Bible Mars — Organisations
Blue Origin
Fondée en 2000 par Jeff Bezos, l’entreprise a avancé pas à pas, des premiers démonstrateurs au lanceur New Glenn. En 2025, elle lance sa première mission vers Mars ; en 2026, la NASA lui confie un relais de télécommunications martien.
fondée en 2000 — Kent, État de Washington
- Création
- 2000, par Jeff Bezos
- Statut
- Entreprise privée américaine
- Lanceurs
- New Shepard (suborbital), New Glenn (orbital, depuis 2025)
- Lien avec Mars
- Lancement d’ESCAPADE (2025) ; orbiteur de télécommunications martien (choisi en 2026)
- Devise
- « Gradatim ferociter »
6 chapitres et 4 annexes : environ 4 400 mots, soit 20 minutes de lecture. Chaque fait vient de sources vérifiées, indiquées à la fin de chaque chapitre.
Première partie
Construire la route
2000 – 2026
Chapitre 1 · 2000 – 2012 « Gradatim ferociter »
Fondée en 2000 par Jeff Bezos, Blue Origin avance pendant des années sans bruit, par petits pas. Sa devise latine le dit : pas à pas, avec acharnement.
Une route vers l’espace
Blue Origin naît en 2000, à l’initiative de Jeff Bezos. Son nom signifie la Terre, « l’origine bleue ». L’entreprise résume aujourd’hui sa mission par une phrase de son fondateur : c’est le travail de cette génération de construire une route vers l’espace, pour que les générations futures puissent libérer leur créativité. Elle imagine un avenir où des millions de personnes vivraient et travailleraient dans l’espace pour préserver la Terre. Son premier objectif est de réduire radicalement le coût d’accès à l’espace, et la clé, selon elle, est la réutilisation : ses fusées sont conçues dès l’origine pour décoller et se poser verticalement, et resservir.
Une petite équipe
Les débuts sont discrets. L’ingénieur Gary Lai, qui deviendra l’architecte principal du véhicule New Shepard, rejoint l’entreprise en 2004 ; il fait alors partie des vingt premiers salariés.
Charon et Goddard
Le premier engin volant de Blue Origin s’appelle Charon. Construit en 2005, ce véhicule d’essai d’environ 4,3 tonnes utilise quatre réacteurs d’avion montés à la verticale pour démontrer les techniques d’atterrissage vertical. Il vole au début de 2005 et apporte à l’équipe, selon l’entreprise, une précieuse expérience de conception, de construction et d’opérations. Il est exposé depuis 2012 au Museum of Flight de Seattle.
Le 13 novembre 2006, au matin, l’entreprise lance et fait atterrir Goddard, premier véhicule de développement du programme New Shepard, une fusée à décollage et atterrissage verticaux destinée à emmener quelques astronautes dans l’espace lors d’un vol suborbital. En janvier 2007, Jeff Bezos écrit : « Des pas plus petits et plus fréquents accélèrent l’apprentissage. » Il dit croire à l’amélioration progressive et à un rythme d’investissement soutenable, et signe d’une devise latine : « Gradatim ferociter ! », pas à pas, avec acharnement.
Sources : Blue Origin, « About Blue » (la citation de Jeff Bezos sur la route vers l’espace, le sens du nom, les millions de personnes, la réduction du coût, la réutilisation, le décollage et l’atterrissage verticaux) ; Blue Origin, « Blue Origin’s Original Charon Flying Vehicle Goes On Display at the Museum of Flight », 23 mai 2012 (construit en 2005, 9 500 livres, quatre réacteurs, vol au début de 2005, expérience de conception, exposition) ; Blue Origin, « Flight Test – Goddard Low Altitude Mission », 2 janvier 2007 (le 13 novembre 2006, New Shepard, « Smaller, more frequent steps drive a faster rate of learning », l’amélioration progressive, « Gradatim Ferociter! ») ; Cornell University, « Blue Origin’s Gary Lai ’95 Rockets to (Suborbital) Space », et University of Washington Magazine (Gary Lai arrivé en 2004 parmi les vingt premiers salariés, architecte principal de New Shepard) ; Wikipédia en anglais, « Blue Origin » (fondation en 2000 ; source tertiaire). Les 9 500 livres ont été convertis par nos soins. Les citations sont traduites de l’anglais.
Chapitre 2 · 2021 – 2026 New Shepard, onze minutes dans l’espace
Avant de viser l’orbite, Blue Origin a appris à faire monter une fusée au-dessus de la frontière de l’espace, à la faire redescendre et à la poser. Avec New Shepard, quatre-vingt-dix-huit personnes ont franchi cette frontière.
Une fusée sans pilote
New Shepard porte le nom d’Alan Shepard, le premier Américain dans l’espace. C’est une fusée suborbitale, c’est-à-dire qu’elle monte dans l’espace puis redescend sans faire le tour de la Terre. Elle est entièrement réutilisable et conçue dès l’origine pour emporter des humains. Le voyage dure onze minutes : la capsule franchit la ligne de Kármán, à 100 kilomètres d’altitude, la frontière internationalement reconnue de l’espace, et ses passagers vivent plusieurs minutes d’apesanteur. Il n’y a pas de pilote : le véhicule est entièrement autonome.
