner 4 en 1965, Mariner 9 premier orbiteur en 1971, Viking avec Langley en 1976) ; JPL, « NASA’s Legacy of Mars Exploration », 30 juin 1995 (Mariner 4 lancée en novembre 1964 et survol du 14 juillet 1965, Mariner 6 et 7 en 1969, Mariner 9 lancée en mai 1971, en orbite en novembre, 7 329 images et plus de 1 500 pour la carte, Viking les 20 août et 9 septembre 1975) ; JPL, « NASA’s Deep Space Network Turns 60 and Prepares for the Future », 22 décembre 2023 (fondation en 1963, Goldstone, Canberra, Madrid, répartition autour du globe) ; Caltech, annonce du 22 mai 2026 (gestion par Caltech depuis 1958) ; JPL, « Faces of Leadership » (Pickering de 1954 à 1976, Murray à partir de 1976) ; NASA Science, pages « Mariner 4 » (Mariner 3 et sa coiffe, nouvelle coiffe métallique, correction du 5 décembre 1964, 9 846 km, 21 images et une partielle, bandes de papier coloriées au pastel, 10 watts et un milliardième de milliardième de watt, antennes, cratères, occultation et pression, rétrofusées, −100 °C, présentation à L. Johnson le 29 juillet 1965 et sa déclaration), « Mariner 9 » (échec de Mariner 8 le 9 mai 1971, 915,6 s le 14 novembre 1971, Mars 2 et ses onze jours d’avance, tempête, janvier 1972, vingt volcans, Olympus Mons de 15 à 30 km, Valles Marineris, planète active, fin du 27 octobre 1972, 85 %, Phobos et Déimos), « Viking 1 » et « Viking 2 » (masses, générateurs nucléaires, 19 juin 1976, changement de site, 20 juillet à 28 km de la cible, couleurs et panorama, −86 à −33 °C, échantillons du 28 juillet, résultats biologiques, Viking 2 le 3 septembre à 6 460 km, Utopia Planitia, Déimos à 28 km en mai 1977, commande erronée du 11 novembre 1982, 52 663 images, 97 %, 4 500 photos). La date du 14 juillet 1965 suit le corps des pages de la NASA ; l’en-tête de la page « Mariner 4 » écrit par erreur « 14 juin 1965 ». La citation est traduite de l’anglais.
Deuxième partie
Mars, mission après mission
1977 – 2028
Chapitre 3 · 1977 – 2000 Menaces, pertes et un petit rover
Après Viking, le JPL explore les planètes géantes, mais il manque de disparaître. Vingt ans passent avant son retour à la surface de Mars, entre succès éclatant et pertes en série.
Les grandes sondes et la menace de 1981
En 1977, les deux sondes Voyager partent vers les planètes géantes ; elles survoleront Jupiter en 1979, Saturne en 1980 et 1981, Uranus en 1986 et Neptune en 1989. Pourtant, en septembre 1981, l’administrateur de la NASA menace de mettre fin à l’exploration planétaire et de fermer le JPL. En 1982, Lew Allen, général de l’armée de l’air à la retraite, ancien chef d’état-major de l’Air Force et ancien directeur de la NSA, prend la tête du laboratoire ; les sondes Galileo et Magellan partent sous sa direction. L’explosion de la navette Challenger, en 1986, retarde Galileo jusqu’en 1989.
Mars Observer
Le 25 septembre 1992, Mars Observer décolle sur une fusée Titan III. Le 21 août 1993, environ trois jours avant de se placer en orbite autour de Mars, la sonde cesse d’émettre. Elle est perdue.
Sojourner
Sous la direction d’Edward Stone, de 1991 à 2001, le JPL revient sur Mars. En 1997, Mars Pathfinder se pose sur Mars et libère Sojourner, le premier rover robotisé à explorer la planète. Mais les deux missions martiennes de 1998, Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander, échouent ; en 2000, le programme Mars Surveyor, dont elles faisaient partie, prend fin.
