
Réforme de l’État — Plan de Rupture
Le dossier fondateur : finances publiques, structures, calendrier et mesures.
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Un achat d’actifs modifie simultanément l’actif et le passif de la banque centrale : il faut suivre les deux côtés du bilan.
Une banque centrale possède un bilan comme toute organisation comptable : des actifs d’un côté, des passifs de l’autre. Parmi ses actifs peuvent figurer des titres achetés et des prêts aux banques ; parmi ses passifs figurent notamment billets en circulation et réserves détenues par les banques auprès de l’Eurosystème.
Quand la banque centrale achète un titre à une banque, elle inscrit le titre à son actif et crédite des réserves au passif. Cette création de réserves ne signifie pas qu’un montant identique est immédiatement dépensé par les ménages. La transmission passe par prix d’actifs, taux, conditions de financement, crédit et anticipations.
Le bilan est une photographie comptable à une date. L’actif rassemble ce que l’institution détient ou ce qu’on lui doit ; le passif rassemble ses engagements et ses ressources comptables. L’égalité actif = passif + capitaux propres reste une contrainte comptable.
Les réserves bancaires sont les avoirs des établissements de crédit sur leur compte auprès de la banque centrale. Elles ne sont pas les dépôts des ménages. Un transfert entre deux clients de banques différentes déplace des réserves entre banques sans changer nécessairement leur total agrégé.
L’assouplissement quantitatif, souvent abrégé QE pour quantitative easing, désigne des achats d’actifs destinés notamment à assouplir les conditions financières lorsque les outils conventionnels rencontrent des limites. Le sigle doit être expliqué avant d’être employé.
Imaginez une banque qui vend 100 M€ d’obligations à la banque centrale. À l’actif de la banque centrale, les titres augmentent de 100 M€. Au passif, les réserves de la banque vendeuse augmentent de 100 M€. L’opération est équilibrée comptablement.
Le premier canal est le prix des actifs : une demande supplémentaire de titres tend, toutes choses égales par ailleurs, à augmenter leur prix et à réduire leur rendement. Des investisseurs peuvent réallouer leurs portefeuilles vers d’autres actifs, ce qui diffuse l’effet aux conditions financières.
Un second canal passe par la signalisation et les anticipations : l’engagement de politique monétaire peut influencer les attentes sur les conditions financières futures. Un troisième passe par le crédit, mais disposer de réserves supplémentaires ne contraint pas mécaniquement une banque à prêter ; elle examine demande de crédit, risque, capital et rentabilité.
Lorsque les portefeuilles arrivent à maturité et ne sont plus réinvestis, le bilan peut se contracter progressivement. Cette normalisation quantitative n’est pas l’inverse mécanique d’une création monétaire passée : son effet dépend du contexte de taux, de liquidité et de demande d’actifs.
Bilan initial simplifié : 500 d’actifs et 500 de passifs. La banque centrale achète 50 d’obligations. Après l’opération, l’actif vaut 550 avec +50 de titres ; le passif vaut 550 avec +50 de réserves. Aucun « trou » comptable n’apparaît.
Si une obligation paie 20 € par an et vaut 1 000 €, son rendement courant est 2 %. Si la demande pousse son prix à 1 100 € sans changer le coupon, le rendement courant devient environ 1,82 %. Ce calcul simplifié illustre la relation inverse prix/rendement, sans représenter à lui seul un rendement actuariel complet.
Rendement courant simplifié = coupon annuel ÷ prix de marché × 100
Au niveau collège, retenez qu’un achat de titre inscrit quelque chose des deux côtés du bilan. Au lycée, distinguez stocks de titres, flux d’achats et réserves bancaires.
Au niveau supérieur, on analyse duration, prime de terme, segmentation des marchés, opérations de refinancement et comportement du bilan consolidé de l’Eurosystème. On distingue également monnaie banque centrale et monnaie de dépôts.
La lecture comptable est indispensable parce qu’elle empêche des phrases imprécises comme « la banque centrale dépense de l’argent sans contrepartie ». Elle montre la contrepartie et oblige ensuite à discuter les effets économiques séparément.
La taille du bilan ne donne pas directement l’orientation de la politique monétaire. Deux bilans de même taille peuvent avoir une composition, une rémunération des réserves et des conditions financières très différentes.
L’augmentation des réserves n’implique pas un multiplicateur mécanique du crédit. Les banques accordent des prêts en fonction de la demande solvable, du risque, de leurs contraintes réglementaires et du prix du crédit.
Un achat d’actifs peut avoir des effets distributifs via les prix d’actifs et les conditions d’emprunt. Mesurer ces effets nécessite davantage qu’un bilan agrégé.
Correction : Les titres à l’actif augmentent de 20 M€ et les réserves au passif de 20 M€.
Correction : 30 ÷ 1 000 × 100 = 3 %.
Correction : 30 ÷ 1 200 × 100 = 2,5 %.
Correction : Le crédit dépend aussi de la demande solvable, du risque, des fonds propres, de la réglementation et des taux.
Correction : Non. La taille n’est qu’une dimension ; composition, taux directeurs, rémunération des réserves et conditions de marché comptent.
Téléchargez une série de bilan de l’Eurosystème et classez cinq postes en actif ou passif. Ne cherchez pas d’abord leur effet économique : commencez par leur nature comptable.
Prenez ensuite un achat fictif de 100 et écrivez les écritures de la banque centrale et de la banque vendeuse. Cette double comptabilité permet de comprendre ce qui est créé, transféré ou simplement reclassé.
À court terme, un programme d’achats peut agir sur la liquidité et les rendements. À plus long terme, l’effet dépend de la persistance des portefeuilles, du réinvestissement et de l’évolution des anticipations.
Lorsque les titres arrivent à échéance, le remboursement réduit mécaniquement certains postes si le principal n’est pas réinvesti. Le rythme de normalisation peut donc être très différent d’une vente massive immédiate.
Mini-dossier : bilan initial 1 000, achat de titres 100, puis remboursement à maturité de 40 non réinvesti. Calculez la taille simplifiée après chaque étape, toutes choses égales par ailleurs.
Correction : 1 100 après l’achat ; 1 060 après remboursement non réinvesti de 40. Ce calcul comptable ne mesure pas seul l’effet macroéconomique.
Le bilan consolidé de l’Eurosystème agrège la BCE et les banques centrales nationales et neutralise certaines créances internes. Il ne faut donc pas additionner naïvement tous les bilans individuels.
Les achats d’actifs et les opérations de refinancement ne sont pas identiques : dans un prêt de banque centrale, une créance sur la banque apparaît et doit être remboursée selon les conditions de l’opération.
La politique non conventionnelle comprend plusieurs outils. Le cours suivant sur l’économie ouverte montrera qu’une décision monétaire peut aussi agir par le taux de change, sans que ce canal soit une cible mécanique.
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