Le premier étage porte en haut un anneau et des ailerons en coin qui le stabilisent et réduisent sa consommation au retour ; des freins aérodynamiques sortent de cet anneau pour diminuer sa vitesse de moitié pendant la descente. Des ailerons arrière le guident jusqu’au pas de tir, à plus de trois fois la vitesse du son. Son moteur BE-3PM, à hydrogène et oxygène liquides, le propulse vers l’espace puis se rallume pour le ralentir jusqu’à 9,7 kilomètres à l’heure, avant un atterrissage précis sur ses jambes. La capsule, pressurisée, accueille six personnes, chacune à côté d’un hublot ; ses fenêtres sont parmi les plus grandes qui aient volé dans l’espace.
Selon Blue Origin, près de 99 % de la masse à vide de New Shepard est réutilisée : premier étage, capsule, anneau, moteur, train d’atterrissage et parachutes. La combustion de l’hydrogène et de l’oxygène ne rejette que de la vapeur d’eau.
Seize essais avant les humains
Le programme d’essais en vol s’achève en 2021, après seize vols d’essai réussis d’affilée, dont trois essais d’éjection de la capsule : ils montrent que le système de sauvetage de l’équipage peut se déclencher à toute phase du vol. Le 20 juillet 2021 a lieu le premier vol habité, NS-16. À bord : Jeff Bezos, son frère Mark, l’étudiant Oliver Daemen, alors la plus jeune personne à aller dans l’espace, et Wally Funk, pionnière de l’aviation et membre du groupe pionnier des « Mercury 13 », qui devient alors la personne la plus âgée à aller dans l’espace.
Des passagers de toutes sortes
Les vols habités se succèdent. Le 13 octobre 2021, l’acteur William Shatner devient à son tour la personne la plus âgée à voler dans l’espace. Le 11 décembre 2021, Laura Shepard Churchley, fille d’Alan Shepard, monte dans la fusée qui porte le nom de son père. Le 31 mars 2022, Gary Lai, l’architecte principal de New Shepard, vole sur sa propre fusée. En juin et en août 2022 volent les premiers représentants du Mexique, du Portugal et de l’Égypte.
Le 19 mai 2024, le septième vol habité emporte Ed Dwight, ancien capitaine de l’armée de l’air, choisi en 1961 par le président John F. Kennedy comme premier candidat astronaute noir des États-Unis, mais qui n’avait jamais eu l’occasion de voler. Le 22 novembre 2024, l’ingénieure et animatrice Emily Calandrelli fait partie de l’équipage. Le 14 avril 2025, les six passagers de NS-31 sont six femmes, parmi lesquelles la chanteuse Katy Perry et la journaliste Gayle King. Le 20 décembre 2025, Michaela Benthaus, ingénieure en aéronautique et en mécatronique, devient la première personne en fauteuil roulant à franchir la ligne de Kármán.
New Shepard emporte aussi la science. Lors du vingt-quatrième vol, le 19 décembre 2023, il transporte trente-trois expériences de la NASA, d’universités et d’entreprises, ainsi que 38 000 cartes postales d’élèves, renvoyées ensuite à leurs auteurs avec le tampon « Flown to Space ». Ce vol dure dix minutes et treize secondes, et la capsule culmine à 107 kilomètres au-dessus du niveau de la mer. En 2024, le chercheur Rob Ferl devient le premier scientifique financé par la NASA à mener une expérience au sein d’un équipage suborbital commercial.
La pause
Le 22 janvier 2026, New Shepard effectue son trente-huitième vol, NS-38. Le 30 janvier, Blue Origin annonce qu’elle suspend les vols de New Shepard pour au moins deux ans, afin de consacrer ses ressources au développement de ses capacités de vol habité vers la Lune. Au total, la fusée a volé trente-huit fois, emporté quatre-vingt-dix-huit personnes, soit quatre-vingt-douze individus, certains ayant volé deux fois, et lancé plus de deux cents charges scientifiques. Selon l’entreprise, la demande avait créé une liste d’attente de plusieurs années.
Sources : Blue Origin, page « New Shepard » (nom d’Alan Shepard ; suborbitale, réutilisable, conçue pour des humains ; onze minutes ; ligne de Kármán ; autonomie ; anneau et ailerons ; freins ; BE-3PM et 9,7 km/h ; ailerons arrière et Mach 3 ; capsule de six places et hublots ; seize vols d’essai et trois essais d’éjection, fin en 2021 ; 99 % de la masse réutilisée ; vapeur d’eau) ; Blue Origin, page « Meet our astronauts » (98 personnes et 92 individus ; plus de 200 charges ; équipages et dates de NS-16 à NS-38 ; Oliver Daemen, Wally Funk, William Shatner, Laura Shepard Churchley, Gary Lai, premiers Mexicaine, Portugais et Égyptienne, Emily Calandrelli, Rob Ferl, Michaela Benthaus) ; Blue Origin, « Blue Origin Successfully Completes 24th Mission to Space », 19 décembre 2023 (33 charges, 38 000 cartes postales, durée et altitudes) ; Blue Origin, « Blue Origin Completes 25th Mission to Space with Six Crew Onboard », 19 mai 2024 (septième vol habité, Ed Dwight) ; Blue Origin, « Blue Origin to Pause New Shepard Flights for No Less Than Two Years », 30 janvier 2026 (pause, 38 vols, 98 personnes, plus de 200 charges, liste d’attente). Les pages consultées de Blue Origin ne datent pas les vols d’essai de New Shepard .