Mars Pathfinder est d’abord une démonstration technique : se poser autrement. Freinée par un parachute, la sonde gonfle à cent mètres du sol d’énormes coussins, quatre grands sacs faits chacun de six sphères, et touche le sol le 4 juillet 1997 à quatorze mètres par seconde. Elle rebondit une quinzaine de fois, jusqu’à quinze mètres de haut, comme un ballon de plage géant, avant de s’immobiliser deux minutes et demie plus tard, à un kilomètre de son premier impact. C’est la première fois que cette technique est utilisée. L’atterrisseur est baptisé station Carl-Sagan, en hommage à l’astronome mort l’année précédente.
Le soir du deuxième jour martien, le petit rover Sojourner, dix kilogrammes et demi, nommé en hommage à la militante des droits civiques Sojourner Truth, se dresse sur ses trente centimètres et descend la rampe. Le site, Ares Vallis, est une ancienne plaine d’inondation, choisie pour sa variété de roches ; selon les scientifiques, une crue y aurait déversé en deux semaines autant d’eau que les Grands Lacs d’Amérique du Nord. Jusqu’à la dernière transmission, le 27 septembre 1997, la mission envoie plus de 16 500 images de l’atterrisseur, 550 du rover et une quinzaine d’analyses chimiques. Des galets arrondis suggèrent des conglomérats formés dans de l’eau courante : Mars aurait été autrefois chaude et humide.
Deux ans plus tard, les échecs s’enchaînent. Le 23 septembre 1999, Mars Climate Orbiter, neuf mois après son lancement, passe trop près de Mars et se désintègre dans l’atmosphère : le logiciel au sol calculait en unités anglo-saxonnes, celui de bord en unités métriques. Le 3 décembre 1999, Mars Polar Lander, qui devait se poser près de la calotte polaire sud et creuser à la recherche de glace, disparaît avec les deux petites sondes Deep Space 2 qu’il emportait : selon l’enquête, un faux signal a probablement fait croire que la sonde s’était posée, coupant ses moteurs trop tôt. Le 17 janvier 2000, la NASA renonce à tout contact. Pendant ce temps, Mars Global Surveyor cartographie toute la planète ; il tournera autour de Mars pendant une décennie, jusqu’en novembre 2006.
Sources : JPL, « History » (Voyager en 1977 et les survols de 1979 à 1989, la menace de septembre 1981, Galileo retardé par Challenger, Mars Observer lancée en 1992 sur Titan III et perdue avant la mise en orbite, Sojourner premier rover en 1997, la fin du programme Mars Surveyor en 2000 après les deux échecs de 1998) ; JPL, « NASA’s Legacy of Mars Exploration », 30 juin 1995 (lancement du 25 septembre 1992, perte du signal le 21 août 1993, environ trois jours avant l’orbite) ; JPL, « Faces of Leadership » (Lew Allen de 1982 à 1990 et son parcours, Edward Stone de 1991 à 2001 et Pathfinder). NASA Science, pages « Mars Pathfinder » (démonstration, coussins et leur gonflage à 100 m, 14 m/s, une quinzaine de rebonds jusqu’à 15 m, deux minutes et demie, 1 km, première utilisation, station Carl-Sagan, Sojourner de 10,6 kg et 30 cm, sol 2, Ares Vallis et la crue, 27 septembre 1997, 16 500 et 550 images, plus de 15 analyses, conglomérats), « Mars Climate Orbiter » (23 septembre 1999, unités), « Mars Polar Lander / Deep Space 2 » (3 décembre 1999, faux signal, 17 janvier 2000), « Mars Global Surveyor » (dix ans en orbite, fin en novembre 2006). La date d’atterrissage de Pathfinder, le 4 juillet 1997, suit la légende d’une photo de la page de la NASA. Les missions de 1998 sont désignées par leur nom d’après les biographies de Donna Shirley et d’Ashwin Vasavada de cette collection.
Chapitre 4 · 2001 – 2022 Le temps des rovers
Au tournant du siècle, le JPL fait de Mars un chantier permanent. En vingt ans, il y pose quatre rovers et une station sismique.
Spirit et Opportunity
Charles Elachi dirige le laboratoire de 2001 à 2016 ; plus de vingt missions sont lancées sous sa direction, dont les rovers Spirit, Opportunity et Curiosity. Spirit et Opportunity décollent en juillet 2003 et se posent au début de 2004 ; Spirit fonctionnera jusqu’en 2010, Opportunity jusqu’en 2018. En 2005 part Mars Reconnaissance Orbiter, dont la caméra HiRISE photographie la surface en haute résolution.
Les deux rovers jumeaux visent des sites opposés, qui semblent avoir connu l’eau : Spirit le cratère Gusev, peut-être un ancien lac, Opportunity la plaine Meridiani, où des minéraux suggèrent un passé humide. En étudiant les roches, ils confirment que l’eau a longtemps séjourné à la surface de Mars autrefois. Spirit parcourt 7,7 kilomètres. Opportunity, dont le vent nettoie régulièrement les panneaux solaires, roule 45,16 kilomètres : un record de distance hors de la Terre. Il communique pour la dernière fois le 10 juin 2018, quand une tempête de poussière enveloppe toute la planète.
Après sept mois de croisière et six mois de freinage dans la haute atmosphère, Mars Reconnaissance Orbiter commence son travail. Sa caméra, la plus grande jamais emportée sur une mission planétaire, distingue un objet de la taille d’une table, là où les précédentes ne voyaient guère mieux qu’un autobus : elle permet de repérer les rochers dangereux pour les atterrisseurs, dont Phoenix et Curiosity. L’orbiteur sert aussi de relais, premier maillon d’un « Internet interplanétaire ».
Le 25 mai 2008, l’atterrisseur Phoenix entre dans l’atmosphère martienne à près de 21 000 kilomètres à l’heure et se pose dans la plaine de Vastitas Borealis, plus au nord qu’aucune mission avant lui, à une latitude comparable à celle du nord de l’Alaska. C’est le premier atterrissage réussi d’un engin fixe depuis Viking 2, trente-deux ans plus tôt. Pendant sa descente, la caméra HiRISE de Mars Reconnaissance Orbiter le photographie suspendu à son parachute : pour la première fois, un engin en photographie un autre pendant un atterrissage planétaire. Phoenix attend quinze minutes que la poussière retombe avant de déplier ses panneaux solaires. Le 31 mai, son bras robotique creuse le sol ; le 19 juin, l’équipe conclut que des mottes brillantes, disparues en quatre jours par sublimation, étaient de la glace d’eau. La sonde découvre aussi du perchlorate, une source d’énergie possible pour des microbes et, selon la NASA, une ressource potentielle pour de futurs explorateurs humains.
Curiosity
Le 6 août 2012, Curiosity se pose dans le cratère Gale. C’est le plus gros rover posé jusque-là par la NASA, déposé au bout de câbles par une « grue volante ».
Curiosity a la taille d’un petit SUV : trois mètres de long, deux mètres soixante-dix de large et deux mètres dix de haut, sans compter son bras de deux mètres. Il emporte dix instruments et dix-sept caméras. Sa question : Mars a-t-elle jamais offert des conditions favorables à de petites formes de vie, les microbes ? Tôt dans sa mission, il trouve des indices chimiques et minéraux d’environnements anciens habitables. Une étude récente, publiée dans la revue Astrobiology, analyse les plus grandes molécules organiques jamais trouvées sur Mars, peut-être des fragments d’acides gras conservés dans l’argile de Gale, et estime que les sources non biologiques envisagées ne suffisent pas à expliquer leur abondance. Le 26 août 2026, après quatorze ans de mission et 42 forages, Curiosity a gagné un kilomètre d’altitude en gravissant le mont Sharp.
InSight
Le 26 novembre 2018, l’atterrisseur InSight se pose sur Mars pour écouter l’intérieur de la planète. Il détecte 1 319 séismes martiens ; le plus fort, provoqué par l’impact d’une météorite, fait apparaître des blocs de glace. Sa « taupe », une sonde qui devait s’enfoncer seule à environ cinq mètres de profondeur, ne parvient pas à prendre appui dans un sol trop grumeleux et reste presque en surface. En décembre 2022, après plus de quatre ans sur Mars, ses batteries alimentées par l’énergie solaire sont épuisées : la dernière communication date du 15 décembre.