Chapitre 3 · 2012 – 2026 Moteurs et New Glenn
Après les démonstrateurs, Blue Origin construit des moteurs, une fusée suborbitale qui vole des dizaines de fois, puis un lanceur géant. Il atteint l’orbite au premier essai, en janvier 2025.
Les moteurs
New Shepard, la fusée suborbitale réutilisable, effectue des dizaines de vols avec son moteur BE-3PM, à hydrogène et oxygène liquides. L’entreprise développe ensuite le BE-4, un moteur réutilisable brûlant de l’oxygène et du gaz naturel liquéfié, qui développe 2 846 kilonewtons de poussée au niveau de la mer ; deux BE-4 propulsent aussi le premier étage de la fusée Vulcan de United Launch Alliance. Ces moteurs sont fabriqués en série à Kent, dans l’État de Washington, et à Huntsville, en Alabama.
New Glenn
New Glenn, baptisée en l’honneur de John Glenn, premier Américain à avoir fait le tour de la Terre en orbite, mesure plus de 98 mètres. Son premier étage, propulsé par sept moteurs BE-4, est conçu pour voler au moins vingt-cinq fois ; son second étage utilise deux moteurs BE-3U, rallumables dans l’espace. Sa coiffe de sept mètres offre deux fois le volume des coiffes de cinq mètres. Elle peut placer plus de 45 tonnes en orbite basse et plus de 13 tonnes en orbite de transfert géostationnaire.
Le 16 janvier 2025, à 2 h 03, heure de la côte est, les sept moteurs de New Glenn s’allument sur le pas de tir 36 de Cap Canaveral. La fusée atteint l’orbite prévue dès son premier vol, NG-1, et dépose le démonstrateur Blue Ring Pathfinder. Le premier étage, lui, est perdu pendant sa descente. « Nous savions qu’atterrir du premier coup était un objectif ambitieux », reconnaît le directeur général, Dave Limp.
Plus puissante, puis plus grande
Le 20 novembre 2025, une semaine après le deuxième vol, Blue Origin annonce une série d’améliorations, introduites à partir du troisième. La poussée totale des sept BE-4 du premier étage doit passer de 17 219 à 19 928 kilonewtons, grâce notamment au sous-refroidissement des ergols, qui les rend plus denses ; celle des deux BE-3U du second étage, de 1 423 à 1 779 kilonewtons. S’y ajoutent une coiffe réutilisable, des réservoirs moins chers et une protection thermique plus performante et réutilisable, pour remettre plus vite la fusée en service.
L’étape suivante est une fusée super-lourde, New Glenn 9x4, du nom de ses neuf moteurs au premier étage et quatre au second. Elle doit placer plus de 70 tonnes en orbite basse, plus de 14 tonnes directement en orbite géosynchrone et plus de 20 tonnes sur une trajectoire vers la Lune, sous une coiffe de 8,7 mètres. Les deux versions, 7x2 et 9x4, doivent coexister. En août 2026, Blue Origin commence à Cap Canaveral la construction d’un second pas de tir, LC-36B, destiné à la 9x4, avec un bâtiment d’intégration verticale ; LC-36A reste celui de la 7x2. L’entreprise compte alors plus de 4 500 salariés en Floride.
Sources : Blue Origin, page « New Glenn » (BE-4 à oxygène et gaz naturel liquéfié, 640 000 livres soit 2 846 kN, deux BE-4 sur Vulcan, Kent et Huntsville, John Glenn, plus de 98 m, sept BE-4, au moins 25 vols, deux BE-3U, coiffe de sept mètres, 45 t en orbite basse et 13 t en orbite de transfert, dizaines de vols de New Shepard avec le BE-3PM) ; Blue Origin, « Blue Origin’s New Glenn Reaches Orbit », 16 janvier 2025 (2 h 03, pas de tir 36, orbite atteinte, Blue Ring Pathfinder, perte du premier étage, « We knew landing our booster… on the first try was an ambitious goal »). Blue Origin, « New Glenn Update: Upgraded Engines and Subcooled Components Drive Enhanced Performance », 20 novembre 2025 (poussées, sous-refroidissement, coiffe réutilisable, réservoirs, protection thermique, New Glenn 9x4 et ses performances, coiffe de 8,7 m, coexistence des deux versions) ; Blue Origin, « Returning Launch Complex 36 to Two Pads », 12 août 2026 (LC-36B, bâtiment d’intégration verticale, LC-36A pour la 7x2, 4 500 salariés en Floride). Les citations sont traduites de l’anglais. L’explication du sous-refroidissement est la nôtre. Les dates des premiers vols de New Shepard et de développement du BE-4 ne sont pas données par les pages consultées.
Deuxième partie
La Lune, banc d’essai
2023 – 2029
Chapitre 4 · 2023 – 2029 Blue Moon, la Lune comme banc d’essai
Pour Blue Origin, la Lune est le « huitième continent » : une destination en soi, et un terrain d’apprentissage pour aller plus loin. Atterrisseurs, robots et usine à oxygène y préparent des savoir-faire dont Mars aura besoin.
Le deuxième atterrisseur d’Artemis
Le 19 mai 2023, la NASA choisit Blue Origin, établie à Kent, dans l’État de Washington, comme deuxième fournisseur d’atterrisseurs lunaires habités pour le programme Artemis. Le contrat, à prix fixe, vaut 3,4 milliards de dollars. L’entreprise doit concevoir, construire, tester et qualifier son atterrisseur Blue Moon, effectuer une mission de démonstration sans équipage, puis une démonstration habitée lors de la mission Artemis V, alors prévue en 2029 : deux astronautes doivent passer de la station Gateway à l’atterrisseur pour un séjour d’environ une semaine dans la région du pôle Sud. La NASA, qui avait déjà retenu SpaceX, explique son choix : deux conceptions distinctes rendent le programme plus robuste, stimulent la concurrence et réduisent les coûts. Son administrateur, Bill Nelson, y voit un investissement dans l’infrastructure « qui ouvrira la voie à l’atterrissage des premiers astronautes sur Mars ».
Deux atterrisseurs
Blue Moon se décline en deux versions. Le Mark 2 comprend un atterrisseur habité, pour quatre astronautes, et un atterrisseur cargo capable de poser jusqu’à trente tonnes sur la Lune. Le Mark 1 est un atterrisseur cargo lancé en une seule fois par New Glenn : il peut déposer d’abord jusqu’à trois tonnes, de jour comme de nuit, n’importe où à la surface, et bien davantage avec la future version lourde de la fusée. Plusieurs exemplaires sont en production pour la NASA, dans l’usine Lunar Plant 1, en Floride.
Le Mark 1 est propulsé par un seul moteur BE-7, à hydrogène et oxygène liquides, très efficace, capable de moduler fortement sa poussée et de se rallumer. Le choix de ces ergols n’est pas anodin : selon Blue Origin, ils pourront un jour être produits à partir de la glace d’eau que l’on trouve dans le système solaire, ce qui ouvrirait la voie à des pleins faits sur place. Le Mark 1 doit aussi déployer des « tours d’énergie » délivrant plus de dix kilowatts, installées sur les rares sommets presque toujours ensoleillés des pôles lunaires.
Le premier exemplaire, baptisé Endurance, doit valider le moteur BE-7, les systèmes cryogéniques, l’électronique, les communications continues et la précision d’atterrissage. Les photos publiées par l’entreprise le montrent préparé pour des essais acoustiques, de choc et radio, puis installé dans la chambre à vide thermique de la NASA à Houston pour y être testé. Le 26 mai 2026, la NASA en fait la première mission de sa future base lunaire, « Moon Base I » : selon son administrateur, Jared Isaacman, ce sera la première mission d’atterrisseur lunaire financée par le privé. Endurance doit se poser sur la crête qui relie le cratère Shackleton, au pôle Sud, avec deux instruments de la NASA, pas avant l’automne 2026. Les missions suivantes doivent emporter le rover VIPER de la NASA, destiné à chercher l’eau au pôle Sud, puis deux véhicules lunaires de surface pour les équipages d’Artemis.
Honeybee, des robots jusqu’à Mars
Blue Origin possède aussi Honeybee Robotics, une entreprise de robotique spatiale qui fait partie de sa division des systèmes spatiaux. Honeybee a lancé plus de trois mille composants et systèmes dans l’espace, dont plusieurs posés à la surface de Mars ; elle participe aujourd’hui à la mission Dragonfly vers Titan et à la mission japonaise MMX vers Phobos. Sur la Lune, son aspirateur à échantillons PlanetVac et sa foreuse LISTER ont fonctionné en mars 2025 à bord de l’atterrisseur Blue Ghost de la société Firefly, dans la mer des Crises. Le 24 mars 2025, Firefly choisit Honeybee pour fournir le rover de sa troisième mission lunaire, vers les dômes de Gruithuisen, une région jamais explorée, en 2028.
Blue Alchemist : fabriquer sur place
Le 10 septembre 2025, Blue Origin annonce que son système Blue Alchemist a passé sa revue critique de conception. Son principe : au lieu de tout transporter depuis la Terre, fabriquer sur place ce dont on a besoin à partir du régolithe, la poussière et les roches qui couvrent la Lune ou Mars. Un réacteur d’électrolyse du régolithe fondu fait passer un courant électrique dans la roche liquéfiée pour séparer l’oxygène des métaux, fer, aluminium et silicium, sans eau, sans produit toxique et sans émission de carbone. L’oxygène peut servir à respirer, à recharger des piles à combustible ou de carburant pour les fusées ; le silicium, purifié, sert à fabriquer des cellules solaires résistantes au rayonnement ; on obtient aussi du verre, des céramiques, des métaux et du fil électrique.