Sources : JPL, « Faces of Leadership » (Elachi de 2001 à 2016, plus de vingt missions, Spirit, Opportunity et Curiosity) ; JPL, « History » (Spirit et Opportunity lancés en juillet 2003, Spirit jusqu’en 2010, Opportunity jusqu’en 2018, MRO en 2005, Curiosity le 6 août 2012, InSight le 26 novembre 2018) ; JPL, « NASA Retires InSight Mars Lander Mission After Years of Science », 21 décembre 2022 (1 319 séismes, la glace, la taupe et les cinq mètres, le sol grumeleux, l’énergie épuisée après plus de quatre ans, le 15 décembre) ; JPL, « NASA’s Perseverance Rover Completes First AI-Planned Drive on Mars », 30 janvier 2026 (la caméra HiRISE de MRO) ; biographies de Steve Squyres, de John Grotzinger et d’Ashwin Vasavada de cette collection (atterrissages de 2004, la grue volante) ; NASA Science, pages « Mars Exploration Rovers » (Gusev et Meridiani, eau confirmée, 7,7 km et 45,16 km, 10 juin 2018), « Mars Reconnaissance Orbiter » (sept mois et six mois, caméra, table et autobus, Phoenix et Curiosity, relais) et « Phoenix » (25 mai 2008, 21 000 km/h, Vastitas Borealis, latitude du nord de l’Alaska, premier atterrissage fixe depuis Viking 2, photo par HiRISE, quinze minutes, 31 mai et 19 juin, glace, perchlorate) et « Curiosity » (dimensions, dix instruments et dix-sept caméras, question des microbes, environnements habitables, étude récente d’Astrobiology, dont la page ne donne pas l’année, un kilomètre d’altitude le 26 août 2026, 42 forages).
Chapitre 5 · 2016 – 2028 Perseverance et l’avenir incertain du laboratoire
Le JPL envoie sur Mars son rover le plus autonome, qui apprend à se repérer seul. Dans le même temps, le laboratoire se restructure, et la NASA met en concurrence le contrat qui le lie à Caltech depuis 1958.
Perseverance
Michael Watkins, qui a passé vingt-deux ans au JPL, le dirige de 2016 à 2021. En 2019, la NASA approuve formellement le projet de retour d’échantillons martiens. Le 30 juillet 2020, Perseverance décolle ; il doit collecter les échantillons que d’autres missions rapporteraient un jour sur Terre. Il se pose dans le cratère Jezero le 18 février 2021. Laurie Leshin, géochimiste et spécialiste des sciences spatiales, dirige le laboratoire de 2022 à 2025.
Pour choisir le site, les équipes ont examiné plus de soixante candidats pendant cinq ans. Le cratère Jezero, large de quarante-cinq kilomètres, au bord de la plaine Isidis, a accueilli il y a plus de 3,5 milliards d’années un lac alimenté par des rivières, dont il reste un delta. Le rover a quatre objectifs : étudier l’habitabilité passée, chercher des signes de vie microbienne ancienne, prélever et mettre en réserve des échantillons, et préparer les futures missions humaines. Il y découvre un système stable de lac, de delta et de rivières, deux types de roches volcaniques transformées par l’eau, une météo variée et un cycle de l’eau complexe. L’expérience MOXIE y fabrique de l’oxygène à partir du gaz carbonique de l’atmosphère.
À l’été 2024, Perseverance étudie la roche « Cheyava Falls », selon un scientifique de la mission la plus intrigante qu’il ait rencontrée : elle montre des traces d’eau, de matière organique et des indices de réactions chimiques qui pourraient être dues à des microbes. En septembre 2025, après un an d’examen par les pairs, la revue Nature publie les résultats : l’échantillon « Sapphire Canyon » contient des biosignatures potentielles, c’est-à-dire des indices qui suggèrent une vie passée mais demandent d’autres données avant toute conclusion. Le 11 octobre 2026, le compteur du rover atteint 45,22 kilomètres : il dépasse le record d’Opportunity, en cinq ans et demi au lieu de près de quinze.
Perseverance n’était pas seul. Sous son ventre voyageait Ingenuity, un petit hélicoptère de 1,8 kilogramme sur Terre, dont les pales mesurent environ 1,2 mètre d’une extrémité à l’autre. Le 19 avril 2021, il réalise le premier vol motorisé et contrôlé sur une autre planète, dans une atmosphère d’une densité inférieure à 1 % de celle de la Terre ; la NASA parle d’un « moment des frères Wright ». Prévu pour cinq vols d’essai en trente jours, il en accomplit soixante-douze en près de trois ans : 128,8 minutes de vol, 17 kilomètres parcourus, jusqu’à 24 mètres d’altitude, en repérant le terrain pour le rover. Son dernier vol a lieu le 18 janvier 2024, et la mission s’achève le 25 janvier. Le 24 mars 2026, lors de sa présentation « Ignition », la NASA annonce SkyFall, une mission qui doit larguer en plein vol plusieurs hélicoptères martiens de nouvelle génération, chargés de repérer des sites d’atterrissage pour les humains et de cartographier la glace d’eau du sous-sol.
Un rover qui se repère seul
Les 8 et 10 décembre 2025, Perseverance effectue les premiers trajets sur Mars préparés par une intelligence artificielle générative. Celle-ci a analysé les images de la caméra HiRISE et des cartes de pente pour repérer roche nue, affleurements, champs de blocs et rides de sable, puis tracer un itinéraire jalonné de points de passage. Avant l’envoi, l’équipe a fait passer les commandes dans un « jumeau numérique » du rover, une réplique virtuelle, en vérifiant plus de 500 000 variables. Le rover parcourt 210 mètres le 8 décembre et 246 mètres le 10.
Le 2 février 2026, il utilise pour la première fois en opérations courantes un système de localisation globale : un algorithme embarqué compare les panoramas de ses caméras aux cartes prises en orbite et situe le rover à environ 25 centimètres près, en deux minutes. « C’est un peu comme donner un GPS au rover », dit la roboticienne Vandi Verma. Jusque-là, les erreurs accumulées pendant les longs trajets, parfois plus de 35 mètres, obligeaient le rover à s’arrêter et à attendre les instructions de la Terre.
Un laboratoire en question
Le 2 juin 2025, Dave Gallagher devient le onzième directeur du JPL. Le laboratoire traverse une restructuration de grande ampleur et des mesures de réduction des coûts. Le 22 mai 2026, Caltech annonce que la NASA va mettre en concurrence le contrat de gestion du JPL ; l’accord actuel se termine le 30 septembre 2028. Caltech, qui gère le laboratoire depuis 1958, prépare sa candidature et dit accueillir favorablement une « compétition équitable et ouverte ». Jusqu’à cinq lancements sont prévus en 2028. Le réseau de l’espace lointain, lui, compte quatorze antennes et sert plus de quarante missions.