« Chaque kilogramme d’oxygène que nous fabriquons à la surface de la Lune, c’est un kilogramme de moins à lancer depuis la Terre », résume Pat Remias, vice-présidente chargée des concepts avancés. Selon l’entreprise, le procédé pourrait rendre les atterrissages lunaires jusqu’à 60 % moins chers. Il est développé dans son centre consacré aux ressources spatiales, avec plus de soixante-cinq spécialistes, et soutenu par la NASA. La prochaine étape annoncée est une démonstration autonome dans un environnement lunaire simulé, en 2026. Blue Origin présente explicitement ce travail comme applicable à Mars, selon les mêmes principes de transformation des ressources.
Sources : NASA, « NASA Selects Blue Origin as Second Artemis Lunar Lander Provider », 19 mai 2023 (Kent, Artemis V en 2029, démonstration sans équipage, 3,4 milliards de dollars, Gateway, deux astronautes et une semaine au pôle Sud, raisons du second fournisseur, SpaceX, propos de B. Nelson) ; Blue Origin, page « Blue Moon » (huitième continent ; Mark 1 et 3 t ; Mark 2 pour quatre astronautes et 30 t de fret) ; Blue Origin, page « Blue Moon Mark 1 » (lancement unique ; jusqu’à 3 t sur New Glenn 7x2, davantage sur 9x4 ; production pour la NASA ; Lunar Plant 1 ; moteur BE-7 et glace d’eau ; tours d’énergie de plus de 10 kW ; Endurance et ses essais ; VIPER ; deux véhicules lunaires) ; NASA, « Moon Base Announcement Speech – May 26, 2026 » (Moon Base I, financement privé, crête de Shackleton, deux instruments, pas avant l’automne 2026) ; Blue Origin, « Firefly Aerospace Selects Blue Origin’s Honeybee Robotics to Provide Rover for Lunar Mission to Gruithuisen Domes », 24 mars 2025 (Honeybee, plus de 3 000 composants, Mars, Dragonfly, MMX, PlanetVac et LISTER sur Blue Ghost, mer des Crises en mars 2025, rover de 2028) ; Blue Origin, « Blue Alchemist Hits Major Milestone Toward Permanent and Sustainable Lunar Infrastructure », 10 septembre 2025 (revue critique, principe, électrolyse du régolithe fondu, produits, citation de P. Remias, 60 %, centre et 65 experts, NASA, démonstration en 2026, Mars). Les citations sont traduites de l’anglais. L’explication du régolithe est la nôtre.
Troisième partie
Vers Mars
2022 – 2028
Chapitre 5 · 2022 – 2026 Premier lancement vers Mars
Blue Origin n’a jamais été une entreprise martienne. Pourtant, c’est vers Mars que New Glenn envoie sa première mission scientifique, et c’est à Mars que la NASA lui confie, en 2026, un relais de télécommunications.
ESCAPADE
Le 26 janvier 2022, Blue Origin entre dans un contrat-cadre de la NASA pour le lancement de petites missions. Le 9 février 2023, la NASA lui confie le lancement d’ESCAPADE, deux petites sondes jumelles construites par Rocket Lab et dirigées par l’université de Californie à Berkeley, qui doivent étudier comment le vent solaire agit sur l’environnement magnétique de Mars et entraîne la fuite de son atmosphère.
Le 13 novembre 2025, à 15 h 55, heure de la côte est, New Glenn décolle pour sa deuxième mission, NG-2. Elle place les deux sondes sur leur orbite d’attente, et son premier étage se pose sur Jacklyn, une plateforme flottante dans l’Atlantique. « Jamais dans l’histoire un premier étage de cette taille n’avait réussi son atterrissage au deuxième essai », se réjouit Dave Limp. Les sondes ne partent pas directement vers Mars : elles attendent près du point de Lagrange L2, à environ un million de miles de la Terre, puis doivent revenir frôler la Terre en novembre 2026 pour être lancées vers Mars par sa gravité, arriver en septembre 2027 et commencer leur campagne scientifique en juin 2028.
Réutilisation et accident
Le 19 avril 2026, NG-3 décolle avec le satellite BlueBird 7 d’AST SpaceMobile, son premier étage visant de nouveau la plateforme Jacklyn. Le 28 mai 2026, lors d’un essai de mise à feu au sol, une grave anomalie survient sur le pas de tir 36 ; l’analyse désigne la partie arrière du premier étage. La tour de foudre, le système qui érige la fusée et des vérins hydrauliques sont détruits. L’entreprise annonce un retour en vol avant la fin de l’année, avec une nouvelle façon d’assembler la fusée.
Les jours suivants, le directeur général, Dave Limp, publie des nouvelles du chantier. Le 1er juin, il annonce que les réservoirs d’ergols du pas de tir, très longs à remplacer, sont intacts, que la grande tour de service, endommagée, pourra être réparée sur place, et que le premier étage et les trois seconds étages entreposés dans le bâtiment d’intégration sont en bon état. « Nous revolerons avant la fin de l’année. Gradatim ferociter », écrit-il. Le 30 juin, il précise la nouvelle méthode : les étages seront assemblés à l’horizontale, puis la fusée sera redressée par une grue sur le pas de tir, où l’on fixera la charge utile. Le 5 août, l’origine de l’anomalie est établie : la vanne principale d’oxygène de l’un des moteurs BE-4. De petites modifications de cette vanne, faciles à appliquer aux moteurs existants, sont en cours de fabrication.