Sources : JPL, « Faces of Leadership » (Watkins de 2016 à 2021 et ses vingt-deux ans au JPL, Leshin de 2022 à 2025, Gallagher onzième directeur depuis le 2 juin 2025) ; JPL, « History » (approbation du retour d’échantillons en 2019, lancement de Perseverance le 30 juillet 2020) ; biographie de Swati Mohan de cette collection (atterrissage du 18 février 2021) ; JPL, « NASA’s Perseverance Rover Completes First AI-Planned Drive on Mars », 30 janvier 2026 (8 et 10 décembre 2025, HiRISE, points de passage, jumeau numérique, plus de 500 000 variables, 210 et 246 mètres) ; JPL, « NASA’s Perseverance Now Autonomously Pinpoints Its Location on Mars », 18 février 2026 (le 2 février, environ 25 cm, deux minutes, « This is kind of like giving the rover GPS », plus de 35 mètres) ; Caltech, annonce du 22 mai 2026 (mise en concurrence, 30 septembre 2028, restructuration, « fair and open competition », cinq lancements en 2028) ; JPL, « NASA’s Deep Space Network Turns 60 », 22 décembre 2023 (quatorze antennes, plus de quarante missions) ; NASA Science, page « Mars 2020 Perseverance » (plus de soixante sites et cinq ans, Jezero, lac et delta, quatre objectifs, découvertes, MOXIE, Cheyava Falls à l’été 2024, Nature en septembre 2025, « Sapphire Canyon », 45,22 km le 11 octobre 2026, cinq ans et demi contre près de quinze) ; NASA Science, page « Ingenuity Mars Helicopter » (1,81 kg, 1,2 m, 19 avril 2021, atmosphère à moins de 1 % de celle de la Terre, « Wright Brothers moment », cinq vols prévus en trente jours, 72 vols, 128,8 minutes, 17 km, 24 m, dernier vol le 18 janvier 2024, fin le 25 janvier, SkyFall annoncée le 24 mars lors de l’événement « Ignition »). Les citations sont traduites de l’anglais.
Épilogue
Le JPL et Mars
Chapitre 6 · La leçon Ce que le JPL lègue à Mars
De l’essai de moteur de 1936 au rover qui se repère seul en 2026, le Jet Propulsion Laboratory a accumulé une expérience de l’exploration robotique de Mars commencée en 1965. Il en reste quatre leçons.
Les robots ouvrent la voie
Mariner 4, Viking, Sojourner, Spirit, Curiosity, Perseverance : chaque étape a été franchie par une machine avant de l’être par des humains. Les premières bases martiennes seront d’abord préparées, cartographiées et peut-être construites par des robots.
L’échec fait partie du métier
Mars Observer en 1993, les deux pertes de 1999 : le laboratoire a appris autant de ses échecs que de ses succès. Une présence humaine sur Mars demandera la même humilité.
L’autonomie est indispensable
Un rover qui trace sa route avec une intelligence artificielle et se situe à vingt-cinq centimètres près sans attendre la Terre annonce ce dont les équipages auront besoin : des machines capables de décider seules, loin de tout contrôle en temps réel.
Les détails décident
Une coiffe qui ne se détache pas a perdu Mariner 3 ; une confusion entre pieds et mètres a perdu Mars Climate Orbiter ; un faux signal a coupé trop tôt les moteurs de Mars Polar Lander. À l’inverse, des coussins gonflables, une grue volante ou un hélicoptère de moins de deux kilogrammes ont ouvert des voies nouvelles. Sur Mars, la survie d’un équipage tiendra aux mêmes détails, vérifiés un par un.
Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.
Annexes
Pour aller plus loin
Annexe Comprendre le JPL
Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.
Un centre de la NASA géré par une université
Le JPL appartient à la NASA, mais c’est l’université Caltech qui l’exploite, par contrat.
Le survol, l’orbite, l’atterrissage
Une sonde peut passer près d’une planète sans s’arrêter (survol), se placer en orbite autour d’elle pour l’observer longtemps, ou se poser à sa surface. Mariner 4 a survolé Mars, Mariner 9 s’est placée en orbite, Viking s’y est posé.
Le réseau de l’espace lointain
Un ensemble de grandes antennes réparties sur trois continents, qui permet de parler en permanence aux sondes lointaines malgré la rotation de la Terre.
Un séisme martien
Un tremblement du sol de Mars. En les enregistrant, on peut, comme sur Terre, déduire la structure de l’intérieur de la planète.
Un jumeau numérique
Une copie virtuelle d’un engin, qui reproduit son logiciel et son comportement, pour vérifier des commandes avant de les envoyer à la machine réelle.
Ces explications sont des notions générales. Le statut du JPL suit l’annonce de Caltech du 22 mai 2026 ; le jumeau numérique, le communiqué du JPL du 30 janvier 2026.
Annexe Chronologie
Les grandes dates du JPL et de ses missions vers Mars.
31 octobre 1936. Premier essai de moteur-fusée dans l’Arroyo Seco.
1943. Le nom « Jet Propulsion Laboratory » apparaît.
1944. Financement par l’armée.
31 janvier 1958. Explorer 1, premier satellite américain.
3 décembre 1958. Le JPL rejoint la NASA, géré par Caltech.
27 août 1962. Lancement de Mariner 2 vers Vénus.
1963. Création du réseau de l’espace lointain.
5 novembre 1964. Mariner 3 échoue : sa coiffe ne se détache pas.
14 juillet 1965. Mariner 4 survole Mars.
29 juillet 1965. Les images de Mariner 4 présentées au président Johnson.
Novembre 1971. Mariner 9, premier orbiteur d’une autre planète.
1976. Les atterrisseurs Viking se posent sur Mars.
20 juillet 1976. Viking 1 se pose dans Chryse Planitia.
3 septembre 1976. Viking 2 se pose dans Utopia Planitia.
Septembre 1981. Menace de fermeture du JPL.
21 août 1993. Perte de Mars Observer.
1997. Mars Pathfinder et Sojourner.
4 juillet 1997. Pathfinder se pose dans Ares Vallis, sur ses coussins gonflables.
23 septembre 1999. Perte de Mars Climate Orbiter.
3 décembre 1999. Perte de Mars Polar Lander.
2000. Fin du programme Mars Surveyor.
Juillet 2003. Lancement de Spirit et d’Opportunity.
25 mai 2008. Phoenix se pose près du pôle Nord.
6 août 2012. Curiosity se pose dans le cratère Gale.
10 juin 2018. Dernier contact avec Opportunity.
26 novembre 2018. InSight se pose sur Mars.
30 juillet 2020. Lancement de Perseverance.
19 avril 2021. Premier vol d’Ingenuity.
Décembre 2022. Fin de la mission InSight.
2 juin 2025. Dave Gallagher devient directeur.
Septembre 2025. Biosignatures potentielles de « Cheyava Falls » publiées dans Nature.
Décembre 2025. Premiers trajets préparés par une intelligence artificielle.
24 mars 2026. Annonce de la mission d’hélicoptères SkyFall.
22 mai 2026. Annonce de la mise en concurrence du contrat de gestion.
26 août 2026. Curiosity a gagné un kilomètre d’altitude sur le mont Sharp.
11 octobre 2026. Perseverance bat le record de distance d’Opportunity.
30 septembre 2028. Fin de l’accord actuel entre la NASA et Caltech.
Sources : celles des chapitres.
Annexe Les directeurs et les personnages
Les directeurs du JPL et les autres personnes qui apparaissent dans ce livre.
Theodore von Kármán (1938-1944). Professeur de Caltech, à la tête du groupe de chercheurs en fusées qui devient le JPL.
Frank Malina (1944-1946, par intérim). L’un des étudiants de l’Arroyo Seco ; dirige le laboratoire pendant que von Kármán est à Washington.
Louis Dunn (1946-1954). Programmes de missiles Corporal et Sergeant.
William Pickering (1954-1976). Explorer 1, les premières Mariner.
Bruce Murray (1976-1982). Les atterrissages de Viking.
Charles Terhune (1982, par intérim). Directeur adjoint depuis 1971.
Lew Allen (1982-1990). Galileo et Magellan.
Edward Stone (1991-2001). Mars Pathfinder et Sojourner.
Charles Elachi (2001-2016). Spirit, Opportunity, Curiosity.
Michael Watkins (2016-2021). Vingt-deux ans au JPL avant de le diriger.
Laurie Leshin (2022-2025). Géochimiste et spécialiste des sciences spatiales.
Dave Gallagher (depuis 2025). Onzième directeur.
James Van Allen. Physicien dont le compteur Geiger, à bord d’Explorer 1, découvre les ceintures de radiation.
Vandi Verma. Roboticienne du JPL, qui travaille sur l’autonomie de Perseverance.
Sources : JPL, « Faces of Leadership: The Directors of JPL » ; celles des chapitres. La page du JPL donne 1946 comme début de la direction de Louis Dunn dans sa liste, mais 1947 dans son texte (direction par intérim en 1946).