Un relais pour Mars
Le 2 septembre 2026, Blue Origin annonce que la NASA l’a choisie pour développer et livrer un orbiteur de télécommunications martien, élément du Mars Telecommunications Network, le premier réseau de relais à haut débit dédié à la planète rouge. Cet orbiteur sera construit à partir de Blue Ring, un véhicule spatial à propulsion hybride, électrique solaire et chimique, fabriqué à Huntsville au rythme prévu de quatre par an. Il doit assurer des communications presque continues entre les engins sur et autour de Mars et la Terre, pour les missions robotiques puis humaines.
Blue Origin y travaillait depuis plus d’un an. Le 12 août 2025, elle avait présenté son projet d’orbiteur, prêt, selon elle, pour une mission de la NASA en 2028. Fondé sur ses propositions commerciales antérieures pour un relais martien de nouvelle génération et pour l’architecture de retour d’échantillons de Mars, il prévoit plusieurs liaisons orientables à haut débit, un large faisceau couvrant une vaste zone, et quelques petits satellites relais déployés en orbite basse autour de Mars pour communiquer en UHF avec les engins existants et les futures démonstrations d’atterrissage. Sa propulsion électrique solaire, très économe, élargit les fenêtres de départ vers Mars en complétant l’énergie fournie par la fusée ; il pourrait emporter plus de 1 000 kilogrammes de charge utile jusqu’en orbite martienne, avec des capacités de calcul et de stockage à bord. La plateforme Blue Ring, sur laquelle il repose, peut fournir de 3 000 à 4 000 mètres par seconde de changement de vitesse et emporter plus de 4 000 kilogrammes de charge selon sa configuration.
Sources : Blue Origin, « NASA Awards Mars Science Mission Launch to Blue Origin’s New Glenn », 9 février 2023 (contrat-cadre du 26 janvier 2022, attribution d’ESCAPADE, magnétosphère) ; NASA, « NASA, Blue Origin Launch Two Spacecraft to Study Mars, Solar Wind », 13 novembre 2025 (15 h 55, pas de tir 36, Rocket Lab, Berkeley, L2 à environ un million de miles, novembre 2026, septembre 2027, juin 2028) ; Blue Origin, « New Glenn Launches NASA’s ESCAPADE, Lands Fully Reusable Booster », 13 novembre 2025 (orbite d’attente, Jacklyn, vent solaire et fuite atmosphérique, « never before in history has a booster this large nailed the landing on the second try ») ; Blue Origin, page « NG-3 » (19 avril 2026, BlueBird 7, Jacklyn) ; Blue Origin, « New Glenn Return to Flight », 30 juin 2026 (anomalie du 28 mai 2026, partie arrière du premier étage, équipements détruits, retour en vol avant la fin de l’année, nouvel assemblage) ; Blue Origin, « Blue Origin Selected by NASA to Help Build America’s Mars Telecommunications Network », 2 septembre 2026 (orbiteur MTO, Blue Ring, propulsion hybride, Huntsville, quatre par an, communications presque continues). Blue Origin, « GS1-3 Hotfire Updates », messages du 28 mai au 5 août 2026 (état du pas de tir le 1er juin, citation, méthode d’assemblage du 30 juin, vanne principale d’oxygène d’un BE-4 et modifications) ; Blue Origin, « The Mission: Blue Origin’s Mars Telecommunications Orbiter », 12 août 2025 (mission de 2028, propositions antérieures, liaisons, satellites UHF, propulsion hybride, plus de 1 000 kg, calcul et stockage) ; Blue Origin, page « Blue Ring » (3 000 à 4 000 m/s, plus de 4 000 kg, fenêtres vers Mars). Les citations sont traduites de l’anglais. L’ancienne page indiquait que NG-3 réutilisait le premier étage de NG-2 ; la page de la mission ne le précise pas.
Épilogue
Blue Origin et Mars
Chapitre 6 · La leçon Ce que Blue Origin apporte à Mars
Blue Origin n’a ni vaisseau martien ni atterrisseur martien. Mais son parcours éclaire cinq aspects du chemin vers Mars.
Pas à pas
Charon, Goddard, New Shepard, puis New Glenn : l’entreprise a construit ses compétences par étapes, en faisant voler tôt des engins modestes. Une architecture martienne devra, elle aussi, être apprise vol après vol.
Les infrastructures invisibles
Un relais de télécommunications autour de Mars n’a rien de spectaculaire. Pourtant, sans communications continues, ni robots ni humains ne pourront travailler sereinement sur la planète. Ce sont ces infrastructures qui rendront une présence durable possible.
Le sol compte autant que le vol
En mai 2026, ce n’est pas en vol mais lors d’un essai au sol que New Glenn a subi son plus grave accident. Les installations de lancement, et demain celles de Mars, sont des systèmes à part entière.