Annexe Sources et méthode
Ce livre raconte l’histoire du Jet Propulsion Laboratory et de son rôle dans l’exploration de Mars à partir des documents du laboratoire, de la NASA et de Caltech. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce qui ne concorde pas.
Les sources principales
Ce livre remplace une ancienne page d’environ 10 000 mots, où les mêmes missions étaient racontées plusieurs fois ; nous en avons gardé les faits et repris les sources. Il s’appuie sur la page historique du JPL, sa page consacrée à ses directeurs, l’article « NASA’s Legacy of Mars Exploration » (1995), plusieurs communiqués du JPL de 2022 à 2026 et l’annonce de Caltech du 22 mai 2026. Beaucoup de missions sont racontées plus en détail dans les biographies de cette collection : Donna Shirley et Rob Manning pour Pathfinder, Steve Squyres et Jennifer Trosper pour Spirit et Opportunity, John Grotzinger, Adam Steltzner et Ashwin Vasavada pour Curiosity, Swati Mohan pour Perseverance.
Ce qui ne concorde pas
La page des directeurs fait commencer la direction de Louis Dunn en 1946 dans sa liste, mais en 1947 dans son texte, après une année d’intérim. L’article de 1995 sur l’héritage martien date de juin 1995 : il ne couvre évidemment pas les missions postérieures.
Les fiches de mission de la NASA ont aussi leurs incohérences. L’en-tête de la page de Mariner 4 date le survol du « 14 juin 1965 », alors que le texte de la même page et toutes les autres sources donnent le 14 juillet ; nous retenons le 14 juillet. La page de Phoenix donne au bras robotique une longueur de près de 2,5 mètres, alors que l’Agence spatiale canadienne parle de 2,35 mètres ; nous ne donnons pas cette longueur ici. Pour l’étude de la revue Astrobiology sur les molécules organiques trouvées par Curiosity, la page de la NASA donne le jour, 4 février, mais pas l’année.
La longueur
Ce livre compte environ quatre mille neuf cents mots, contre deux mille six cents dans sa version précédente. Les fiches de mission de la NASA Science nous ont permis de raconter en détail Mariner 4 et 9, Viking, Pathfinder, les pertes de 1999, Spirit et Opportunity, Mars Reconnaissance Orbiter, Phoenix, Curiosity, Perseverance et Ingenuity. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. Le JPL a mené bien d’autres missions que celles de Mars ; nous nous en tenons à ce qui éclaire son rôle dans l’exploration de la planète rouge.
L’illustration
L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.
Sources en ligne
- JPL, « History »
- JPL, « Faces of Leadership: The Directors of JPL »
- JPL, « NASA’s Legacy of Mars Exploration » (1995)
- JPL, « NASA’s Deep Space Network Turns 60 » (2023)
- JPL, « NASA Retires InSight Mars Lander Mission » (2022)
- JPL, « NASA’s Perseverance Rover Completes First AI-Planned Drive on Mars » (2026)
- JPL, « NASA’s Perseverance Now Autonomously Pinpoints Its Location on Mars » (2026)
- Caltech, annonce du 22 mai 2026
- NASA Science, « Mariner 4 »
- NASA Science, « Mariner 9 »
- NASA Science, « Viking 1 »
- NASA Science, « Viking 2 »
- NASA Science, « Mars Pathfinder »
- NASA Science, « Mars Climate Orbiter »
- NASA Science, « Mars Polar Lander / Deep Space 2 »
- NASA Science, « Mars Global Surveyor »
- NASA Science, « Mars Exploration Rovers »
- NASA Science, « Mars Reconnaissance Orbiter »
- NASA Science, « Phoenix »
- NASA Science, « Curiosity »
- NASA Science, « Mars 2020 Perseverance »
- NASA Science, « Ingenuity Mars Helicopter »
Faits vérifiés auprès de ces sources le 18 octobre 2026.
Pour aller plus loin
Bibliothèque Mars
Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.
Arcadia — Manuel de la première cité martienne