Fabriquer sur place
Avec Blue Alchemist, Blue Origin cherche à tirer de l’oxygène, du métal et des cellules solaires de la poussière lunaire. Sur Mars, chaque kilogramme produit sur place sera un kilogramme qu’il n’aura pas fallu lancer depuis la Terre : une colonie durable dépendra de ce genre d’usine bien plus que de la puissance des fusées.
Réutiliser, encore et encore
New Shepard a volé trente-huit fois en réutilisant presque toute sa masse ; New Glenn a posé son premier étage dès son deuxième vol. Une route régulière vers Mars ne sera abordable que si les véhicules, comme des avions, reviennent et repartent.
Cette leçon est une réflexion de l’auteur de ce livre, fondée sur les faits rapportés dans les chapitres précédents, où leurs sources sont indiquées.
Annexes
Pour aller plus loin
Annexe Comprendre Blue Origin
Quelques notions, expliquées simplement, pour suivre ce livre.
Suborbital et orbital
Un vol suborbital monte dans l’espace puis retombe aussitôt, sans faire le tour de la Terre. Un vol orbital atteint une vitesse suffisante pour tourner autour de la planète.
Décollage et atterrissage verticaux
Une fusée qui revient se poser debout sur ses moteurs, comme elle est partie, pour pouvoir resservir.
Le point de Lagrange L2
Un point de l’espace, à environ un million et demi de kilomètres de la Terre, à l’opposé du Soleil, où un engin peut rester en équilibre avec peu de carburant.
L’assistance gravitationnelle
Utiliser le passage près d’une planète, ici la Terre, pour changer la vitesse et la direction d’une sonde sans brûler de carburant.
Un relais de télécommunications
Un satellite qui reçoit les messages des engins posés sur une planète et les retransmet vers la Terre, et inversement.
La ligne de Kármán
Une altitude de 100 kilomètres, reconnue internationalement comme la frontière de l’espace. Les passagers de New Shepard la franchissent avant de redescendre.
L’utilisation des ressources locales
L’idée de produire sur place, à partir des matériaux d’un autre monde, ce dont une mission a besoin : oxygène, eau, carburant, métaux, matériaux de construction. Blue Alchemist en est un exemple, par électrolyse du régolithe fondu.
La propulsion électrique solaire
Un moteur qui accélère des particules chargées grâce à l’électricité fournie par des panneaux solaires. Sa poussée est faible, mais il consomme très peu ; combiné à une propulsion chimique, plus puissante, il permet à Blue Ring de beaucoup manœuvrer.
Ces explications sont des notions générales. L’usage de L2 et de l’assistance de la Terre pour ESCAPADE suit le communiqué de la NASA du 13 novembre 2025.
Annexe Chronologie
Les grandes dates de Blue Origin et de son lien avec Mars.
2000. Fondation par Jeff Bezos.
2004. Arrivée de Gary Lai, parmi les vingt premiers salariés.
Début 2005. Vol de Charon.
13 novembre 2006. Vol de Goddard.
20 juillet 2021. Premier vol habité de New Shepard, avec Jeff Bezos.
26 janvier 2022. Entrée dans le contrat-cadre de lancement de la NASA.
9 février 2023. Attribution du lancement d’ESCAPADE.
19 mai 2023. La NASA choisit Blue Moon pour Artemis V.
19 mai 2024. Ed Dwight vole sur New Shepard, soixante-trois ans après sa sélection.
16 janvier 2025. NG-1 : New Glenn atteint l’orbite.
24 mars 2025. Honeybee Robotics choisie pour un rover lunaire de Firefly.
12 août 2025. Présentation de l’orbiteur de télécommunications martien.
10 septembre 2025. Blue Alchemist passe sa revue critique de conception.
13 novembre 2025. NG-2 lance ESCAPADE ; le premier étage se pose.
20 novembre 2025. Annonce des améliorations de New Glenn et de la version 9x4.
30 janvier 2026. Pause des vols de New Shepard pour au moins deux ans.
19 avril 2026. NG-3.
28 mai 2026. Anomalie lors d’un essai au sol.
5 août 2026. Origine de l’anomalie du 28 mai identifiée : une vanne d’oxygène d’un BE-4.
12 août 2026. Début de la construction du pas de tir LC-36B.
2 septembre 2026. Choisie par la NASA pour un orbiteur de télécommunications martien.
Novembre 2026. Survol de la Terre prévu pour ESCAPADE.
Septembre 2027. Arrivée prévue d’ESCAPADE à Mars.
Sources : celles des chapitres.
Annexe Les personnages
Les personnes qui apparaissent dans ce livre, avec le rôle que leur donnent les sources.
Jeff Bezos. Fondateur de Blue Origin.
Gary Lai. Ingénieur arrivé en 2004, architecte principal de New Shepard.
Dave Limp. Directeur général de Blue Origin en 2025-2026.
Tory Bruno. Président de Blue National Security en 2026.
Wally Funk. Pionnière de l’aviation, membre des « Mercury 13 », passagère du premier vol habité de New Shepard en 2021.
Ed Dwight. Ancien capitaine de l’armée de l’air, premier candidat astronaute noir des États-Unis en 1961, passager de New Shepard en 2024.
Bill Nelson. Administrateur de la NASA en 2023.
Pat Remias. Vice-présidente de Blue Origin chargée des concepts avancés en 2025.
Sources : celles des chapitres où chacun apparaît ; Blue Origin, communiqué du 2 septembre 2026 (Tory Bruno).
Annexe Sources et méthode
Ce livre raconte l’histoire de Blue Origin et de ses liens avec Mars à partir des communiqués de l’entreprise et de la NASA. Cette annexe indique d’où viennent les faits et ce que les sources ne permettent pas d’établir.
Les sources principales
Ce livre remplace une ancienne page d’environ 4 000 mots. Il s’appuie sur les pages et communiqués de Blue Origin (« About Blue », « New Glenn », Charon, Goddard, NG-1, ESCAPADE, NG-3, retour en vol, orbiteur de télécommunications martien, New Shepard et ses astronautes, pause de New Shepard, améliorations de New Glenn, LC-36B, journal de l’anomalie de mai 2026, Blue Moon et Mark 1, Blue Ring, Honeybee Robotics, Blue Alchemist), consultés pour certains dans un navigateur ordinaire parce que le site refuse les téléchargements automatiques, sur les communiqués de la NASA du 19 mai 2023 et du 13 novembre 2025, et, pour Gary Lai, sur des portraits publiés par les universités Cornell et de Washington.
Ce que les sources ne disent pas
Blue Origin a longtemps peu communiqué. Les pages consultées ne donnent pas la date de fondation ; nous la reprenons de l’article de Wikipédia, qui donne le 8 septembre 2000. Elles ne datent pas non plus les vols d’essai de New Shepard ni le développement du BE-4 ; en revanche, la page des astronautes de New Shepard donne la date de chaque vol habité, depuis le 20 juillet 2021. Entre le vol habité d’août 2022 et le vol scientifique de décembre 2023, les pages consultées ne racontent pas ce qui s’est passé ; nous n’en disons rien. L’ancienne page affirmait que NG-3 réutilisait le premier étage de NG-2 ; la page de la mission ne le précise pas, et nous ne l’écrivons pas.
La longueur
Ce livre compte environ quatre mille quatre cents mots, contre mille huit cents dans sa version précédente. L’objectif fixé pour cette collection était de cent mille. Nous ne l’avons pas atteint, et nous préférons le dire. Le lien de Blue Origin avec Mars est encore récent ; nous avons ajouté New Shepard, les atterrisseurs lunaires, la robotique et la production de ressources sur place, qui préparent les savoir-faire d’une présence martienne, en nous en tenant aux faits documentés.
L’illustration
L’image placée en tête de ce livre est une illustration dont nous n’avons pas pu vérifier la provenance exacte.
Sources en ligne
- Blue Origin, « About Blue »
- Blue Origin, Charon au Museum of Flight (2012)
- Blue Origin, « Flight Test – Goddard Low Altitude Mission » (2007)
- Blue Origin, « New Glenn »
- Blue Origin, « New Glenn Reaches Orbit » (2025)
- Blue Origin, attribution d’ESCAPADE (2023)
- NASA, lancement d’ESCAPADE (2025)
- Blue Origin, NG-2 et ESCAPADE (2025)
- Blue Origin, « NG-3 » (2026)
- Blue Origin, « New Glenn Return to Flight » (2026)
- Blue Origin, orbiteur de télécommunications martien (2026)
- Blue Origin, page « New Shepard »
- Blue Origin, « Meet our astronauts »
- Blue Origin, « Blue Origin Successfully Completes 24th Mission to Space » (19 décembre 2023)
- Blue Origin, « Blue Origin Completes 25th Mission to Space with Six Crew Onboard » (19 mai 2024)
- Blue Origin, « Blue Origin to Pause New Shepard Flights for No Less Than Two Years » (30 janvier 2026)
- Blue Origin, « New Glenn Update » (20 novembre 2025)
- Blue Origin, « Returning Launch Complex 36 to Two Pads » (12 août 2026)
- Blue Origin, « GS1-3 Hotfire Updates » (mai-août 2026)
- Blue Origin, « The Mission: Blue Origin’s Mars Telecommunications Orbiter » (12 août 2025)
- Blue Origin, page « Blue Ring »
- Blue Origin, page « Blue Moon »
- Blue Origin, page « Blue Moon Mark 1 »
- Blue Origin, Honeybee Robotics et Firefly (24 mars 2025)
- Blue Origin, « Blue Alchemist Hits Major Milestone » (10 septembre 2025)
- NASA, « NASA Selects Blue Origin as Second Artemis Lunar Lander Provider » (19 mai 2023)
Faits vérifiés auprès de ces sources le 18 octobre 2026.
Pour aller plus loin
Bibliothèque Mars
Ce livre prolonge la page par une architecture complète de colonie martienne. Le dossier ci-dessus reste volontairement autonome : Arcadia est un approfondissement facultatif, pas un préalable à la compréhension.
Arcadia — Manuel de la première cité martienne
